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État palestinien : les tractations s'intensifient à l'ONU

Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas

Photo : AFP / SAUL LOEB

Radio-Canada

La diplomatie est à l'oeuvre au siège social de l'Organisation des Nations unies (ONU) à New York où la question palestinienne monopolise l'attention.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, rencontre le président français, Nicolas Sarkozy, et le chef de la diplomatie britannique, William Hague, dans une tentative de rallier l'appui d'au moins 9 des 15 membres du Conseil de sécurité en prévision du vote de vendredi.

Malgré l'opposition des États-Unis et d'Israël, M. Abbas entend présenter sa demande de reconnaissance d'un État palestinien. Il doit recueillir l'assentiment d'une majorité de membres du Conseil de sécurité, dont celui des cinq membres permanents. Pendant que M. Abbas multiplie les rencontres pour obtenir l'appui des membres du Conseil de sécurité, les États-Unis tentent d'éviter de devoir recourir à leur droit de veto pour bloquer la tentative palestinienne.

Le Quartette tente de réanimer le processus de paix

Les États-Unis, qui ont déjà indiqué qu'ils apposeraient leur veto pour bloquer la demande de l'Autorité palestinienne, travaillent avec les membres du Quartette pour le Proche-Orient - composé des États-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et de l'ONU - dans le but de ramener Israéliens et Palestiniens à la table de négociations.

Le Quartette doit parvenir, en quelques jours, à élaborer des lignes directrices afin de relancer le processus de paix, une tâche à laquelle s'échine déjà le groupe depuis près d'un an, sans y parvenir.

La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov, mardi, sans toutefois aboutir à une proposition concrète. « Ils n'ont pas évoqué une formulation particulière, ni examiné de texte », a rapporté un haut responsable américain, à l'issue d'un entretien selon lui plus « stratégique » que tactique.

Le président américain, Barack Obama, soutient qu'un État palestinien ne peut naître que dans le cadre d'un accord de paix avec Israël. Mais, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, demande aux États-Unis de réviser leur position pour se ranger du côté de « la majorité » des pays favorables à la demande d'adhésion d'un État palestinien à l'ONU.

Absent du ballet diplomatique, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou doit arriver à New York mercredi matin. Il compte présenter à l'Assemblée générale la « vérité » d'Israël après le discours de M. Abbas. Israël croit que l'Autorité palestinienne sera incapable de rallier une majorité du Conseil de sécurité.

Israël-Palestine, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

La France contre l'immobilisme

Le président français a exhorté les protagonistes du conflit au Proche-Orient à sortir le processus de paix israélo-palestinien de l'impasse afin d'éviter d'entraver la marche des pays arabes vers la démocratie. « Puisqu'enfin les sociétés arabes bougent vers la liberté, alors prenons garde que des conflits qui durent depuis 60 ans ne viennent empoisonner la construction de la démocratie dans les pays musulmans », a déclaré M. Sarkozy dans un discours à l'ONU dans le cadre d'une conférence des « Amis de la Libye ».

Non seulement la rue arabe nous donne une obligation d'agir, mais elle condamnerait toute forme d'immobilisme.

Nicolas Sarkozy

Après s'être entretenu avec M. Abbas, mardi, le président français aura un entretien avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahu, mercredi à New York, en marge de l'assemblée générale a indiqué l'Élysée.

Pendant ce temps, le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé tente de faire gagner du temps à la diplomatie. Il a indiqué, mardi, que même dans l'éventualité où la demande de M. Abbas recueillait les 9 appuis requis au sein du Conseil de sécurité, un vote sur cette question pourrait être reporté de quelques jours, voire quelques semaines. « Il y a de la place pour d'autres initiatives », a indiqué M. Juppé.

Les scénarios possibles

Si le Conseil de sécurité devait approuver la demande d'adhésion présentée par Mahmoud Abbas, un vote des deux tiers de l'Assemblée générale serait nécessaire pour que la Palestine devienne un État membre de l'ONU. Si le Conseil de sécurité votait contre la demande, le dossier pourrait tout de même se retrouver à l'Assemblée générale.

Le cas échéant, un vote à la majorité simple permettrait à la Palestine d'obtenir un statut d'État non membre, ce qui lui permettrait tout de même de pouvoir s'adresser à la Cour internationale de justice (CIJ).

Israël s'agite

Pendant que le ballet diplomatique bat son plein à New York, Israël menace les Palestiniens de représailles économiques et politiques s'ils vont de l'avant avec leur demande de reconnaissance d'un État palestinien à l'ONU. Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a mis en garde contre les « conséquences dures et graves » de l'initiative palestinienne.

M. Lieberman a menacé d'annuler tous les accords conclus avec les Palestiniens. Il faisait ainsi allusion aux accords de Paris (1994) conclus entre Israël et l'Organisation de la Libération de la Palestine (OLP) qui prévoient le remboursement des taxes douanières, prélevées par Israël, à l'Autorité palestinienne. Ces revenus de 80 millions de dollars par mois représentent les deux tiers des recettes budgétaires palestiniennes. Sans cette rentrée d'argent, l'Autorité palestinienne serait dans l'incapacité de payer ses quelque 150 000 fonctionnaires.

Israël s'est déjà prévalu de ce moyen de pression à plusieurs reprises par le passé et cette menace a été évoquée par le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, Danny Ayalon, dimanche lors de la réunion des bailleurs de fonds de l'Autorité palestinienne à New York. « L'assistance future et la coopération pourraient être sévèrement et irrémédiablement compromises si la direction palestinienne continue sur sa voie en agissant en violation des accords signés qui réglementent les relations économiques entre Israël et l'Autorité palestinienne », avait prévenu M. Ayalon.

Israël n'aura absolument aucune obligation envers un soi-disant État palestinien (...) créé artificiellement en violation de tous les accords.

le vice-ministre des Affaires étrangères israélien Danny Avalon

Le ministre des Finances israélien, Youval Steinitz, en a rajouté en évoquant l'hypothèse de couper les vivres à l'Autorité palestinienne. « Ils [les Palestiniens] veulent établir un État sans la paix, sans la sécurité, sans mettre fin au conflit, sans reconnaître l'État d'Israël, sans prendre le moindre engagement. Tout cela représente notre pire cauchemar, et cela aura un prix », a averti M. Steinitz.

Ministre chargé des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon préconise quant à lui la construction de milliers de logements dans les colonies de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Le premier ministre Nétanyahou s'est gardé d'intervenir dans ce concert de menace, mais un responsable gouvernemental soutient qu'il serait opposé, tout comme son ministre de la Défense, Ehud Barak, à des représailles. Selon eux, d'éventuelles représailles qui entraîneraient l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne provoqueraient le chaos en Cisjordanie. Un chaos dont Israël ferait les frais en terme de violence et de condamnations internationales.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a déjà annoncé qu'il voterait contre la demande palestinienne si elle devait être soumise à l'Assemblée générale. Le Canada a été exclu du Conseil de sécurité en octobre 2010 quand l'Assemblée générale de l'ONU lui a préféré l'Allemagne et le Portugal.

Membres du Conseil de sécurité de l'ONU

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