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Libre, un fils de Kadhafi dit que le régime contrôle Tripoli

Seif al-Islam Kadhafi a fait une apparition publique devant l'hôtel Rixos, à Tripoli.

Seif al-Islam Kadhafi a fait une apparition publique devant l'hôtel Rixos, à Tripoli.

Photo : La Presse canadienne / AP/Dario Lopez-Mills

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans la nuit de lundi à mardi, le deuxième fils du colonel Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, dont les rebelles libyens avaient annoncé l'arrestation dimanche, s'est présenté devant les médias. Il est arrivé, libre, à bord d'un véhicule tout terrain devant Bab al-Aziziah, le complexe du dirigeant libyen à Tripoli, où avait été emmené un groupe restreint de journalistes.

Celui qui était présenté comme le successeur éventuel de son père est ensuite allé à l'hôtel de Tripoli où séjournent les journalistes étrangers et a salué ses partisans.

« Je suis là pour réfuter les mensonges », a-t-il déclaré. Il a affirmé que son père se trouvait en lieu sûr à Tripoli, alors que les rumeurs selon lesquelles le colonel Kadhafi aurait réussi à fuir la capitale, peut-être même le pays, se multiplient.

Seif al-Islam a aussi affirmé que le régime libyen contrôlait toujours la capitale. « Tripoli est sous notre contrôle. Que tout le monde soit rassuré. Tout va bien à Tripoli », a-t-il soutenu.

« L'Occident dispose d'une haute technologie qui a perturbé les télécommunications et a envoyé des messages au peuple » qui ont fait état de la chute du régime, a-t-il ajouté, évoquant des sms envoyés à des habitants de Tripoli dimanche. « C'est une guerre technologique et médiatique pour provoquer le chaos et la terreur en Libye », a-t-il poursuivi.

Il a ajouté qu'il se moquait du mandat d'arrêt émis contre lui et son père par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Considéré par le procureur de la CPI comme le « premier ministre libyen de facto », il est accusé d'avoir joué un « rôle-clé dans la mise en oeuvre d'un plan » conçu par son père visant à « réprimer par tous les moyens, dont l'utilisation de violence extrême et meurtrière », le soulèvement populaire de février. Il aurait notamment organisé le recrutement de mercenaires.

Par ailleurs, le fils aîné du colonel Kadhafi, Mohamed, dont l'arrestation a également été annoncée dimanche par les rebelles, est parvenu à s'échapper, a indiqué lundi une source haut placée au sein de la rébellion à Benghazi. Al-Jazira a précisé qu'il avait fui sa résidence assiégée avec l'aide de militaires qui lui sont restés fidèles.

L'ambassadeur libyen aux États-Unis, Ali Suleiman Aujali, a lui aussi affirmé au réseau CNN qu'il avait réussi à s'échapper.

La capture de ces deux fils du colonel Kadhafi avait été relayée dimanche par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo et par le président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil.

La chaîne d'information en continu arabe Al-Arabiya a pour sa part annoncé lundi la capture de Saadi Kadhafi, un autre fils du dirigeant libyen, par les rebelles.

Des rebelles déchirent le portrait de Mouammar Kadhafi à Tripoli.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des rebelles déchirent le portrait de Mouammar Kadhafi à Tripoli.

Photo : AP/Sergey Ponomarev

Vers la chute du régime Kadhafi?

Pour leur part, les rebelles disent contrôler plusieurs quartiers de la capitale depuis dimanche.

Ils ont par ailleurs annoncé l'arrivée en renfort de plus de 500 combattants rebelles à Tripoli par la mer depuis Misrata, 200 km à l'est.

« Les rebelles de Misrata combattent désormais dans Tripoli dans les quartiers de Tajoura, Souq-Joma et Fashlom », précise le communiqué émis par le Centre des médias du Conseil militaire de Misrata, qui réaffirme que les rebelles « sont déterminés à poursuivre leur avancée jusqu'à la capitale ».

Les rebelles ont également envoyé par voie terrestre « plus de 40 véhicules, chargés de combattants, d'armements, notamment des mitrailleuses lourdes, et de munitions pour soutenir le peuple de Tripoli ». « Certains de ces véhicules ont essuyé des tirs en chemin par les forces de Kadhafi, et trois rebelles dans le convoi ont été tués », ajoute le Centre des médias du Conseil militaire de Misrata.

