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  • Exclusif
  • La justice lève le voile sur un système de fausse facturation

    Radio-Canada

    Une série de documents et d'extraits d'écoute électronique déposés au tribunal nous en apprend davantage sur le fonctionnement des réseaux de fausse facturation dans l'industrie de la construction.

    La firme de construction Exékut était le pivot d'un vaste système frauduleux qui permettait à des entrepreneurs de payer leurs employés au noir.

    Une opération policière menée en 2006 a conduit au dépôt d'accusations contre 19 individus et entreprises dans cette affaire.

    Selon des informations obtenues par Radio-Canada, en 2006, il se brassait beaucoup d'argent dans les locaux de Construction Exékut, à Terrebonne.

    En façade, c'était une entreprise comme les autres avec quelques employés déclarés. Mais l'activité la plus lucrative de l'entreprise était la production de fausses factures, qui permettaient à des entrepreneurs de justifier des dépenses fictives. Ce stratagème servait généralement à payer des employés au noir.

    En quelques mois à peine, Construction Exékut a encaissé des millions de dollars en chèque de dizaines de compagnies de construction.

    À cette époque, Jacques Pomerleau a été sous écoute policière. Tout comme Yves Beauchamp, un dirigeant d'Exékut.

    Dans un enregistrement obtenu par Radio-Canada, Yves Beauchamp explique que les entreprises impliqués dans ce stratagème ne demeurent jamais en affaires très longtemps. Il précise à son interlocuteur qu'il devrait cependant réussir à garder la firme Exékut active pendant au moins deux ans.

    Ces compagnies ne durent en effet pas très longtemps. En fait, elles disparaissent dès que le fisc se met à leurs trousses.

    Extrait de l'enregistrement par la police d'une conversation entre un client et Jacques Pommerleau, l'un des dirigeants présumés de Construction Exékut.

    Le client : « Euh y'a tu moyen que... qu'on se fasse une facture après-midi? »

    Jacques Pommerleau : « Bien, il n'y a pas de problème »

    Le client : « 6500 $ »?Jacques Pommerleau : « OK, c'est beau »

    Construction Exékut offrait des fausses factures pour une multitude de travaux. Et la compagnie voyait grand. Dans un autre extrait d'enregistrement, Yves Beauchamp discute notamment avec sa comptable de la possibilité d'ajouter des spécialités à leur licence d'entrepreneur.

    En juin 2006, les dirigeants d'Exékut ont fini par réaliser qu'ils étaient surveillés par la police. Construction Exékut et plusieurs de ses clients se sont fait épingler par les autorités peu de temps après.

    Quelques jours plus tard, lors d'une série de perquisitions, Yves Beauchamp a été abattu dans un échange de coups de feu avec la police. Jacques Pomerleau, lui, doit aujourd'hui répondre à des accusations de fraude et de gangstérisme.

    Personne n'est au-dessus des lois, selon la Régie du bâtiment

    La Régie du bâtiment a pour sa part suspendu et même révoqué des licences dans cette affaire.

    Selon Michel Beaudoin, pdg de la Régie du bâtiment du Québec, personne n'est au-dessus des lois.

    On est allé chercher les moyens nécessaires et on est prêts à aller chercher les moyens nécessaires encore aujourd'hui s'il y avait des cas comme ceux-là qui nous étaient rapportés.

    Michel Jodoin, pdg de la Régie du bâtiment du Québec

    Jeudi soir, à 20 h, l'émission Enquête traitera du cas de Construction Exékut et des raisons qui poussent souvent des entrepreneurs à payer leurs travailleurs au noir.

    D'après un reportage de Gino Harel

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