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Un nouveau mouvement souverainiste voit le jour

Le manifeste du MNQ est publié dans Internet.

Le manifeste du MNQ est publié dans Internet.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de 77 souverainistes déçus du Parti québécois et de sa chef publie mardi dans Internet un manifeste intitulé Brisons l'impasse, dans lequel il propose de redéfinir le projet d'accession à l'indépendance que continuent de caresser de nombreux Québécois.

Le manifeste du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), disponible sur le site unnouveaumouvement.org, sera discuté dimanche lors d'une assemblée publique tenue au cégep Saint-Laurent.

Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, confirme qu'li sera présent à cette occasion, mais seulement à titre d'observateur. Celui qui a claqué la porte du PQ le 7 juin avance que deux ex-péquistes qui ont fait de même, Pierre Curzi et Lisette Lapointe, seront également présents à titre d'observateur. Aucun de ces ex-péquistes n'a signé le manifeste.

« Depuis le 2 juillet 2011, plusieurs citoyens envisagent de créer un mouvement politique voué à la réalisation de l'indépendance nationale. Ils veulent aussi rompre avec la dépendance énergétique, lutter contre la corruption et battre en brèche la ligne de parti », explique le NMQ.

La crise que traverse le mouvement souverainiste « cristallise la fin d'une époque et le début d'une nouvelle », peut-on lire dans le manifeste. « Ce qu'il faut faire réapparaître, c'est un mouvement indépendantiste en tant que mouvement social ».

Le PQ cloué au pilori; le mouvement de Legault aussi

Les auteurs du manifeste soutiennent que le Parti québécois « apparaît aujourd'hui usé, confus dans ses interventions et banalisé par le public et les médias à la moindre action qu'il pose ». Le problème du parti, disent-ils, est que l'incarnation du projet souverainiste qu'il propose « appartient à une autre époque ».

Le groupe écorche notamment la chef péquiste Pauline Marois et son projet de gouvernance souverainiste. Cette définition du projet péquiste, entérinée par les membres lors du Congrès national du printemps dernier, est dénoncée par certains souverainistes depuis qu'il a été mis de l'avant. Son adoption est l'une des causes du malaise actuel au PQ.

Le Parti québécois, dénonce le NMQ, est devenu un « parti institutionnalisé ». « À force d'étouffer tout ce qui n'entre pas dans ses structures, à force de mener une politique de traque à la dissidence, ce parti "s'autopeluredebananise" lentement. Il fait le vide autour de lui. Et perd des acteurs. Inutile ensuite d'essayer de les ramener en prétendant incarner le changement. »

La Coalition pour l'avenir du Québec, le mouvement politique que l'ex-ministre François Legault veut transformer en parti politique, ne trouve pas davantage grâce aux yeux du NMQ, puisqu'il ne présente aucune « offre nationale ».

« Le statu quo que suppose "la position Legault" offre à tous un fédéralisme rejeté par les fédéralistes québécois eux-mêmes », peut-on lire dans le manifeste.

Un nouveau partage des revenus et une nouvelle Constitution

Le NMQ soutient qu'un nouveau partage des pouvoirs ne permettra pas au Québec de contrôler son développement et de se donner un nouvel élan « s'il ne s'accompagne pas d'un nouveau partage des revenus ».

Le groupe de souverainistes propose d'organiser des « assemblées constituantes » partout au Québec, afin que les citoyens puissent « dessiner les contours d'un nouveau régime politique, de notre citoyenneté, de nos valeurs, nos droits et obligations, de nos rapports entre nous et les institutions du Québec (les rapports entre les institutions aussi) aussi bien que de notre rapport comme citoyen avec l'État nouveau, avec le Canada, avec le monde. »

« C'est l'idée de faire adopter ensuite un tel projet par l'Assemblée nationale et démocratiquement par un peuple québécois adulte et confiant en lui-même », poursuivent les souverainistes du NMQ.

« De faire adopter ensuite par le gouvernement du Québec une loi constitutionnelle établissant la primauté de la Constitution du Québec librement décidée sur celle du Canada, arbitrairement imposée. C'est l'idée de faire prêter ensuite serment d'allégeance à la Constitution du Québec aux juges et à tous les serviteurs de l'État ».

L'instigateur du NMQ, Jocelyn DesjardinsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'instigateur du NMQ, Jocelyn Desjardins

Le NMQ est une initiative de Jocelyn Desjardins, qui a été porte-parole du mouvement écologiste Greenpeace au Québec, après avoir été journaliste à Radio-Canada.

« Si on veut construire un pays,si on veut naître face au monde, la meilleure chose à faire, c'est de faire un pays par lui-même, de lui-même et de nous-mêmes. On ne fait pas un pays contre un autre », indique M. Desjardins.

Parmi les signataires du manifeste figurent aussi le politologue Denis Monière, l'ex-député bloquiste Antoine Dubé, l'ex-conseiller de Gilles Duceppe Marc-André Roche, le directeur de l'agence artistique Bos, Simon Beaudry, et un ex-président de la Fédération universitaire du Québec, Jean Grégoire.

Le Québec rendu ailleurs, selon le PLQ

Selon le gouvernement Charest, avec ses formules « passéistes », le manifeste du MNQ ne sera pas en mesure de susciter l'adhésion des Québécois.

« Je trouve, pour avoir pris connaissance de certains éléments qui sont dans le manifeste, qu'il y a, je dirais, des tournures de phrases ou des clichés qui sont un peu passéistes. Le Québec est rendu ailleurs. La priorité, c'est l'économie. Je pense que c'est la priorité aussi des Québécois », a estimé le ministre responsable des Affaires intergouvernementales Pierre Moreau.

Il a par ailleurs raillé la division qui règne au sein de la famille souverainiste. « Je constate qu'entre le début de mes vacances et mon retour, le nombre de groupes a encore augmenté. Alors, on va regarder comment ces choses-là vont évoluer », a-t-il affirmé.

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