•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Union européenne envisage des sanctions contre la Syrie

Manifestation contre le régime de Bachar Al-Assad à Istanbul, en Turquie, le 7 août 2011
Manifestation contre le régime de Bachar Al-Assad à Istanbul, en Turquie, le 7 août 2011 Photo: AFP / Bulent Kilic
Radio-Canada

Les membres de l'Union européenne (UE) pourraient s'entendre dès cette semaine sur des sanctions à imposer à la Syrie. Mardi, une réunion de travail doit se tenir en vue de la rencontre des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, vendredi et samedi à Sopot, en Pologne.

Selon des diplomates européens, l'UE pourrait décréter un embargo sur l'importation de pétrole syrien en plus de geler des transactions et des échanges avec des banques et des entreprises des secteurs de l'énergie et des télécommunications.

Certains désaccords subsistent, notamment sur l'interdiction d'investir dans l'industrie pétrolière syrienne et d'exporter vers la Syrie des équipements liés à l'exploitation pétrolière.

Pour le moment, l'UE n'a pas imposé de sanctions économiques étendues contre la Syrie et s'en tient à l'interdiction de visas et au gel des avoirs de dignitaires syriens.

Mais la répression en Syrie a donné aux Européens « un fort sentiment d'urgence » afin de parvenir à un accord d'ici la fin de la semaine, a dit un diplomate.

La répression continue

Lundi, les forces du régime de Bachar Al-Assad ont d'ailleurs porté de nouveaux coups au mouvement de contestation.

Selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, un organisme basé à Londres, et des militants locaux, l'armée serait intervenue dans des localités du nord et du centre, faisant entre cinq et huit morts ainsi que plusieurs blessés.

Ainsi, à Saramin, au nord, des raids auraient fait cinq morts et 60 blessés, et les forces armées auraient procédé à de nombreuses arrestations.

À Rastan, des tirs nourris de mitrailleuses ont été signalés à l'entrée sud de la ville. Des témoins ont également fait part d'interventions de l'armée à Hit, dans le centre de la Syrie, près de la frontière libanaise.

Les organisations de défense des droits de la personne estiment que plus de 2000 personnes, des civils pour la plupart, ont été tuées par les forces de sécurité depuis le début de la contestation, en mars.

Dimanche soir, lors d'une allocution à la télévision, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a lancé une mise en garde au régime syrien. « La seule solution est de faire immédiatement taire des armes et d'écouter les demandes de la population », a-t-il déclaré.

« Nous avons vu le sort de ceux qui n'ont pas choisi cette voie ces derniers mois en Tunisie, en Égypte, et aujourd'hui en Libye », a-t-il ajouté.

« L'exigence de démocratie et de justice est une exigence juste de la part de la population. Dans le monde d'aujourd'hui, il n'y a pas de place pour le règne d'un seul homme, pour les régimes autocratiques et les communautés isolées », a ajouté M. Erdogan.

Les États-Unis ont réagi lundi à cette prise de position, assurant que le président Bachar Al-Assad et son régime étaient « de plus en plus isolés ».

« Assad est de plus en plus isolé, la communauté internationale exige de plus en plus d'une seule voix la fin immédiate de la violence », a assuré Victoria Nuland, la porte-parole du département d'État.

Les États-Unis ont déjà mis en oeuvre un embargo pétrolier et une interdiction de tout investissement en Syrie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

International