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Le pétrole libyen suscite déjà des convoitises

pompeforagepetrole
Radio-Canada

Le dénouement en cours de la crise libyenne n'a eu qu'un faible impact sur le prix du pétrole, dont les cours affichaient lundi des trajectoires opposées des deux côtés de l'Atlantique.

En légère baisse à Londres, le baril était en hausse à la mi-journée à New York. Les valeurs pétrolières ont été dopées par la perspective d'une reprise de la production d'or noir en Libye.

Les marchés ont suivi de près l'évolution de la situation en Libye, où l'entrée des rebelles dans Tripoli a nourri l'espoir d'une reprise proche des exportations de pétrole libyen. Le retour prochain sur les marchés du douzième plus gros exportateur mondial a suscité des réactions contrastées.

Sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, le baril de brut léger de la mer du Nord pour livraison en octobre s'échangeait, à 14 h (heure de l'Est), à 107,92 $, en baisse de 70 ¢ par rapport à la clôture de vendredi. Au même moment, le baril de brut pour livraison en septembre était en légère hausse sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), à 83,60 $, soit 1,34 $ de plus que vendredi.

Je suis optimiste. On verra une grande partie du pétrole libyen revenir sur le marché dans deux ou trois mois.

Phil Flynn, analyste chez PFG Best

« L'impact sur les cours du pétrole n'est pas énorme », observe Neil Atkinson, analyste de la société financière Datamonitor. Après avoir perdu plus de trois dollars lors des échanges asiatiques, le prix du baril de brut de la mer du Nord limite ses pertes « à mesure que les opérateurs réalisent que la production libyenne ne va pas à nouveau inonder le marché du jour au lendemain », souligne l'expert.

L'évolution contrastée des cours du baril à Londres et New York s'explique par l'exposition plus grande du Brent londonien à l'impact du conflit en Libye, les marchés européens et asiatiques dépendant davantage des exportations libyennes que le marché américain.

La production libyenne de pétrole mettra au moins un an à repartir

Si le succès probable des rebelles libyens laisse entrevoir une reprise prochaine de la production et des exportions libyennes, « il est très improbable que le pays retrouve son niveau de production d'avant le conflit, à 1,6 million de barils par jour, d'ici à la fin de l'année », note Andrey Kryuchenkov, analyste chez VTB Capital.

Outre les dommages subis par les infrastructures et les incertitudes relatives à la stabilité politique du pays, « il y aura d'importants problèmes de logistique à résoudre », relève Neil Atkinson.

La production libyenne de pétrole, qui a chuté sous les 4 % de son niveau d'avant le conflit, représente en temps normal 95 % des revenus d'exportation de la Libye, selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

De nouveaux contrats à remporter

« La Libye ne peut pas vivre sans pétrole, et donc le robinet qui va être ouvert le plus rapidement, c'est celui-là », estime Mathieu Guidère, spécialiste des pays arabes à l'université de Toulouse-II.

Face à cette urgence, les insurgés devraient renoncer à chambouler les anciens contrats négociés sous l'ère Kadhafi, même s'ils ne devraient pas oublier leurs alliés occidentaux (France, Royaume-Uni, États-Unis, Italie) et arabes (Qatar) pour les juteux nouveaux contrats d'exploitation qui se dessinent.

Le Conseil national de transition (CNT) libyen a déjà évoqué l'attribution à la France de quelque 35 % des nouveaux contrats pétroliers. Il avait également signé, fin mars, un accord de commercialisation avec l'Émirat du Qatar pour la distribution du pétrole produit dans les zones qu'il contrôlait.

Les cours des pétrolières en hausse

Signe que le changement de régime est perçu comme une bonne nouvelle, les cours des principales pétrolières actives en Libye ont bondi lundi. À Milan, le titre de l'italien Eni a clôturé en hausse de près de 5 %. À la bourse de Paris, le cours de l'action de Total a progressé de près de 4 %, signant l'une des plus fortes hausses du CAC 40.

Principal producteur étranger de pétrole en Libye, l'italien Eni a annoncé lundi qu'il avait envoyé des employés sur place afin de superviser un redémarrage des installations pétrolières dans l'est du pays.

Le français Total et l'allemand Wintershall, autres acteurs majeurs du secteur pétrolier libyen, se sont refusés à tout commentaire.

Les chiffres du pétrole en Libye

  • Avant le début de la rébellion, la Libye était le 17e producteur de pétrole dans le monde et le troisième en Afrique.
  • Avant le déclenchement de l'insurrection en Libye, le pays, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), produisait environ 1,6 million de barils par jour, soit près de 2 % de la production mondiale.
  • La Libye compte les plus grosses réserves de pétrole brut en Afrique, avec 44 milliards de barils, loin devant le Nigeria (37,2 milliards de barils) et l'Algérie (12,2).
  • Avec une consommation intérieure limitée de 280 000 barils par jour en 2009, la Libye exportait 79 % de sa production de pétrole vers l'Europe.
  • En 2010, le premier acheteur de brut libyen était l'Italie (28 %), suivi de la France (15 %), la Chine (11 %), l'Allemagne (10%) et l'Espagne (10 %). Les États-Unis n'ont acheté l'an passé que 3% de l'or noir libyen.
  • L'italien Eni, présent en Libye depuis les années 1950, est le premier groupe pétrolier étranger du pays, avec une production de 270 000 barils d'équivalent pétrole par jour en 2010.
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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