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Marois appelle les députés péquistes à serrer les rangs

Pauline Marois, lors de son arrivée au caucus, mercredi matin

Pauline Marois, lors de son arrivée au caucus, mercredi matin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La chef péquiste Pauline Marois a livré un plaidoyer pour l'unité des troupes péquistes, mercredi, lors de son arrivée au caucus du Parti québécois, à Saguenay. La population, affirme-t-elle, souhaite que le parti redevienne une « alternative au gouvernement Charest ».

« Je suis consciente qu'il y a des gens qui ne partagent pas le même point de vue, mais ça a toujours été le cas au caucus au Parti québécois! On n'a jamais partagé toujours parfaitement le même point de vue », a déclaré Mme Marois aux journalistes qui guettaient son arrivée.

« Cependant, je crois qu'il faut se ressaisir, qu'il faut retrouver la cohérence, la cohésion. Qu'on fasse ces débats-là, c'est tout à fait sain et normal. Moi, je ne veux surtout pas les empêcher. Mais quand on a terminé les débats, il faut être capable de se rallier et d'établir un plan de match et de le suivre, de le respecter », a-t-elle ajouté.

« Il faut retrouver la cohésion, la cohérence que nous avions en juin dernier, et c'est à ça, moi, que je vais inviter les membres de mon caucus ce matin. »

— Une citation de  Pauline Marois

Mme Marois n'a pu éviter de commenter les propos du député démissionnaire Pierre Curzi, qui s'est dit intéressé à briguer la direction du Parti québécois, bien que Mme Marois n'a jamais donné signe qu'elle entendait démissionner.

« M. Curzi, je vais lui laisser ses ambitions personnelles si ça ne vous dérange pas », a laissé tomber la chef péquiste. « Si c'était un vrai souverainiste, je pense qu'il devrait se soucier de souveraineté plutôt que de leadership. »

Le caucus parlementaire étant destiné à préparer la rentrée parlementaire, Mme Marois s'est attaquée d'emblée au travail du gouvernement Charest. Elle l'accuse de vendre les ressources naturelles du Québec au rabais, d'être incapable de créer des places en garderie et de répondre aux besoins des personnes âgées, et de régler les problèmes de circulation à Montréal.

« Il y a de vrais problèmes qu'a la population, et notre responsabilité, comme parti politique, c'est de nous assurer qu'on offre des réponses à ces problèmes-là. »

— Une citation de  Pauline Marois

La chef péquiste s'en est aussi prise à son ex-collègue François Legault, qui devrait transformer la Coalition pour l'avenir du Québec en parti politique. Elle a raillé « les quelques propositions parfois simplistes de M. Legault, lui qui devait être un homme audacieux et avoir beaucoup de courage ».

Les tiraillements au sein du parti plombent sa popularité. Il y a trois mois, le Parti québécois trônait en tête des sondages. Aujourd'hui, il arrive troisième derrière un éventuel parti politique dirigé par M. Legault et le Parti libéral, pourtant au pouvoir depuis huit ans.

Jean-Martin Aussant songe en outre à créer un nouveau parti souverainiste. Il a déjà réservé le nom d'Option Québec auprès du Directeur général des élections.

Ils ont dit

Voci quelques propos de députés péquistes recueillis avant le début du caucus

François Gendron (Abitibi-Ouest) : « M. Curzi a fait le choix qu'il a fait. C'est un choix que je réprouve. C'est le sien. Et je pense que son attitude est difficile à justifier pour la cause, les troupes, la solidarité. »

Danielle Doyer (Matapédia) : « Je dirais que des courses à la chefferie, il n'y en a pas. [...] Alors je lui suggère de chercher un parti libre de chef, parce qu'actuellement, au Parti québécois, il n'y a pas de course à la chefferie.

Martine Ouellet (Vachon) : « Moi, ce que je souhaite, c'est qu'au terme de ce caucus-là, on travaille tout le monde ensemble pour se renforcer, renforcer l'outil qu'est le Parti québécois, qui est le meilleur outil pour faire avancer le Québec. »

Stéphane Bédard, leader parlementaire (Chicoutimi) : « Moi, je suis la populatoin, et la population a des attentes très fortes envers le Parti québécois. Pourquoi? Parce qu'ils sont découragés de ce qui se passe. Ils ont le goût de faire confiance, mais ce qu'on leur a montré, ce n'est pas ce qu'on a de meilleur. Ce qu'on a de meilleur, c'est dans nos idées. Alors remettons les idées de l'avant. »

La discipline de parti au menu des discussions

Le caucus du Parti québécois offrira l'occasion aux députés de discuter des 10 propositions avancées par Bernard Drainville pour réformer les institutions parlementaires et le système politique québécois.

