•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Palestine à l'ONU : un « droit légitime », estime Mahmoud Abbas

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a confirmé vendredi qu'il demandera formellement au Conseil de sécurité de l'ONU de reconnaître la Palestine en tant qu'État, sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas

Photo : AFP / ABBAS MOMANI

Dans un discours télévisé prononcé depuis Ramallah, en Cisjordanie, M. Abbas a dit qu'il présentera cette requête au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, après le discours qu'il prononcera vendredi prochain devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.

« Nous nous rendons aux Nations unies pour réclamer notre droit légitime, obtenir une adhésion pleine de la Palestine à cette organisation. »

— Une citation de  Mahmoud Abbas

M. Abbas a indiqué que la démarche palestinienne ne vise pas à isoler Israël, mais bien ses politiques, dont celles concernant la colonisation des terres palestiniennes et le statut de Jérusalem.

« Nous avons besoin de mettre un terme à l'occupation », a dit Mahmoud Abbas, en soulignant le prix que paient les Palestiniens pour cet état de fait : pertes de terres, maisons détruites, détentions arbitraires, agression de colons juifs, etc.

Les Israéliens, dit-il, refusent de reconnaître les frontières d'avant la guerre des Six Jours. Leur politique consiste à s'implanter partout où leurs soldats sont en mesure de mettre les pieds. Or la contiguïté des terres palestiniennes est « l'arme la plus puissante que nous avons », affirme Mahmoud Abbas.

« Nous devons placer le monde devant ses responsabilités, avec une branche d'olivier dans les mains. »

— Une citation de  Mahmoud Abbas

Les scénarios

L'éventuelle reconnaissance formelle de l'État de Palestine se ferait en deux temps. Il faudrait d'abord que 9 des 15 membres du Conseil votent en faveur de la résolution, dont les 5 membres permanents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Le cas échéant, l'appui de 129 des 193 pays membres de l'Assemblée générale serait ensuite requis.

Washington a cependant déjà indiqué qu'il ferait usage de son droit de veto. Devant ce blocage, Mahmoud Abbas pourrait demander un statut d'État non membre, qui ne nécessiterait qu'une majorité simple à l'Assemblée générale.

 

Israël-Palestine, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

De difficiles négociations

Une Palestine reconnue comme État par l'ONU devra tout de même négocier son indépendance avec Israël, prévient Mahmoud Abbas. Le droit de retour des réfugiés palestiniens, depuis la création de l'État d'Israël, sera alors le dossier prioritaire, a-t-il précisé.

Le président de l'Autorité palestinienne affirme que l'accession à l'indépendance changerait les termes de référence du débat. Il souligne par exemple que des prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes deviendraient du coup des prisonniers de guerre.

Il a fait valoir qu'il tente depuis deux ans de négocier avec Israël, mais en vain. Il s'agit, dit-il, d'une « perte de temps ».

Mahmoud Abbas rappelle que 126 pays ont reconnu l'État de Palestine. Les autres le reconnaissent aussi de facto, affirme-t-il, mais sans pour autant lui accorder le droit d'établir des ambassades.

Le Canada et les États-Unis s'opposeront à l'initiative palestinienne

Au moment où les deux camps s'organisent en vue du débat sur la question, le premier ministre Stephen Harper a confirmé que le Canada avait l'intention de s'opposer à la démarche des Palestiniens.

« Des déclarations et des actions unilatérales ne font pas des avances [sic] sur la paix dans le Moyen-Orient », a déclaré M. Harper. « Et c'est un développement très regrettable et le Canada va s'[y] opposer. »

Lundi, le président Obama a répété que les États-Unis utiliseront leur droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer la demande palestinienne. Washington soutient que l'État de Palestine ne peut naître que d'une négociation.

M. Obama doit d'ailleurs rencontrer le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, mercredi lors du passage de ce dernier à New York. Une invitation similaire n'a pas été lancée à M. Abbas pour l'instant.

Israël déploie des soldats supplémentaires en vue d'éventuelles manifestations

En prévision de manifestations palestiniennes de soutien à la demande d'adhésion, l'armée israélienne a déployé 1500 réservistes supplémentaires en Cisjordanie, selon la radio publique israélienne. Des unités de militaires ont aussi été renforcées, précise le quotidien Yediot Aharonot.

Le commandant de la région qui couvre la Cisjordanie, le général Avi Mizrahi, a ordonné à ses troupes d'agir avec retenue et d'éviter des effusions de sang en cas de troubles, selon le quotidien.

L'armée israélienne a renforcé ses mesures de sécurité autour des colonies par crainte d'attaques qui seraient perpétrées par des colons extrémistes en réaction aux manifestations palestiniennes prévues le 23 septembre prochain.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...