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Transparence des syndicats : les syndiqués ne s'informent pas assez, croit la CSN

Des syndiquées de la CSN manifestent (archives).

Des syndiquées de la CSN manifestent (archives).

Photo : Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le président de la CSN, Louis Roy, estime que les travailleurs ne s'informent pas suffisamment au sujet des dépenses engagées par leur syndicat, et qu'ils ont une perception négative à leur endroit parce que les médias les dénigrent constamment.

M. Roy, qui a remplacé le printemps dernier Claudette Carbonneau à la tête de la Confédération des syndicats nationaux, réagissait lundi à un sondage réalisé par l'organisme InfoTravail.

Celui-ci révèle que les travailleurs canadiens souhaitent que les syndicats qui les représentent soient plus transparents et qu'ils consultent leurs membres avant de tirer à boulets rouges sur les partis politiques.

Si l'on en croit le coup de sonde, 83 % des travailleurs canadiens estiment que la loi canadienne devrait exiger que les syndicats fassent preuve de transparence financière envers le grand public.

Le représentant d'InfoTravail pour le Québec, Louis Fortin, croit que l'insatisfaction à cet égard est très vive auprès des membres potentiels d'une organisation syndicale, qui aimeraient bien savoir si leur futur regroupement est financièrement solide.

Il souligne que dans la province, les syndicats recueillent un total de 830 millions de dollars par année en cotisations. Selon M. Fortin, les travailleurs veulent savoir où va cet argent.

Louis Roy rétorque qu'il n'en tient qu'aux membres de s'informer davantage. « Si les gens ne s'informent pas sur les dépenses que fait leur syndicat, ils ont une perception, et cette perception-là, c'est celle des journaux et des médias qui constamment dénigrent les syndicats, et ce n'est pas nécessairement une perception qui est vraie », a-t-il affirmé en entrevue avec La Presse Canadienne.

Le président de la CSN se dit par ailleurs tout à fait d'accord avec les travailleurs qui soutiennent que leur argent doit être dépensé correctement. « Ils ont toujours le droit de savoir où va leur argent, c'est une des premières règles », a-t-il soutenu.

« S'il y a des syndicats qui ne sont pas transparents, les gens devraient aller dans leur assemblée et réclamer que la transparence soit obligatoire. »

Les appuis politiques mis en cause

Par ailleurs, Louis Fortin, d'InfoTravail, explique que les résultats de l'étude démontrent que les syndiqués ne s'opposent pas à ce que les cotisations syndicales servent, par exemple, à représenter des membres devant des tribunaux administratifs. En revanche, ils voudraient que leurs dirigeants rendent plus de comptes lorsqu'ils dépensent pour des causes idéologiques, politiques ou sociales.

D'ailleurs, 73 % des personnes consultées par la firme Nanos s'opposent à ce que les cotisations syndicales soient utilisées pour lancer des attaques politiques négatives.

Selon M. Fortin, les membres ne sont pas souvent consultés avant ces sorties publiques. Ils peuvent même avoir de mauvaises surprises en apprenant que leur organisation appuie une cause comme celle de l'indépendance du Québec, ou à l'inverse, qu'elle est plutôt fédéraliste.

Pour Louis Roy, ce problème ne se pose pas à la CSN puisque le syndicat ne s'est jamais prononcé en faveur d'un parti ou d'un autre. « Les gens ont l'impression que l'on intervient à tort et à travers, mais on le fait à partir des mandats que l'on a de défendre tel ou tel point de vue », a soutenu le président du syndicat.

Revoir le processus d'accréditation

Par ailleurs, le sondage indique que 80 % des employés syndiqués sont en faveur de la tenue d'un vote au scrutin secret, plutôt que l'actuel système de décompte de cartes de membres, pour l'obtention d'une nouvelle accréditation syndicale. Louis Roy est contre cette initiative puisque selon lui, cela mettrait en péril le processus d'accréditation, déjà difficile en raison des employeurs qui mettent constamment des bâtons dans les roues des syndicats.

Finalement, 52 % des répondants à l'étude jugent les organisations syndicales toujours pertinentes, alors que 40 % les trouvent un peu désuètes.

Selon Louis Fortin, ces résultats démontrent que le monde syndical doit se remettre en question. « On a besoin d'une réforme de nos codes de travail à travers le Canada », a-t-il fait valoir. Selon lui, les politiciens doivent s'impliquer « pour exiger davantage de transparence et d'imputabilité de la part des syndicats ».

À propos du sondage

Recherche Nanos a effectué le sondage téléphonique auprès de 1000 travailleurs canadiens entre le 20 et le 25 juillet; la marge d'erreur est de plus ou mois trois points, 19 fois sur 20. Au Québec, 250 personnes ont été consultées, avec une marge d'erreur de plus ou moins 6,3 points.

InfoTravail est administré par l'Association LabourWatch du Canada et se dit indépendant des syndicats canadiens. L'organisme indique sur son site Internet qu'il bénéficie du soutien financier d'associations industrielles et de cabinets d'avocats nationaux et provinciaux.


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