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Le péquiste Sylvain Pagé plaide pour une nouvelle culture politique

Sylvain Pagé 
Le député péquiste Sylvain Pagé
Le député péquiste Sylvain Pagé Photo: Assemblée nationale

Le député péquiste Sylvain Pagé a présenté jeudi un manifeste pour une nouvelle culture politique, une démarche qui s'inscrit dans la réflexion en cours au Parti québécois, mais qui, dit-il, était amorcée avant la crise qui secoue la formation souverainiste.

M. Pagé dit que son objectif est d'accroître l'implication des citoyens dans le processus politique, de renforcer le rôle des députés qui doivent retrouver leur liberté d'action et de pensée, et de promouvoir une véritable culture de collaboration entre tous les élus.

Le député de Labelle, qui insiste sur le caractère non partisan de ses recommandations, propose notamment:

  • d'organiser des élections à date fixe;
  • que les ministres soient nommés par les parlementaires et non par le premier ministre, et que leur nombre soit limité;
  • que les députés votent librement dans tous les cas, sauf pour les votes sur le budget et des motions de censure, qui engagent la confiance de la Chambre;
  • d'autoriser le vote électronique;
  • de réformer le mode de scrutin, dans le cadre d'une démarche proposée au terme d'états généraux sur le sujet. Un comité permanent de la réforme démocratique devrait être créé pour piloter ces changements;
  • de financer les partis politiques avec des fonds publics;
  • d'asseoir les députés dans un hémicycle en fonction de l'ordre alphabétique des circonscriptions (exception faite du premier ministre, des whips et des leaders parlementaires);
  • d'autoriser les référendums d'initiative populaire, pourvu qu'ils n'aient pas d'incidence sur le budget de l'État ou sur les droits fondamentaux des citoyens. Cela ne devrait pas être utilisé pour un référendum sur la souveraineté du Québec, dit-il;
  • d'offrir aux électeurs la possibilité de révoquer leur député, une possibilité qui existe dans d'autres juridictions, notamment aux États-Unis, où elle est connue sous le nom de « recall ». Cette possibilité ne serait offerte que dans les cas où un député est reconnu coupable d'un crime, en raison de son manque d'assiduité ou en raison d'un changement de parti;
  • de réformer le fonctionnement de la période des questions, afin que les questions soient soumises à l'avance au ministre. Des questions de citoyens seraient aussi autorisées;
  • qu'un député quittant son poste avant la fin de son mandat soit privé de son indemnisation de départ et qu'un député qui revient à l'Assemblée nationale après un départ n'ait pas accès une seconde fois à une allocation de transition.

M. Pagé dit que ces propositions sont le fruit d'une longue réflexion et des 150 assemblées publiques qu'il a organisées dans sa circonscription depuis son élection en 2001.

Huit ou neuf d'entre elles, dit-il, ont été écrites il y a plus d'un an, soit bien avant que le Parti québécois ne soit secoué par une série de départs.

Le député de Labelle dit aussi avoir eu des discussions à ce sujet avec des membres de tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale.

Il précise que son document n'engage que lui, et non le Parti québécois.

M. Pagé dit avoir soumis son document à Pauline Marois lundi dernier. Il a refusé de dire comment sa chef avait réagi, préférant lui laisser le soin de le commenter.

Le député péquiste dit qu'il va remettre son document au président de l'Assemblée nationale, et qu'il va lui demander d'y donner suite.

Le député Pagé est connu comme étant le seul à ne jamais applaudir lors de la période des questions, qu'il considère comme un spectacle.

Politique