Les discussions pourraient porter non seulement sur la valeur intrinsèque de ses propositions, mais aussi sur la façon dont elles ont été présentées.

En juin, Mme Marois avait demandé à ses députés de revenir du congé estival avec de nouvelles idées, mais le député de Marie-Victorin ne s'est cependant pas contenté de présenter le fruit de son labeur à Mme Marois : il l'a publié dans son site web.

M. Drainville soutient notamment l'idée d'instaurer un processus de référendums d'initiative populaire. Selon cette proposition, le gouvernement serait obligé de déclencher un référendum souverainiste si 15 % de la population (environ 850 000 Québécois) le réclament.

Cela contredit le principe de gouvernance souverainiste défendu par Mme Marois et adopté par les membres du parti lors du Congrès d'avril dernier. Ce principe prévoit une « consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement ».

Mme Marois a soutenu qu'elle était intéressée par l'idée de limiter les mandats, que défend notamment M. Drainville. Interrogé sur la possibilité de tenir des votes libres, comme le propose aussi le député de Marie-Victorin, la chef péquiste s'est montrée plus circonspecte : « C'est une question que je voudrais qu'on débatte ensemble », a-t-elle laissé tomber.

La nouvelle présidente du caucus du Parti québécois, Monique Richard, soutient pour sa part que le parti doit faire preuve de plus de discipline. « Je ne pose pas de jugement sur ce que M. Drainville a fait, mais je peux vous dire que moi je vais demander aux gens du caucus d'avoir une discipline beaucoup plus grande que celle qu'on a eue jusqu'à maintenant », a-t-elle déclaré mardi.

Le député Sylvain Pagé arrive aussi au caucus avec des suggestions. Son collègue Pascal Bérubé mène également une consultation dans sa circonscription. Il fera connaître les résultats le 19 septembre.

Rencontre PQ-BQ

La députation péquiste rencontrera mercredi midi la direction et les députés du Bloc québécois, a annoncé Pauline Marois. L'objectif est de « faire le point sur les stratégies à bâtir ensemble », a expliqué la chef péquiste, en évoquant deux dossiers : la garantie de prêt d'Ottawa pour le développement du projet hydro-électrique du bas Churchill et le pont Champlain.

Un premier caucus depuis le début de la crise

Au dernier caucus péquiste, en mai, la chef Pauline Marois était entourée de 51 députés. Après les démissions de Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Lisette Lapointe, Jean-Martin Aussant et Benoît Charette, et l'expulsion de René Gauvreau, il ne lui en reste que 45.

Mme Marois peine depuis à garder l'ensemble des troupes souverainistes au bercail. Mardi, le président de la région de Montréal-Centre, Atim Leon, a remis sa démission. Il dit quitter son poste pour des raisons personnelles, mais la situation politique actuelle au PQ aurait aussi motivé sa décision.

Cliquez ici pour lire l'intégrale de la lettre de M. Leon.

Radio-Canada a aussi appris que cinq autres personnes liées à M. Leon qui voulaient démissionner en même temps que lui ont décidé d'attendre la fin de la réunion du caucus péquiste pour déterminer s'ils allaient quitter la formation.

Il s'agit du président de l'association de Mercier, de celui de Saint-Henri-Saint-Anne, de celui de Laurier-Dorion, et de deux membres de l'exécutif de Montréal-Centre. Tous sont dans la trentaine et font donc partie de la relève du PQ.

Vers des états généraux

Le caucus du Parti québécois devrait aussi fournir l'occasion de discuter des états généraux sur le projet d'indépendance du Québec, dont l'organisation a été confiée par Mme Marois au Conseil de la souveraineté du Québec.

Cette initiative avait été réclamée par de nombreux militants, dont ceux du Nouveau mouvement pour le Québec (NMQ), qui a tenu sa première assemblée citoyenne le 21 août. Le groupe critique vivement la stratégie référendaire de Mme Marois.

La chef péquiste avait jusque-là entrepris de tenir une série d'assemblées citoyennes pour comprendre les craintes et les attentes des militants souverainistes. Lors de sa première assemblée à Trois-Rivières, le 23 août, elle a tenté de convaincre la population de la pertinence du projet de gouvernance souverainiste.

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