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Paris convie les « amis de la Libye » le 1er septembre

Mahmoud Jibril et Nicolas Sarkozy lors de leur conférence de presse conjointe
Mahmoud Jibril et Nicolas Sarkozy lors de leur conférence de presse conjointe Photo: AFP / Lionel Bonaventure
Radio-Canada

Une « grande conférence internationale » sur l'avenir de la Libye post-Kadhafi se déroulera à Paris le 1er septembre, a indiqué mercredi le président français, Nicolas Sarkozy.

Le chef d'État français en a fait l'annonce à l'issue d'un entretien avec Mahmoud Jibril, premier ministre du Conseil national de transition de la Libye (CNT), l'organe politique des rebelles, que la France a été la première à reconnaître.

La conférence des « amis de la Libye », également organisée par la Grande-Bretagne, ira au-delà du groupe de pays ayant participé aux opérations militaires, a précisé M. Sarkozy. Elle réunira notamment la Chine, la Russie, le Brésil et l'Inde ainsi que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

La date symbolique du 1er septembre marquera l'anniversaire du coup d'État ourdi par le colonel Mouammar Kadhafi, en 1969, a ajouté le numéro deux de la rébellion libyenne.

Celui-ci a dit espérer que la conférence « constituera un nouveau symbole pour les Libyens, pour la reconstruction de la Libye sur la base de la justice et de la démocratie ».

« Ce sera l'occasion pour le CNT d'expliquer à la communauté internationale comme elle peut l'aider sur le chemin d'une Libye libre, démocratique et unifiée, et pour tous ceux qui veulent soutenir la Libye de discuter le rôle qu'ils peuvent y jouer », a pour sa part précisé le premier ministre britannique, David Cameron, dans un communiqué.

Quatre ans après avoir reçu en grande pompe le colonel Kadhafi, le président français a par ailleurs exprimé la volonté de la France de poursuivre les opérations militaires contre les forces du colonel Kadhafi aussi longtemps que le CNT le jugera nécessaire. « Les opérations cesseront lorsqu'elles n'auront plus lieu d'être, et elles n'auront plus lieu d'être lorsque M. Kadhafi et ses séides ne constitueront plus une menace pour le peuple libyen », a-t-il déclaré.

M. Jibril a de son côté indiqué que la transition politique en Libye devrait passer par la formation d'une conférence interrégionale, qui désignerait une commission, laquelle rédigerait ensuite une Constitution, qui serait soumise à un référendum. Des élections se tiendraient par la suite dans un délai de quatre mois.

Le CNT prévoit également former une nouvelle armée et une nouvelle force de police avec les combattants engagés informellement dans l'insurrection, a-t-il poursuivi.

M. Jibril a ajouté avoir demandé à la France un appui spécifique pour l'aide médicale aux blessés du conflit et pour la préparation de la rentrée scolaire, en septembre.

Le dégel des avoirs libyens discuté à l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONULe Conseil de sécurité de l'ONU débattait de questions reliées à l'Afghanistan jeudi avant-midi. Photo : AFP / Stan Honda

Selon des diplomates à New York et à Washington, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir à 19 h GMT pour discuter du déblocage d'avoirs libyens gelés totalisant plusieurs milliards de dollars.

Un vote sur le texte, élaboré par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, pourrait avoir lieu avant la fin de la semaine, selon des sources diplomatiques britanniques.

Washington espère pouvoir débloquer une aide immédiate de 1,5 milliard de dollars pour aider le CNT.

Les États-Unis en avaient demandé l'autorisation auprès du comité des sanctions de l'ONU, mais ils se sont heurtés au veto de l'Afrique du Sud, selon un responsable américain ayant requis l'anonymat. Ce dernier a précisé que si le comité ne prenait aucune décision dans la journée, Washington appuierait la proposition devant le Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté à l'unanimité, le 26 février dernier, une résolution qui imposait des sanctions sévères à Mouammar Kadhafi et à ses proches, y compris un gel des avoirs et une interdiction de voyage, en réponse à la répression brutale menée contre l'opposition en Libye.

L'opposition libyenne multiplie les rendez-vous diplomatiques...

Des dirigeants de l'opposition libyenne ont rencontré mercredi, au Qatar, des émissaires des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Turquie et des Émirats arabes unis pour parler du financement de la reconstruction de la Libye. Le CNT a lancé un appel pour une aide de 2,5 milliards de dollars américains.

La tenue d'une autre réunion à Istanbul, en Turquie, est prévue jeudi.

M. Jibril rencontrera en outre le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, à Milan jeudi.

... et consolide sa légitimité

En mi-journée, mercredi, 45 pays avaient reconnu le CNT comme représentant légitime du peuple libyen. La Russie s'est pour l'instant dite prête, mercredi, à établir des relations avec les rebelles s'ils parvenaient à unir le pays dans lequel coexistent « deux pouvoirs ». Quant à la Chine, qui a reconnu le CNT comme « interlocuteur important » le mois dernier a dit « respecter le choix du peuple libyen » plus tôt cette semaine.

Le Burkina Faso, qui a officiellement reconnu le CNT mercredi, a par ailleurs offert l'asile à Mouammar Kadhafi s'il décidait de quitter la Libye.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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