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Les étudiants québécois s'endettent de plus en plus

Étudiants

(archives)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours de la rentrée universitaire, une majorité d'étudiants se pose une question existentielle : comment financer leurs années d'études postsecondaires ?

Ils sont de plus en plus nombreux à frapper à la porte de leur banquier. Sans forcément avoir conscience des conséquences à court, moyen et long terme de leur endettement.

Le recours à l'emprunt est facile pour les étudiants. Cartes de crédit ou prêts spécifiques, la plupart des institutions bancaires s'intéressent de près à cette clientèle particulière, avec plus ou mois de largesse.

« On constate qu'il y a de plus en plus d'institutions bancaires qui ciblent directement les étudiants dans les publicités. Elles les interpellent, en créant des programmes sur mesures, avec des marges de crédit ou des programmes d'endettements étudiants », souligne Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

« Les étudiants ne sont pas insensibles à ça, et ils sont de plus en plus nombreux à se présenter dans ces institutions bancaires, surtout lorsqu'ils sont laissés sur le carreau par les prêts et les bourses du gouvernement du Québec ».

Une dette moyenne de 20 000 $

Que ce soit en contractant un prêt bancaire, en bénéficiant d'une marge de crédit ou via une carte de crédit, 69,2 % des étudiants à temps plein s'endettent et 25 % d'entre eux estiment qu'ils auront accumulé une dette de plus de 20 000 $ à la fin de leurs études, selon un rapport publié en novembre 2010 par la Fédération étudiante du Québec.

Cet endettement cumulé aurait pour effet de retarder certains de leurs projets de vie : 63 % des étudiants s'attendent à devoir retarder l'achat d'un premier logement. Plus de 40 % d'entre eux s'attendent également à retarder la fondation d'une famille. Enfin, 38,2 % des étudiants considèrent que les motifs financiers sont les principales causes de l'abandon ou de l'interruption des études.

Emprunter pour apprendre n'est pas forcément une mauvaise chose en soi. C'est parfois même la seule alternative pour poursuivre ses études. Étudiante en maîtrise à l'Université de Concordia, Marie-Pierre Breton se trouve dans ce cas-là.

Un prêt pour rembourser une dette

Lors de son deuxième baccalauréat, la jeune femme n'a plus eu droit à l'aide financière du gouvernement, mais elle devait commencer à rembourser sa dette. Pour Marie-Pierre, le prêt personnel a été la solution. Il lui sert à « deux choses » : honorer les échéances du prêt du programme d'aide financière aux études (AFE) et subvenir à ses « frais de subsistance ».

En plus de lui accorder un prêt, sa banque lui a aussi remis une carte de crédit. « C'est une carte avec un crédit de mille dollars, qui est vraiment ciblée pour les étudiants », signale l'étudiante, ravie de recevoir chaque mois des coupons de réduction pour plusieurs magasins qu'elle fréquente.

Sur le fond, les associations étudiantes ne sont pas foncièrement opposés aux prêts étudiants. Mais encore faut-il que les emprunteurs aient conscience des tenants et des aboutissants de leur dette. « Il y a beaucoup d'étudiants qui ne sont pas nécessairement au courant des taux d'intérêt sur leur carte de crédit ou sur leur marge de crédit », indique le dirigeant de la FECQ, qui observe que les jeunes méconnaissent les conséquences de l'endettement.

Apprendre en empruntant

Du côté des banques, on répond que ces prêts et cartes de crédit répondent à un besoin. Pour leur défense, elles considèrent que le maître mot, c'est l'éducation.

Nancy Scott, de la Fédération Desjardins, explique ainsi que l'institution financière s'assure d'offrir aux étudiants « un accompagnement en réponse à ces projets. Il pourrait donc y avoir une carte de crédit pour pallier les imprévus, mais tout en mettant assurément l'accent sur l'éducation financière, sur la gestion responsable du crédit et sur l'épargne », souligne la responsable de la clientèle.

Directeur de la succursale BMO à Boucherville, Yvon Boucher considère lui qu'il est du ressort de chacun de s'informer et de se documenter. Il estime par ailleurs que les études constituent « une belle période dans la vie pour apprendre à utiliser le crédit ». Si quelqu'un trébuche, il peut se reprendre, car les montants en jeu sont souvent peu élevés, souligne le banquier, convaincu que le prêt étudiant est une « belle école, une belle formation ».

À l'occasion de la publication d'un sondage mardi prochain, la Fédération étudiante universitaire du Québec recommande des mesures pour encadrer et réduire concrètement l'endettement étudiant. La FEUQ souhaite également que le gouvernement provincial impose aux institutions financières une clarification de leur offre envers les étudiants.

D'après un reportage de Renée Dumais-Beaudoin

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