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La GRC enquête sur les agissements d'une minière canadienne au Mexique

José Luis Abarco Montejo montre un journal dans lequel des allégations de corruption sont portées contre la minière canadienne Blackfire au Chiapas. Son père Mariano qui militait contre la compagnie a été abattu en novembre 2009.
José Luis Abarco Montejo montre un journal dans lequel des allégations de corruption sont portées contre la minière canadienne Blackfire au Chiapas. Son père Mariano qui militait contre la compagnie a été abattu en novembre 2009. Photo: La Presse canadienne / Dominique Jarry-Shore
Radio-Canada

Mines Alerte applaudit la décision de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d'enquêter sur une compagnie minière de Calgary, qui aurait versé illégalement des fonds dans le compte personnel du maire d'une petite ville mexicaine.

Une coalition d'organisations, dont fait partie Mines Alerte, a informé la GRC en mars 2010 avec pour preuve des dépôts de banque qui montrent des versements mensuels de la compagnie Blackfire Exploration Ltd sur le compte du maire de Chicomuselo.

Le 20 juillet dernier, une unité anticorruption de la GRC a procédé à une perquisition au bureau de la compagnie qui exploitait une mine dans l'État du Chiapas, au Mexique, il y a deux ans.

Dans un document appuyant le mandat de perquisition, l'agent Terri Lynn Batycki allègue que la compagnie a versé illégalement un montant de 19 300 $ au maire Julio César Velázquez Calderon « pour assurer la paix et empêcher que des membres de la communauté locale ne se lèvent contre la mine ».

Lorsque les requêtes du maire de Chicomuselo se sont accentuées, notamment avec des demandes pour un billet d'avion et une « nuit sexuelle » avec la vedette locale, Niurka Marcos, la compagnie se serait plainte au gouvernement fédéral, disant qu'elle se faisait extorquer.

Blackfire assure ne pas avoir versé de pots-de-vin de façon intentionnelle. La compagnie, qui a amorcé ses activités en 2008 au Mexique, croyait que le montant transféré allait profiter aux citoyens de la petite ville de Chicomuselo, notamment pour améliorer les services publics.

« Lorsque nous avons été mis au courant que ces fonds servaient possiblement à d'autres fins, nous avons immédiatement stoppé les paiements », écrit la compagnie dans une déclaration envoyée aux médias.

L'État du Chiapas, dans le sud du Mexique, est ouvert à l'exploitation minière depuis une dizaine d'années. La majorité des concessions qui s'y trouvent appartiennent à des entreprises canadiennes, et les résidents de la région s'inquiètent des répercussions environnementales de leurs activités.

Cependant, le porte-parole de Mines Alerte, Jamie Kneen, ne croit pas aux explications de la compagnie. Il pense plutôt que Blackfire essayait d'acheter la paix sociale à Chicomuselo.

L'entreprise y avait été accusée de pollution et ses opérations ont été bloquées plusieurs fois par les travailleurs.

La compagnie y a cessé ses activités minières après qu'un militant, qui critiquait sévèrement les pratiques environnementales d'entreprises minières canadiennes actives dans le sud du Mexique, eut été abattu par un tireur en motocyclette, en décembre 2009.

Des manifestants s'étaient levés pour dénoncer la mort du Mexicain et certains des employés de la mine de Blackfire au Chiapas avaient été attaqués et battus en représailles.

La compagnie n'a été accusée d'aucun crime relié à cette affaire et affirme collaborer entièrement à l'enquête de la GRC, en vertu de la Loi sur la corruption d'agents publics étrangers.

Jamie Kneen espère que l'enquête de la GRC pour corruption, la seule menée au Canada, aboutisse à une condamnation.

La GRC prévient toutefois que ce type d'enquête peut prendre plusieurs années.

Société