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La Coalition poids réclame une taxe sur les boissons gazeuses et énergisantes

Adolescente en train de boire une cannette.
La Coalition Poids propose une taxe d'un sou par litre de boisson sucrée. Photo: AFP / François Guillot

La Coalition québécoise sur la problématique du poids interpelle Jean Charest. Dans un courrier adressé mercredi au premier ministre, elle lui demande d'instaurer une redevance sur les boissons gazeuses et énergisantes, qui jouent un rôle majeur dans la forte progression de l'obésité chez les enfants et les adolescents.

La lettre de la Coalition poids, dont les ministres des Finances, de l'Éducation et de la Santé ont reçu une copie, souligne que cette taxe poursuit deux objectifs. D'une part, elle réduirait le pouvoir d'attraction de ces breuvages dont la consommation par les jeunes accroît leur risque d'obésité à l'âge adulte. D'autre part, son produit servirait à financer l'amélioration de l'accès et de la qualité des repas scolaires.

« L'idée d'une redevance sur les boissons gazeuses et énergisantes fait son chemin dans plusieurs pays du monde », indique la directrice de la Coalition poids, Suzie Pellerin. « Dans le cas de la Hongrie, poursuit-elle, les revenus de cette redevance seront réinvestis dans la prévention de l'obésité et des maladies chroniques qui y sont associées. C'est pourquoi nous proposons que le Québec fasse de même. »

L'exemple hongrois

À compter du 1er septembre, le gouvernement hongrois percevra ainsi une taxe de 1,25 $ par litre sur les boissons énergisantes et de 3 ¢ par litre sur les boissons gazeuses. Cette redevance est motivée par des considérations sanitaires, mais aussi financières, la Hongrie ne voulant pas supporter seule le fardeau du coût de l'obésité. En France, le gouvernement de François Fillon vient lui aussi d'annoncer le dépôt d'un projet de loi créant une taxe sur les boissons à sucres ajoutés.

La Coalition poids propose au gouvernement Charest d'instaurer une taxe de 1 ¢ par litre de boisson gazeuse. Elle générerait alors des revenus annuels de 8 millions de dollars, « soit l'équivalent des investissements du gouvernement du Québec pour la mise en place de sa politique alimentaire dans les écoles en 2007 », signale la Coalition.

« Ce chiffre de 1 ¢ le litre n'est donné qu'à titre indicatif », précise Suzie Pellerin, laissant entendre que le gouvernement pourrait taxer davantage les boissons sucrées. « Si l'on se base sur le modèle hongrois, on estime que le Québec pourrait amasser environ 33 millions de dollars pour investir dans la santé des générations futures », ajoute la directrice de la Coalition.

Un enjeu collectif

Depuis plusieurs années, les boissons gazeuses sont pointées du doigt par de nombreux experts dont l'Organisation mondiale de la santé, le Rudd Center, les Centers for Disease Control and Prevention ou encore le gouvernement canadien.

Au Canada, l'obésité nous coûte collectivement 30 milliards de dollars par an.

Suzie Pellerin

« Le problème de l'obésité est multifactoriel, mais parmi toutes ces causes, les boissons gazeuses sont la pire », confirme le docteur Martin Juneau de l'Institut de cardiologie de Montréal. Le médecin, qui figure parmi les signataires du courrier de la Coalition, précise par ailleurs que 15 % de l'ensemble des calories consommées en Amérique du Nord proviennent des boissons sucrées.

Pour Martin Juneau, les campagnes de sensibilisation sur les bienfaits d'une alimentation équilibrée ne sont pas suffisantes. « Comme pour le tabac, il faut aller plus loin et rendre les boissons sucrées moins accessibles et les bons produits plus accessibles », résume le cardiologue.

Les embouteilleurs réagissent négativement

L'association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec (AEBGQ) n'a pas tardé à réagir aux propositions de la Coalition poids. Dans un communiqué, elle affirme que « les Québécois sont les plus taxés au Canada » et qu'ils n'ont « pas besoin d'une autre taxe sur les aliments ».

« L'imposition d'une taxe sur les boissons ou les aliments à titre de mécanisme antiobésité s'avère une politique fiscale sans fondement qui touchera financièrement les familles québécoises qui paient déjà 13,925 % en taxe de vente sur les boissons gazeuses vendues au Québec », affirme Martin-Pierre Pelletier, le conseiller spécial de l'association des embouteilleurs, qui ajoute que « dans aucun pays du monde les pouvoirs publics n'ont pu établir de lien entre la taxation des boissons gazeuses et le recul de l'obésité ».

Pour appuyer son propos, l'association cite enfin les résultats d'un sondage d'Ipsos Reid mené en 2011 pour le compte de l'AEBGQ. Ils montrent que 89 % des Québécois sont d'avis que le « gouvernement devrait sensibiliser le public ou conscientiser davantage ce dernier de façon à modifier ses comportements plutôt que d'imposer des taxes supplémentaires ».

De son côté, la Coalition poids prétend que 77 % des Québécois se disent favorables à l'instauration d'une taxe spéciale sur les boissons sucrées pour prévenir l'obésité et promouvoir de saines habitudes de vie.

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