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Emprisonner davantage de gaz carbonique sous terre

Chris Hawkes
Chris Hawkes Photo: Micheal Robin, Université de la Saskatchewan.
Radio-Canada

L'ingénieur géologue Chris Hawkes de l'Université de la Saskatchewan pense avoir trouvé comment enfouir plus de gaz carbonique sous la surface terrestre afin d'éviter de polluer l'atmosphère.

Il veut ainsi aider à disposer du gaz carbonique créé par les près de 50 centrales thermiques au charbon du Canada.

Depuis de nombreuses années, les compagnies pétrolières injectent du gaz carbonique (CO2) dans des couches de roches poreuses afin de récupérer le pétrole qui s'y trouve.

Chris Hawkes voudrait utiliser ce procédé pour se débarrasser de façon permanente du CO2 produit par les centrales thermiques au charbon.

Il propose de glisser le gaz carbonique dans les interstices de roches poreuses situées à 2 km sous la surface terrestre.

Cette couche de roche poreuse est située sous une couche de roche beaucoup plus solide qui servirait de couvercle et empêcherait le CO2 de s'échapper vers la surface.

Le but de la recherche de Chris Hawkes est de déterminer la résistance de cette couche rocheuse aux pressions qui seront exercées sur elle par la présence du CO2.

Connaître cette résistance est essentielle, car si la roche cède ou se fissure sous la pression, le gaz carbonique s'échappera.

Le chercheur tente donc de recréer les conditions présentes sous terre dans son laboratoire afin de vérifier la résistance de cette couche de roches solide aux changements de température et à la présence d'un fluide.

Un travail de longue haleine, mais prometteur

D'ici trois ans, les résultats de ses recherches seront acheminés à d'autres chercheurs qui font des simulations d'enfouissement de carbone par ordinateur.

Les données obtenues par Chris Hawkes permettront d'améliorer la performance du programme de simulation, ce qui permettra de mieux évaluer les conditions variables des divers sites d'enfouissement.

Pour l'heure, des études pilotes ont atteint un rythme d'enfouissement d'un million de tonnes de CO2 par année, ce qui serait insuffisant pour les besoins actuels.

Il est espéré que les nouvelles simulations montreront qu'il sera possible d'obtenir un rythme d'enfouissement atteignant 30 millions de tonnes de CO2 annuellement par site.

Le professeur associé en génie industriel de l'Université de Regina, Amr Henni, est très optimiste. Il croit que ces recherches devraient permettre de diminuer de façon importante les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Il estime que le procédé pourrait également servir à d'autres fins telles que la récupération du pétrole, ou encore l'enfouissement de gaz ou de liquides dans des réservoirs vides ou des aquifères.

La recherche de Chris Hawkes est menée en collaboration avec des chercheurs des universités de Waterloo et de Calgary et est doté d'un budget de 633 000 dollars octroyés par Carbon Management Canada.

Ontario

Science