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Libye : le régime propose un cessez-le feu, les rebelles progressent vers Tripoli

Un rebelle libyen marche dans les décombres d'une mosquée, à Sabrata, qui a servi d'abri durant les bombardements du régime de Mouammar Kadhafi.

Un rebelle libyen marche dans les décombres d'une mosquée, à Sabrata, qui a servi d'abri durant les bombardements du régime de Mouammar Kadhafi.

Photo : La Presse canadienne / Giulio Petrocco

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le régime libyen a proposé un nouveau cessez-le-feu jeudi, tout en excluant un départ de Mouammar Kadhafi, au moment où les rebelles affirment avoir pris le contrôle de la raffinerie du port stratégique de Zaouia, près de Tripoli, et tentent de couper d'autres routes d'approvisionnement de la capitale.

« Le moment est venu pour un cessez-le-feu immédiat », a déclaré le premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, au cours d'une conférence de presse.

Il a affirmé que son gouvernement avait des contacts pour trouver une solution politique au conflit qui secoue le pays depuis février.

« Maintenant, compte tenu de certaines données et des demandes de notre peuple et du gouvernement, nous pouvons dire que la solution politique pacifique est la solution », a-t-il dit, répétant toutefois que le sort de M. Kadhafi ne sera l'objet d'aucune discussion.

« Nous sommes prêts pour commencer le dialogue immédiatement en vue de mettre fin à cette crise immédiatement », a ajouté M. Mahmoudi, sans autre précision.

Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion basé à Benghazi, a en revanche rappelé que le départ de Mouammar Kadhafi était un préalable à toute discussion.

Les insurgés se rapprochent de Tripoli

Les insurgés ont ouvert depuis mercredi trois nouveaux fronts, l'un à Ajaylat, dans l'Ouest, l'autre dans l'Est à Al-Hicha, à mi-distance entre Misrata et Syrte, ville natale du colonel Kadhafi et bastion du régime, et un troisième à Morzuk, dans le Sud-Ouest saharien.

Parallèlement, des combats se déroulaient à Brega, dans l'Est, et à Zaouia, à une quarantaine de km à l'ouest de Tripoli.

Les insurgés affirment qu'ils ont réussi à prendre le contrôle de la raffinerie de Zaouia, après quatre jours d'intenses combats. Seule raffinerie de l'Ouest libyen, elle était l'une des dernières sources d'approvisionnement du régime en pétrole et en gaz.

Le régime a démenti ces informations. « Sans aucun doute, la raffinerie de Zaouia est sous notre contrôle », a dit le premier ministre.

Les troupes loyalistes perdent du terrain

Par ailleurs, à une trentaine de km au nord-ouest de Zaouia, les rebelles contrôlaient la quasi-totalité de Sabrata, à l'exception de la partie orientale de la ville, selon un porte-parole des rebelles.

Sabrata et Zaouia sont situées sur la route côtière reliant la Tunisie à Tripoli, qui sert à l'approvisionnement du régime.

Les rebelles ont aussi annoncé qu'ils contrôlaient une importante localité du Sud-Ouest saharien. « Après plus d'une heure de violents combats, nous avons pris le contrôle de Morzuk et de sa garnison militaire », a déclaré Mohamed Wardougou, l'un des responsables d'un groupe de combattants, ajoutant qu'une douzaine de militaires pro-Kadhafi avaient été tués et cinq officiers capturés.

Morzuk est la deuxième ville de la région du Fezzan. Au carrefour de routes reliant le Niger et le Tchad au sud, l'Algérie à l'ouest et Tripoli au nord, le Fezzan est un noeud de communication vital. C'est surtout une pièce maîtresse du dispositif du colonel Kadhafi, où sa tribu, les Guedadfa, joue un rôle politique et économique important.

Le chef des insurgés pense que la victoire est proche

Avec les gains obtenus ces deniers jours par les insurgés, « l'étau se resserre autour de Tripoli », s'est réjoui Moustapha Abdeljalil, le chef de la rébellion. Il espère en effet fêter dans la capitale l'Aïd el-Fitr qui marquera la fin du jeûne du ramadan, à la fin du mois d'août.

Le CNT craint toutefois que la bataille pour la prise de Tripoli ne tourne à « une véritable boucherie au vu du comportement de Kadhafi ». Le colonel « ne quittera pas facilement le pouvoir, il le fera dans le désastre », a-t-il prédit, dans un entretien publié jeudi par le quotidien panarabe Asharq al-Awsat.

La rébellion prépare la victoire

Anticipant la défaite du régime, la rébellion a défini sa nouvelle feuille de route pour l'après-Kadhafi. Elle a publié une « déclaration constitutionnelle » qui décrit en 37 articles les grandes étapes de la période de transition suivant une éventuelle chute du colonel. Le texte prévoit de remettre le pouvoir à une Assemblée élue dans un délai de moins d'un an et l'adoption d'une nouvelle Constitution.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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