Selon cette même source, lors de l'offensive des rebelles sur la capitale, la veille, près de 200 rebelles venus de Misrata avaient infiltré Tripoli par la mer depuis Misrata pour prendre part aux combats.

Le porte-parole des rebelles a aussi annoncé avoir pris le contrôle du siège de la télévision officielle libyenne.

Dans l'enclave même de Misrata, les rebelles ont poursuivi leur progression vers la capitale par la route jusqu'à la ville d'Elkomoua, où ils se sont joints avec des insurgés locaux, selon le communiqué.

Ils auraient également continué à avancer vers le sud depuis Misrata en direction de la ville de Syrte, région d'origine du colonel Kadhafi et bastion du régime.

Selon l'OTAN, les forces du dirigeant libyen ont de leur côté tiré trois missiles de type Scud en direction de Misrata à partir de la ville de Syrte. D'après les premières informations dont dispose l'Alliance atlantique, les projectiles sont très probablement tombés sur la côte de la Méditerranée ou au large. L'OTAN dit n'avoir connaissance d'aucune victime ni d'aucun dégât.

Dans la nuit de lundi à mardi, des appareils de l'OTAN ont de leur côté bombardé le complexe du colonel Kadhafi à Tripoli, selon le réseau de télévision Al-Arabiya, citant des insurgés.

Plus tôt lundi, de violents combats entre les forces pro-Kadhafi et les rebelles libyens ont également été rapportés à la frontière tunisienne. Les forces fidèles au dirigeant libyen ont aussi évacué la ligne de front de Brega, située dans l'est du pays, et ont fui vers l'ouest en direction de Syrte.

Pendant que les rebelles font une avancée dans la capitale libyenne, la communauté internationale appelle le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir sans délai pour éviter un nouveau bain de sang.

Le CNT prépare la nouvelle Libye

Le président du Conseil national de transition libyen, Moustafa Abdeldjeïl, lors d'une conférence de presse le 22 août 2011.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeldjeïl, lors d'une conférence de presse le 22 août 2011.

Photo : AFP/Gianluigi Guercia

Tandis que les combats continuent à Tripoli, le président du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion libyenne, a félicité ses troupes lundi pour l'avancée effectuée dans la capitale, ainsi que le peuple libyen pour la réussite de la révolution. Il a tenu à rappeler que la nouvelle Libye travaillera à préserver la paix et la sécurité au pays, et ce, dans le respect de la loi et des droits de la personne.

« Nous assurons à la communauté internationale que nous nous efforcerons de nouer des liens solides fondés sur le respect mutuel. »

— Une citation de  Moustafa Abdeldjeïl, président du CNT

L'époque de Mouammar Kadhafi est « révolue », a-t-il souligné. Il a par ailleurs affirmé que les islamistes libyens s'engagent à remettre les armes et à contribuer à l'unification de la nouvelle Libye.

« J'appelle tous les Libyens à faire preuve de retenue et à respecter les biens et les vies humaines, en s'abstenant de s'arroger le droit de rendre eux-mêmes la justice », a mentionné Moustafa Abdeldjeïl, ajoutant qu'il souhaitait que Kadhafi soit capturé vivant.

Le chef du CNT a même évoqué lundi sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance. « Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent », a-t-il déclaré en conférence de presse.

Il a remercié tous les pays qui ont soutenu le peuple libyen depuis la naissance de la rébellion, notamment par l'entremise de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, pour protéger la population civile.

D'autre part, un membre du CNT, Souleimane al Sahli, a affirmé que les insurgés collaboreraient avec Kadhafi et ses forces de sécurité, contrairement à ce qui s'était passé après le renversement en 2003 de Saddam Hussein en Irak. « Nous travaillerons avec [les forces de sécurité], sauf avec celles qui étaient très, très proches de Kadhafi », a-t-il déclaré, cité par Reuters.

Des responsables du CNT sont par ailleurs en route vers Tripoli. « Des membres du CNT ont quitté hier soir par avion Benghazi [la capitale rebelle dans l'est du pays] pour les montagnes de l'ouest du Djebel Nefoussa », a indiqué une source militaire rebelle, qui a requis l'anonymat.

« Le CNT va bientôt se déplacer de Benghazi à Tripoli et ils vont nommer un nouveau gouvernement de transition qui va gouverner le pays et servir le peuple dans toutes les villes », a déclaré le chargé d'affaires libyen Mahmoud Nakouh, qui dirige l'ambassade libyenne à Londres.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Al-Jazira

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