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L'armée syrienne continue de pilonner Lattaquié

Char de l'armée syrienne

Le régime a orchestré le retrait de l'armée à Daïr Az Zour, sous l'oeil des journalistes occidentaux.

Photo : La Presse canadienne / Bassem Tellawi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le siège de Lattaquié se poursuit. Pour la troisième journée consécutive, les forces de sécurité syriennes patrouillaient mardi matin dans les rues de la ville côtière. Des tirs à l'arme lourde ont également retenti dès l'aube dans plusieurs quartiers.

L'offensive de l'armée et des forces de sécurité syriennes ne faiblit pas à Lattaquié, qui est la cible depuis dimanche d'une vaste opération impliquant la marine, des blindés et des troupes au sol. Selon le groupe d'opposants de l'Union de coordination de la révolution, la répression en cours dans le premier port du pays aurait fait au moins 35 morts ces trois derniers jours.

Le bilan devrait encore s'alourdir d'ici la fin de la journée. Ce matin, « des tirs de mitrailleuses lourdes et de balles étaient entendus dans des quartiers de Lattaquié, Raml al-Jounoubi, Masbah al-Chaab et Ain Tamra durant plus de trois heures », a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) dans un communiqué.

Le régime semble résolu à briser le soulèvement cette semaine dans l'ensemble du pays, mais la population ne recule pas.

Une citation de :Un opposant au régime, cité par Reuters

De son côté, l'agence de presse officielle Sana a accusé des groupes dissidents de semer le désordre. « Les forces de l'ordre pourchassent en ce moment les hommes armés dans le quartier d'al-Raml al-Jounoubi et les quartiers voisins, afin d'y ramener le calme et la sécurité », indique l'agence, précisant que ces fameux groupes armés « ont ouvert le feu sur les habitants et les ont terrifiés ».

Tariq, un témoin des événements, donne une autre version des faits. Il rapporte que « les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une foule participant à des funérailles. Ils ont tiré en l'air et dans les jambes des gens. Ils ont également arrêté de nombreuses personnes », a-t-il ajouté, confirmant que « le régime attaque les quartiers sunnites de la ville comme Slaibeh, al-Raml, Saqntory, Bustan al-Samkeh ».

Des réfugiés palestiniens dans la nature

Conséquence des affrontements en cours à Lattaquié, la plupart des réfugiés palestiniens du camp d'Al-Raml ont dû fuir après que leur campement eut essuyé des tirs des forces de sécurité syriennes, signale l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). « Entre 5000 et 10 000 personnes se sont enfuies, nous ne savons pas où elles se trouvent, c'est donc très inquiétant », a précisé Christopher Gunness, porte-parole de l'UNRWA. « Quelques décès et une vingtaine de blessés ont été confirmés », ajoute-t-il.

L'armée se retire de Deir Ezzor

Une journaliste de l'AFP a constaté que douze blindés et plusieurs véhicules de transport de troupes ont quitté mardi Deir Ezzor. Située à 430 km au nord-est de Damas, la ville était le théâtre d'une opération militaire d'envergure depuis une dizaine de jours.

Selon l'agence Sana, l'armée a commencé à se retirer de Der Ezzor après avoir « débarrassé la ville des groupes armés », à la demande de ses habitants. L'opération se serait traduite par la mort d'une trentaine d'opposants au régime, indiquent pour leur part des militants des droits de la personne.

Sur le terrain diplomatique, la pression s'accentue sur Bachar Al-Assad. Plusieurs pays de la région, en particulier la Turquie, l'Arabie Saoudite et la Jordanie, ont dénoncé la poursuite de la répression en Syrie.

La Turquie réitère son appel à l'arrêt des combats

Mardi matin, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a de nouveau appelé le président syrien à « mettre fin immédiatement aux opérations militaires. Sinon nous n'aurons plus rien à discuter », a-t-il souligné, semblant prédire une dégradation des rapports bilatéraux, qui étaient autrefois excellents entre les deux pays voisins qui partagent une longue frontière.

Quant à l'Iran, allié traditionnel de Damas, il a répété que le mouvement de révolte contre le régime syrien était « une affaire intérieure ».

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters

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