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Chili : nouveau bilan des victimes de la dictature

Une femme tient la photo d'une adolescente exécutée pendant la dictature, devant le palais présidentielle du Chili (archives).

Une femme tient la photo d'une adolescente exécutée pendant la dictature, devant le palais présidentielle du Chili (archives).

Photo : AFP / Claudio Santana

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La dictature d'Augusto Pinochet aura fait officiellement plus de 40 000 victimes, selon le rapport d'une commission chargée de réévaluer le bilan de ces années de plomb.

Un chiffre en hausse de près de 10 000 cas, mais qui reste bien en deçà de la réalité, selon les familles.

L'ancienne présidente Michelle Bachelet avait réactivé en 2009 une commission chargée d'examiner les dossiers des présumées victimes. Le comité a remis jeudi au président Sebastian Pinera ses conclusions, après avoir étudié 32 000 cas.

Le bilan précédent, fixé par deux commissions depuis la fin de la dictature en 1990, avait été fixé à près de 3000 cas avérés de morts et de disparus et à près de 27 000 cas de torture et détentions illégales.

La nouvelle commission a confirmé 9800 nouveaux cas d'emprisonnement et de torture, ainsi que 30 cas de disparition et d'exécutions extrajudiciaires.

Pour être reconnues comme telles, les victimes devaient remplir l'une des conditions suivantes :

  • Avoir été détenu et/ou torturé pour des motifs politiques par des agents de l'État.
  • Avoir fait l'objet d'une disparition ou d'une exécution aux mains d'agents de l'État.
  • Avoir été kidnappé ou victime d'une tentative d'assassinat pour des motifs politiques.

De plus, il fallait que les actes aient été commis entre le 11 septembre 1973, date du coup d'État qui a renversé le président Allende, et le 10 mars 1990, la fin du régime Pinochet.

Les « nouvelles » victimes identifiées encore en vie devraient maintenant avoir droit à des indemnisations, soit une pension mensuelle de 250 dollars en moyenne.

« Le dispositif législatif existant pour les victimes (...) s'applique à tous les nouveaux cas que nous venons de valider », a précisé la présidente de la commission, Maria Luisa Sepulveda.

Trop peu, selon les familles

Plusieurs voix s'élèvent pour contester ce nouveau bilan, notamment l'AFDD, la principale association de familles de victimes, qui remet en cause les critères de validation des cas.

« Il n'est pas possible d'imposer des délais. Beaucoup de victimes n'ont pas encore pu surmonter le traumatisme (pour pouvoir se faire connaître), sont hors du Chili, ou tout simplement ont eu un quelconque problème pour venir » , a déclaré Lorena Pizarro, présidente de l'AFDD.

Si plus de 9800 cas ont pu être « oubliés » depuis 1990, combien d'autres pourraient l'être encore, se sont interrogé d'autres personnes.

« Vu le nombre de plaintes, le niveau de répression pendant 17 ans, le nombre de victimes doit atteindre les 100 000 », estime Lorena Pizarro.

La présidente de la commission, Mme Sepulveda, a reconnu que certains cas n'avaient pas été retenus, parce qu'ils avaient été rapportés par des gens non directement liés aux victimes.

Néanmoins, ce nouveau bilan devrait contribuer à la paix et à la réconciliation au Chili, a estimé le ministre de la Justice Teodoro Ribera.

Le Chili revisite depuis peu son passé récent. La justice a notamment exhumé le corps de l'ex-président Salvatore Allende pour étudier les causes exactes de sa mort. L'étude médico-légale a conclu au suicide.

La justice a également rouvert l'enquête autour de la mort suspecte du poète Pablo Neruda.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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