•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La BCE perd son économiste en chef

Jürgen Stark, ancine économiste en chef de la BCE.

Jürgen Stark s'oppose à toute relance de la croissance via de nouvelles dépenses publiques.

Photo : AFP / Ferenc Isza

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Banque centrale européenne (BCE) enregistre le départ de l'une de ses éminences grises. Jürgen Stark, qui était membre du directoire et chef économiste de la BCE, a démissionné de ses fonctions, près de trois avant la fin de son mandat.

Selon le communiqué publié vendredi matin par la BCE, Jürgen Stark aurait officiellement posé sa démission pour « des raisons personnelles ». Officieusement, plusieurs sources rapportent que l'économiste en chef s'opposait à la politique mis en oeuvre par l'institution pour endiguer les crises européennes de la dette.

Jürgen Stark est le deuxième Allemand à quitter la BCE cette année après Axel Weber, qui était gouverneur de la Bundesbank avant d'abandonner son siège en février. Ce dernier s'opposait lui aussi au programme de rachat d'obligations de la BCE, et cette opposition avait également motivé son départ.

Des dissensions au sein de la BCE

Depuis plusieurs semaines, Jürgen Stark désapprouvait ouvertement les récents rachats d'obligations espagnoles et italiennes par la BCE. Son départ illustre une nouvelle fois les dissensions qui règnent à ce sujet au sein de la Banque centrale européenne.

« C'est révélateur », considère ainsi Manfred Neumann, professeur d'économie à l'Université de Bonn. « Stark avait la même opinion sur les rachats d'obligations qu'Axel Weber et l'actuel président de la Bundesbank. C'est une position partagée par tous les Allemands et c'est le signe d'un problème énorme au sein même de la banque centrale », affirme l'ex-maître de thèse de l'actuel président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

Au demeurant, Manfred Neumann estime que l'impact réel de cette démission reste « mineur, mais les marchés vont en déduire que la BCE devient plus souple et a perdu une partie de sa sensibilité à la stabilité à l'allemande ».

Chaises musicales

Quoi qu'il en soit, ce départ constitue un coup dur pour la BCE, dont le président Jean-Claude Trichet doit lui-même céder son poste fin octobre à l'Italien Mario Draghi. Jürgen Stark, 63 ans, était depuis juin 2006 l'un des six membres du directoire, titulaire des dossiers économiques. Son mandat au sein du directoire, dont les membres forment le Conseil des gouverneurs qui réunit les 17 dirigeants de banques centrales de la zone euro, devait durer jusqu'au 31 mai 2014.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, Mario Draghi et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn se sont refusés à tout commentaire.

Post mortem

Dans une tribune publiée vendredi par le quotidien allemand Handelsblatt, Jürgen Stark appelle à repenser drastiquement la gestion de la crise des dettes. Selon lui, « un saut qualitatif » est nécessaire « au niveau européen ». Il prône notamment « une large réforme des mécanismes de décision et des sanctions » dans la zone euro afin d'assurer une meilleure coordination des politiques économiques et financières.

Jürgen Stark est convaincu qu'il y a urgence, évoquant une « situation où les risques pesant sur les budgets publics sapent la stabilité financière ». Seule « une politique financière solide qui aurait des effets positifs sur la confiance des investisseurs » en zone euro, permettrait, d'après lui, de sortir de l'impasse.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !