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L'audace de Da Costa

Rui Alberto Da Costa

Rui Alberto Da Costa

Photo : La Presse canadienne / Tom Boland

Fin stratège, Rui Alberto Da Costa (Movistar) a déjoué les favoris du Grand Prix cycliste de Montréal dimanche. Le Portugais s'est imposé au sprint pour savourer sa deuxième victoire majeure cette saison.

Sorti au sommet de la dernière ascension de Camilien-Houde, le champion de la huitième étape du Tour de France a devancé au sprint son compagnon d'échappée, le Français Pierrick Fédrigo (FDJ), au terme des 205,7 km (17 boucles de 12,1 km) courus en 5 h 20 min 18 s.

Victorieux à Québec vendredi, le Belge Philippe Gilbert (Oméga Pharma-Lotto) a effectué un sprint inhumain de 500 mètres pour arracher la 3e position devant un groupe de 25 coureurs. Il a fini à deux secondes du vainqueur.

Pendant que les Gesink, Hesjedal, Sanchez et autres ténors se regardaient, Da Costa a lancé une première attaque dans la montée du mont Royal. Les favoris ont suivi, mais avec un vent de face dans l'ascension, impossible de sortir du lot, comme l'a notamment constaté Gilbert.

Da Costa a de nouveau tenté sa chance quand un peloton diminué basculait dans la descente sur le chemin Remembrance. Fédrigo et l'Autrichien Stefan Denifl (Leopard-Trek) ont flairé la bonne affaire.

Contre toute attente, le trio n'a cessé de creuser l'écart... 9, 13, 16 secondes. Derrière, on tardait à s'organiser. Samuel Sanchez a tenté une sortie, plutôt éphémère, rue Édouard-Montpetit. Mais personne ne voulait collaborer, au grand dam de Ryder Hesjedal qui concluait sa saison dans la métropole. Sa 11e position, à 4 s du vainqueur, lui a quand même valu le titre de meilleur Canadien du jour.

Ryder Hesjedal

Ryder Hesjedal (avec le casque bleu)

Photo : La Presse canadienne / Tom Boland

« J'ai fait tout ce que j'ai pu pour essayer de me détacher dans la dernière ascension de Polytechnique pour ne pas que ça finisse avec autant de gars, mais on n'a jamais été capable de faire la jonction avec l'échappée, a expliqué le Britanno-Colombien, 3e à Montréal l'an dernier. Il faut prendre une décision. Mais on ne l'a pas fait. C'est toujours un pari après cinq heures de course. »

Cette hésitation a donc profité aux trois hommes de tête qui, eux, n'ont pas lésiné à unir leurs efforts pour aller jusqu'au bout.

« Au dernier kilomètre, je savais que je pouvais jouer la gagne. Ce qui importait, c'était la victoire. J'étais passé à côté de Québec et de Plouay (fin août) », a déclaré Da Costa par l'entremise de son directeur sportif Yvon Ledanois.

D'une grande perspicacité, Ledanois avait gonflé ses hommes à bloc en matinée en leur disant qu'à un moment donné, tout le travail effectué allait payer!

Fédrigo soulagé, Gilbert adulé

Cette 2e place avait aussi des airs de victoire pour Fédrigo, qui a souffert de la maladie de Lyme pendant une bonne partie de la saison. Cela l'a privé du Tour de France.

« J'ai fini la course avec des crampes, mais au moins je continue de progresser. Je veux finir la saison sur une bonne note », a dit le vétéran de 32 ans, qui compte trois succès d'étape sur la Grande Boucle.

Croisé à sa sortie de la tente des médias, Dominique Rollin avait retrouvé le sourire, malgré une chute au cinquième tour (Nouvelle fenêtre) qui a mis fin à sa journée de travail.

Dominique Rollin

Dominique Rollin

Photo : Yves Perret/GPCQM

« Ça m'enlève la douleur que j'ai en ce moment. Ça a été une mauvaise journée pour moi, mais les gars avaient le niveau pour gagner. C'est une super belle journée pour l'équipe », a dit le Québécois, la lèvre supérieure encore enflée.

D'ailleurs, Rollin a goûté au bitume du chemin de la Côte Sainte-Catherine avec Gilbert. Sauf que contrairement au Bouchervillois, le Belge a pu poursuivre son périple même si, pendant un moment, il a cru revivre le même cauchemar qu'au Tour d'Espagne l'an dernier. Il avait été contraint à l'abandon alors qu'il portait le maillot rouge de meneur.

Bien remis de ses émotions, le numéro un mondial a aussi tenté son petit manège dans l'ascension finale. En vain. Mais la vélocité des derniers mètres a bien servi la cause de celui qui s'est fait des milliers de nouveaux partisans, qu'il a d'ailleurs tenu à remercier sur le podium.

« Aussi bien à Québec qu'à Montréal, j'ai vraiment ressenti un soutien énorme. C'est une surprise. Je ne savais pas que j'étais connu comme ça. Je me suis permis de remercier le public. C'est quelque chose qui fait plaisir. Ça démontre que le cyclisme n'est pas seulement apprécié en Europe. »

Veilleux impressionne

Avant que les gros canons ne sortent l'artillerie lourde, Dany Pate (HTC) a animé la course. L'Américain a pris les choses en main au troisième tour. Rejoint par le Japonais Yukiya Arashiro (Europcar), l'Italien Danilo Di Luca (Katusha) et le Français Anthony Geslin (FDJ) au tour suivant, Pate a résisté jusqu'à la 15e boucle, une de plus que ses trois comparses, avant de rendre les armes.

À peine Pate rentré dans le peloton, David Veilleux (Europcar) a pris le flambeau. Une relance qui a attiré une dizaine d'autres coureurs, dont ses compatriotes Michael Barry et Svein Tuft.

« Je me suis dit que s'ils commencent à se regarder, c'est sûr qu'ils vont se faire prendre. Aussi bien essayer d'y aller. De toute manière, je n'avais rien à perdre, a raconté l'athlète de Cap-Rouge, 22e comme à Québec, à 4 s. Quand j'ai vu que ça roulait derrière, j'ai levé le pied pour revenir avec eux. »

Même vaine, sa sortie lui a attiré les éloges du grand manitou d'Europcar Jean-René Bernaudeau.

« Ce gars-là n'est pas un tricheur. Il a zéro vice. Ce qu'il a fait a démontré qu'il était prêt pour les mondiaux. J'espère que le Canada investira dans l'avenir », a lancé l'ancien coureur.

Ça tombe bien parce que Veilleux n'a toujours pas signé son contrat pour l'an prochain... mais ça ne serait qu'une formalité!

Autres résultats canadiens :

  • Michael Barry (Sky) : 54e, à 34 s
  • François Parisien (SpiderTech) : 62e, 4:43
  • Svein Tuft (SpiderTech) : 66e, à 4:43
  • Ryan Roth (SpiderTech) : 108e, à 8:24
  • Ryan Anderson (SpiderTech) : Abandon
  • Bruno Langlois (SpiderTech) : Abandon
  • Will Routley (SpiderTech) : Abandon

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