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Montréal veut mettre au rebut les vieux poêles à bois

Poêle à bois
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après avoir interdit la plupart des nouveaux poêles à bois sur son territoire, Montréal s'attaque désormais aux vieux appareils de chauffage en service. La Ville va bientôt lancer un programme de retrait ou de remplacement des systèmes calorifiques au bois. L'initiative a reçu lundi le soutien du ministère québécois de l'Environnement, qui a promis de verser six millions de dollars pour appuyer la démarche de la municipalité montréalaise.

Le programme, développé et administré par l'organisme Équiterre, entrera en vigueur à l'automne prochain. Il vise à encourager les propriétaires de vieux poêles à s'en débarrasser ou à les remplacer par des appareils plus performants. Au total, la Ville estime à environ 85 000 le nombre de foyers au bois sur l'île de Montréal.

« Quand on sait qu'un seul poêle à bois non certifié émet autant de particules fines dans l'atmosphère en neuf heures qu'une automobile pendant environ un an, on comprend toute l'importance et le bien-fondé de mettre sur pied un tel programme pour assurer une meilleure santé publique et préserver l'environnement », a déclaré lundi en conférence de presse le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand. Il a par ailleurs souligné que la combustion du bois reste la première source d'émission de particules fines à Montréal, devant le secteur industriel ou celui des transports.

Cette affirmation est corroborée par la Ville de Montréal, qui précise que le chauffage au bois résidentiel représente 47 % du total des émissions de particules fines dans l'air, qui constituent le principal polluant responsable de la formation du smog hivernal.

Depuis deux ans, un règlement adopté par la Ville interdit dans tous les bâtiments l'installation d'un appareil à combustibles solides, hormis les appareils à granulats certifiés EPA, c'est-à-dire respectant la norme de l'agence de protection environnementale américaine. Il s'agit du règlement le plus sévère en Amérique du Nord, selon la Ville.

Un règlement remis en question

Le nouveau programme ne fait cependant pas que des heureux. L'industrie du chauffage conteste devant les tribunaux cette décision de la Ville de Montréal. Selon le vice-président de l'Association des professionnels du chauffage, Pierre Catelier, les propriétaires de vieux poêles à bois polluants voudraient les changer pour de nouveaux poêles à bois beaucoup moins nuisibles à l'environnement, mais la Ville l'interdit.

« Il y a beaucoup de clients qui viennent, et qui veulent garder leur vieux poêle polluant par peur de perdre tous leurs droits, donc on est dans un cul-de-sac », dit-il.

Pierre Catelier affirme que son association a remplacé 1200 vieux poêles à bois en 2008 et 2010, grâce à un programme subventionné en partie par l'industrie, et qui n'a rien coûté aux contribuables. « Quand on a vu les montants alloués de six millions de dollars, on a fait un grand saut », raconte-t-il.

M. Catelier espère qu'Équiterre contactera son association afin de discuter des modalités du nouveau programme, dont l'efficacité est déjà mise en doute par les professionnels de l'industrie du chauffage.

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