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Rapport de l'Unité anticollusion : Charest dit faire tout ce qu'il faut

Jean Charest
Jean Charest
Radio-Canada

Le premier ministre a vanté l'action de son gouvernement, deux jours après la publication du rapport secret de l'Unité anticollusion (UAC) sur les malversations dans l'attribution de contrats par le ministère des Transports.

« Nous agissons pour obtenir des résultats », a fait valoir Jean Charest, après avoir rappelé les diverses actions de son gouvernement pour assainir la situation dans l'industrie de la construction.

Le premier ministre a notamment mentionné l'adoption de lois sur les prête-noms, sur les pouvoirs du directeur général des élections et sur le financement des partis politiques.

Jean Charest a aussi énuméré le resserrement des règles dans l'attribution des contrats, une lutte accrue contre la fraude fiscale, la création de l'Unité anticollusion (UAC) et de l'unité anticorruption (UPAC), qui bénéficie d'un caractère permanent.

À la lumière de ces actions, il estime qu'une commission d'enquête ne saurait faire mieux.

« Ca prend des preuves et des faits, c'est trop facile de faire des allégations », a plaidé le premier ministre, qui dit prendre tous les moyens pour débusquer les gens malhonnêtes et les amener devant les tribunaux.

Il faut laisser les enquêteurs faire leur travail. Ce dont on a besoin ce sont des preuves. Et on prend les moyens pour obtenir.

Jean Charest

Le premier ministre, qui dit ne pas avoir lu le rapport en détail, a vanté l'honnêteté des employés du ministère des Transports, mais aussi de son gouvernement.

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, affirme de son côté que déjà 13 dossiers ont été transmis à l'UPAC, et pourront éventuellement se retrouver entre les mains des procureurs.

Le premier ministre du Québec commentait pour la première fois le rapport secret de l'Unité anticollusion (UAC) rendu public par Radio-Canada.

Jean Charest était accompagné du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, et du ministre des Transports, Pierre Moreau.

En entrevue à RDI, le ministre de la Sécurité publique, a lui aussi vanté les actions de son gouvernement. Il dit n'avoir pas lu le rapport. Il soutient que, sans la fuite du document, la population aurait de toute façon été mise au courant des actions entreprises, puisque l'UPAC a le mandat d'informer le public deux fois par année.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, le chef de l'Action démocratique, Gérard Deltell, et les deux chefs de Québec Solidaire, Amir Khadir et Françoise David ont réagi à la conférence de presse du premier ministre.

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Tant les partis d'opposition à Québec que François Legault appellent à la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction, dans la foulée du dévoilement par Radio-Canada du rapport de l'UAC.

De son côté, la présidente générale du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) envisage d'organiser mardi une manifestation devant le parlement en faveur d'une enquête publique.

« C'est nos impôts qui sont gaspillés. Pendant ce temps-là, on n'a pas d'argent pour plein de choses qu'on a besoin comme service public. J'invite quasiment la population à se révolter contre ça », a tonné Lucie Martineau en conférence de presse jeudi.

Jusqu'à maintenant, c'était le ministre Moreau qui était responsable de commenter le rapport. Vendredi, tant Le Devoir que La Presse rappelaient qu'un des organisateurs de la campagne électorale de M. Moreau en 2008 était Daniel Rochette, de la firme de génie-conseil Genivar.

M. Moreau a déploré jeudi la fuite du rapport. « Le problème, c'est que cette médiatisation ou cette fuite-là va faire en sorte que le rapport aura probablement moins d'impact et moins de pertinence aux fins des enquêtes publiques qu'il n'aurait dû en avoir », a estimé le ministre.

Selon Pierre Moreau, les gens en cause dans le rapport pourraient se faire plus discrets maintenant que leur façon de faire a été éventée.

Un rapport accablant

Le rapport dresse un portrait accablant pour le ministère des Transports des pratiques immorales, voire illégales, d'acteurs de l'industrie des travaux routiers et établit un lien direct entre l'industrie et le financement occulte des partis politiques.

Fruit d'un an et demi d'enquête sur le terrain, le rapport confirme l'implication du crime organisé dans l'industrie de la construction et parle d'une « banalisation du gonflement des estimations par certaines firmes de génie-conseil et des dépassements de coût par certains entrepreneurs ».

Pierre Moreau, Jean Charest et Robert DutilPierre Moreau, Jean Charest et Robert Dutil

Or, selon ce même rapport, des employés du ministère ont confié aux enquêteurs de l'unité anticorruption que le ministère ne « possède aucun estimateur spécialisé en mesure d'évaluer ponctuellement le coût réel d'un projet de construction ».

De plus, « le ministère ne dispose pas des ressources humaines pour vérifier les imprécisions, erreurs ou omissions » dans les plans et devis.

« Tout se passe comme si le ministère avait autorisé le transfert des compétences vers le secteur privé, sans s'assurer de conserver suffisamment d'expertise pour gérer adéquatement son réseau », note le rapport.

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