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Maternité, deuil, enfance et énergie vitale au coeur de deux premiers romans

Florence Meney

Parmi le bouquet fourni des parutions d'automne, deux premiers romans dignes d'attention abordent, chacun à leur manière et dans deux démarches bien distinctes, des thèmes communs et universels, soit ceux de la mort, de la force de la maternité et de l'enfance.

Avec, en filigrane, le même message de vitalité humaine qui laisse au lecteur, malgré la gravité du propos, un sentiment d'espoir.

Les voyages d'Ophélie-Anne

Le premier de ces romans s'adresse aux jeunes et est né sous la plume sensible et juste de la journaliste Isabelle Montpetit. Les voyages d'Ophélie-Anne (éditions Pierre Tisseyre) nous place dans la peau d'une fillette à l'orée de l'adolescence, dont la mère, scientifique géniale, s'est éteinte, fauchée par le cancer. Laissant le vide sidéral pour cette enfant de famille éclatée, vide que viendra combler une étrange quête, legs ultime de la disparue.

Isabelle MontpetitUne plume sobre et sensible pour ce premier roman Photo : Luc Lavigne

Isabelle Montpetit explique que lorsqu'elle est devenue mère, la mort a changé de visage pour elle. « Avant, j'avais peur de mourir parce que ma vie s'arrêterait, parce que je n'aurais pas le temps de tout faire, parce que le grand vide m'étourdissait. C'était une peur qui tournait autour de moi. Quand ma première fille est née, j'ai eu le vertige en pensant à ce qui lui arriverait si je mourais ».

Elle a voulu explorer ce que ressentirait une jeune fille de 13 ans qui perd sa mère, mais aussi les émotions d'une mère qui se sent partir et qui veut créer un lien éternel entre elle et son enfant.

De cette démarche découle un petit bouquin énergique et plein de tendresse, résolument porteur d'espoir et de foi en la vie, avec, au premier plan, la force immortelle de l'énergie humaine, surtout au féminin.

J'étais si bien

Le deuxième ouvrage, J'étais si bien (édition Sémaphore), porte aussi en ses pages cette foi en la vitalité humaine et en la puissance de l'amour maternel.

Nathalie Babin-GagnonUn sujet grave par une plume pleine d'élan vital

Ce roman d'une autre journaliste, Nathalie Babin-Gagnon, est constitué d'un récit à la première personne en deux temps, autour de la mort lente d'une mère de trois enfants. Il s'agit d'une femme heureuse, photographe douée, comblée par la vie et par ses proches.

La première partie du livre la montre aux prises avec la terrible nouvelle, puis apprivoisant la mort qui se rapproche, faisant ses adieux, tout en vivant pleinement les précieux jours qui lui restent avec les siens. Dans un second volet, la parole est donnée au conjoint endeuillé, qui mesure sa perte avant de constater la richesse de l'héritage affectif laissé par sa femme à toute la maisonnée.

L'auteure explique ainsi sa démarche, véritable écho à celle d'Isabelle Montpetit : « À partir du moment où je suis devenue mère, mon rapport à la mort a changé. J'étais terrifiée de perdre un enfant. Puis ils ont grandi et j'ai essayé de tasser cette peur. » Un ennui de santé très mineur l'a menée à une réflexion. « Et si c'est moi qui partais... ».

J'étais si bien, qui sort en librairie le 15 septembre, est le résultat de cette introspection.

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