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La vice-première ministre Nathalie Normandeau démissionne

Nathalie Normandeau et le premier ministre du Québec Jean Charest

Nathalie Normandeau et le premier ministre du Québec Jean Charest

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, a annoncé mardi sa démission, lors d'une conférence de presse aux côtés du premier ministre Jean Charest.

Après 13 ans comme députée libérale de la circonscription de Bonaventure en Gaspésie, elle estime qu'il est temps de « passer le flambeau ». « Je veux une vie privée à moi », a-t-elle expliqué, soulignant que la vie politique en est une de sacrifices.

À 43 ans, je souhaite que le mot liberté ait tout son sens. [...] Ça fait 13 ans que je suis dans mes valises et il vient un temps dans la vie où l'on a envie de stabilité. Je souhaite que ma vie personnelle prenne le pas sur ma vie professionnelle.

Nathalie Normandeau

Mme Normandeau occupait aussi les postes de ministre des Ressources naturelles et de la Faune et de ministre responsable du Plan Nord.

Son départ de la vie politique est le fruit d'une longue réflexion, a-t-elle indiqué. « Je pars sereine et avec le sentiment du devoir accompli. »

Élue pour la première fois en 1998 dans la circonscription de Bonaventure, à l'âge de 30 ans, Mme Normandeau a décroché un poste de ministre dès le premier mandat du Parti libéral du Québec, dirigé par Jean Charest en 2003.

Elle a été nommée vice-première ministre avant d'avoir 40 ans, après l'élection de 2007.

Nathalie Normandeau a d'ailleurs tenu à remercier celui qui l'a convaincu de faire le saut en politique provinciale et qui lui a fait confiance. « Tout ce que j'ai appris de la politique c'est M. Charest qui me l'a enseigné. »

Jean Charest salue une femme d'exception

Le premier ministre a rendu un vibrant hommage à sa « fidèle alliée », lors de la conférence de presse. « Nathalie fait partie des personnes d'exception, qui ont la politique dans le sang et qui sont prêtes dès le plus jeune âge à servir ses concitoyens », a-t-il dit.

C'est une nouvelle qui m'attriste, mais c'est une décision que j'accepte.

Jean Charest

Avec cette démission, M. Charest perd un membre important de son cabinet, mais aussi un sixième ministre depuis la réélection de son parti en 2008, après Monique Jérôme-Forget, Jacques Dupuis, David Whissell, Tony Tomassi et Claude Béchard.

M. Charest a rappelé les nombreuses réalisations de Mme Normandeau, dont la signature d'un premier partenariat fiscal et financier entièrement négocié avec les municipalités, l'élaboration du Plan Nord et l'entente conclue avec le gouvernement fédéral sur les redevances tirées de l'exploitation du gisement d'hydrocarbures Old Harry.

« Aujourd'hui, c'est à une amie que je dis un au revoir... de la politique. Nathalie tu as énormément donné à ta Gaspésie natale et à tout le Québec. Si jamais la politique te manque autant que tu nous manqueras, tu sais où nous retrouver », a affirmé le premier ministre.

L'ancienne mairesse de la municipalité de Maria a aussi été ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme et ministre des Affaires municipales au sein du gouvernement Charest.

Une année difficile

La dernière année de Mme Normandeau n'a pas été de tout repos. Son étoile a pâli dans la controverse liée à l'exploitation des gaz de schiste, un dossier qu'elle a piloté. Mais elle assure que cela n'a pas pesé dans sa décision de quitter ses fonctions à mi-mandat.

La vie personnelle de Nathalie Normandeau a également causé certains remous, notamment en raison de sa relation amoureuse avec le député adéquiste François Bonnardel et, plus récemment, avec l'ancien chef de police de la Ville de Montréal Yvan Delorme, dont le départ-surprise a créé plusieurs questionnements.

Maintenant, Mme Normandeau compte prendre du temps pour se reposer, mais elle se dit aussi prête à relever de nouveaux défis.

Réactions

Le préfet de la MRC de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, dit avoir pressenti son départ. « Depuis quelques mois, c'était plus la même Normandeau qu'on avait connu. Elle semblait fatiguée », raconte-t-il.

Son voisin de circonscription, le député du Parti québécois de Matane, Pascal Bérubé, estime avoir perdu une alliée régionale. « C'est une députée, une ministre qui aura contribué puissamment à faire entendre la voix de la Gaspésie. »

Par voie de communiqué, le chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell affirme que Mme Normandeau « a servi ses citoyens avec convictions » et qu'il s'agit d'une « perte pour le gouvernement libéral ».

L'Union des municipalités du Québec salue également la contribution de Mme Normandeau, qui a signé le premier partenariat fiscal et financier avec les municipalités et mis en oeuvre la politique nationale de la ruralité.

Le groupe environnementaliste Greenpeace est moins tendre vis-vis à la vice-première ministre démissionnaire. Le directeur de l'organisme pour le Québec, Éric Darier, estime que Mme Normandeau a fait « reculer le Québec en ouvrant la porte à l'exploitation du gaz de schiste ». Greenpeace dénonce également la mise en oeuvre du Plan Nord, « un chantier industriel nordique à la solde des lobbys miniers [qui ignore] les grands enjeux de protection de la nature et [offre] pour quelques bouchées de pain les ressources appartenant à tous les Québécois. »

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