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Myanmar : Aung San Suu Kyi en tournée politique

Aung San Suu Kyi chaleureusement accueillie à Bago.

Aung San Suu Kyi chaleureusement accueillie à Bago.

Photo : AP/Khin Maung Win

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La célèbre dissidente birmane Aung San Suu Kyi a pu tester dimanche la liberté de déplacement nouvellement accordée par la junte en effectuant sa première tournée politique à l'extérieur de Rangoon depuis 2003, après sept ans d'assignation à résidence.

La lauréate du Nobel de la paix 1991 s'est ainsi rendue sans encombre à Bago (ex-Pegu) et à Thanatpin au nord-est de Rangoon, alors que certains de ses partisans redoutaient de graves provocations de la part d'hommes de main des militaires comme par le passé.

L'icône du mouvement prodémocratique birman, pour son premier déplacement politique hors de Rangoon depuis la levée de son assignation à résidence en novembre 2010, a ainsi pu rencontrer ses partisans, massés par milliers le long des routes, et inaugurer des bibliothèques publiques à Bago (80km au nord-est de Rangoon) et dans la ville voisine de Thanatpin.

Lors d'un discours de dix minutes, la fille du père de l'indépendance Aung San, a lancé un appel à l'unité et demandé les gens à continuer de soutenir son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Elle a aussi exhorté la population à tenir bon en dépit des difficultés économiques.

Un peu plus tôt dans l'antique cité de Bago, Aung San Suu Kyi n'a pas manqué d'avertir ses compatriotes que l'avènement d'une démocratie véritable prendra du temps. « Je sais ce que le peuple veut et je vais tout faire pour combler ses attentes », a-t-elle lancé. « Mais je ne veux pas vous donner de faux espoirs ».

Lors de la visite de la pagode Shwemawdaw à Bago, la foule a scandé son nom, lui souhaitant longue vie. Parmi les personnes présentes, Ma Thuza, 35 ans, ne pouvait cacher sa joie: « Je peux mourir heureuse maintenant que je l'ai vue ».

Mme Suu Kyi a fait ce déplacement dans un convoi de trois voitures, suivi par 27 autres véhicules remplis pour l'essentiel de journalistes et de partisans. Un service de sécurité en civil était présent à chacun de ses arrêts, au cours desquels on lui remettait des roses ou du jasmin. Sur son passage, la dissidente a été follement acclamée.

Win Htein, l'un des cadres de la LND, a qualifié ce déplacement en province de crucial, car « il va servir à tester la réaction des autorités et celle du peuple ». L'un des porte-parole du parti, Nyan Win, a indiqué que d'autres déplacements auraient lieu, sans toutefois que des dates ou des destinations aient été retenues pour l'heure.

La dernière fois que l'opposante, âgée de 66 ans, s'était déplacée en province, le 30 mai 2003, de violents affrontements avaient éclaté alors que le convoi la transportant s'était retrouvé encerclé par une foule hostile à Dipeyin (centre). Aung San Suu Kyi avait dû regagner Rangoon et ses partisans ont toujours accusé la junte d'avoir fomenté ces violences. Dès le lendemain, la dissidente était d'ailleurs de nouveau assignée à résidence, officiellement pour sa « protection », tandis que le régime lançait une nouvelle campagne de répression contre les cadres et militants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

L'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi a été levée en novembre 2010, peu après les élections législatives que la LND a par ailleurs boycottées.

La junte au pouvoir depuis 1962 a officiellement remis le pouvoir à des civils en mars dernier. Mais pour l'opposition et les observateurs, ce sont en fait les militaires qui continuent à gouverner par procuration, et peu de choses ont changé. Plus de 2000 prisonniers politiques restent ainsi détenus.

Associated Press

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