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« Le plus bel été de ma vie » - Genest

Alex Genest

Alex Genest

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Anja Niedringhaus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

DAEGU, CORÉE DU SUD - Dans l'enclos réservé aux entrevues des athlètes, c'est un garçon fatigué, en sueur et d'une grande lucidité que nous avons rencontré après la qualification matinale du 3000 m steeple.

Quelques instants après avoir franchi la ligne d'arrivée en 8 min 36 s 67/100, à 17 secondes de son meilleur temps, Alex Genest s'est allongé sur la piste, brûlant de fatigue.

Genest est déçu, mais pas tant que ça.

« Parce que j'ai tellement eu une bonne saison, et puis aux mondiaux on doit s'attendre à toutes sortes de courses. Ces gars-là sont 20 secondes de plus rapides que moi sur papier. Donc en partant, j'ai du chemin à faire pour être avec eux autres. Et quand ils décident de changer le rythme de la course..., c'est simple : ils font ce qu'ils veulent. Il faut que je réagisse mieux et que je m'habitue aux changements de rythme, aux gros changements de rythme. »

C'est d'un réalisme. Parce que Genest, 25 ans, ne vit pas dans l'illusion. Sa réalité est toute autrement différente de celle de ses adversaires. Étudiant au bac en diététique, il est papa depuis le 1er juillet.

« Ç'a été un super beau cadeau la naissance d'Arno. Ça m'a donné des bases solides, ça m'a stabilisé dans ma vie. Je suis rentré dans une bonne routine avant sa naissance. Et je pense que c'est ça qui a fait que j'ai beaucoup progressé cet été. »

La réalité, c'est de s'occuper du petit Arno le matin, d'étudier le soir durant l'année scolaire et de travailler de 9 à 4 tout l'été à construire une bibliothèque pour le département d'Études françaises.

« On avait 2500 livres, il fallait que je pose 5000 étiquettes sur les livres et que je les mette ensuite sur les étagères. Disons que ce n'est pas le meilleur emploi que j'ai eu de ma vie, mais ça m'a fait des sous et c'était parfait pour l'entraînement parce que j'étais assis toute la journée.

« Être aux championnats du monde en plus de tout ça, c'est le plus beau cadeau que je pouvais avoir. Le bébé, les bonnes performances, des bonnes notes à l'université, un bon travail, c'était parfait. J'ai passé le plus bel été de ma vie. »

Bien qu'il ait sérieusement progressé sur la piste, Genest sait qu'il aura fort à faire s'il veut rivaliser avec les meilleurs du monde aux Jeux de Londres. Il n'a toutefois pas l'intention de changer quoi que ce soit dans sa vie pour préparer ses Jeux.

« Il me reste un an d'école. Je n'ai aucune envie de laisser tomber l'école pour m'entraîner. En terminant mon baccalauréat, j'aurai le reste de ma vie pour m'entraîner. »

Genest n'avait pas le choix. « C'était travailler ou arrêter de courir. Je n'ai pas eu mon "carding" l'année passée. Je n'avais vraiment pas eu une bonne saison. Même avec mes commanditaires et tous ceux qui m'appuient très généreusement, les voyages, les hôtels, la nourriture, tout ça coûte quand même assez cher. »

Tu as bien fini la course?

« Oui, à un kilomètre de la fin, je me suis dit : « OK là, même si tu as un deuxième kilo difficile, tu donnes absolument tout ce tu as pour bien terminer la course ». J'ai bien terminé. »

Zelinka confuse

On commencera par la fin si vous le voulez bien. Jessica, comment expliquer ce qui s'est passé aujourd'hui? On dit que vous êtes dans une forme extraordinaire. Serait-il possible qu'en arrivant ce matin, vous étiez anxieuse et vouliez trop en faire?

« Je ne pense pas, ce n'est pas de l'anxiété, dit-elle. Je dois être là pour compétitionner et je ne compétitionne pas. Parfois, je ne fais que penser. »

Cinquième aux Jeux de Pékin avec 6490 points, Jessica Zelinka venait de conclure une journée décevante à Daegu. Se retrouver huitième de l'heptathlon après quatre épreuves, à 104 points d'un podium, ce n'était certainement pas le plan.

Jessica Zelinka (haut)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jessica Zelinka (haut) et Jessica Ennis

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Lee Jin-man

La semaine dernière, le directeur technique national d'Athlétisme Canada Martin Goulet nous disait l'avoir trouvée « écoeurante » à l'entraînement. Du coup, on la voyait comme une candidate potentielle au podium. Ce qui avait bien de l'allure quand on l'a vu décoller comme un avion à la première épreuve, le 100 m haies. Troisième de sa vague en 13,01 s, à 7 centièmes de seconde de la Britannique Jessica Ennis, championne mondiale en 2009, ça donne le ton, non?

Ce n'est pas du tout l'avis de la principale intéressée. « Après les haies, j'étais très inquiète. » Inquiète? Mais vous étiez 3e ma chère.

« C'est mon meilleur temps cette année, mais je me suis tellement bien préparée pour les haies. J'ai fait plusieurs entraînements avec Perdita (Felicien) et je m'attendais à tellement mieux. »

La machine était déjà déréglée. Zelinka s'est amenée au saut en hauteur toute confuse. « Mon échauffement s'est mal passé, je me suis mise à douter et je suis devenue très hésitante. À chaque essai, chaque hauteur, je cherchais mes pas. Les choses se sont un peu améliorées au fur et à mesure que le concours avançait. J'ai fait le maximum pour garder mon calme, mais... »

... Le mal était fait. Éliminée à 1,68 m, loin de sa meilleure performance de 1,79 m.

« C'est épuisant de s'entraîner si fort, d'arriver ici et de tout gâcher comme je l'ai fait dans une épreuve aussi importante que la hauteur, qui peut rapporter une tonne de points. »

Du 3e au 19e rang, elle se retrouvait à 140 points du 3e rang. Un gouffre presque impossible à combler.

Son entraîneur Les Gramantik lui a dit d'oublier les deux premières épreuves et de se faire un petit pentathlon bien à elle pour les cinq dernières. « Je n'avais plus la tête. Je suis revenue au village et je me suis couchée. J'étais déjà épuisée. »

Zelinka, qui aura 30 ans dimanche, s'est donc remise en confiance pour le poids en soirée. « Je me suis dit que j'avais fait tout ce qui devait être fait à l'entraînement. Je me suis amenée dans le cercle et je l'ai fait. »

Pas plus compliqué que ça. Ses 14,91 m, son meilleur jet de la saison, l'ont propulsé au 13e rang.

Avec un temps de 24,06 s, le chrono n'y était pas pour la dernière épreuve de la journée, le 200 m. « Je n'ai commis aucune erreur. Même avec un vent de face, c'est quand même un mauvais temps. »

Quand on voit le verre à moitié vide...

Quel est le plan pour mardi? « Je dois tirer le maximum de la situation. Je pense à la longueur et je me croise les doigts pour ne pas revivre le problème de la hauteur. Je dois seulement me dire go, go, go! Le but, c'est de sauter loin. Ça n'a pas besoin d'être beau. Il faut seulement aller loin. »

La championne mondiale Jessica Ennis dormira sur ses deux oreilles lundi soir. Avec une avance de 151 points sur la Russe Tatanya Chernova, elle sera intouchable. L'Américaine Hyleas Fountain est 3e, devant la championne olympique, l'Ukrainienne Natallia Dobrynska.

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