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Syrie : la répression se poursuit, les critiques s'intensifient

Manifestation contre le régime de Bachar Al-Assad à Istanbul, en Turquie, le 7 août 2011

Manifestation contre le régime de Bachar Al-Assad à Istanbul, en Turquie, le 7 août 2011

Photo : AFP / Bulent Kilic

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant que la répression continue en Syrie, faisant une cinquantaine de morts dimanche, les condamnations se multiplient à travers le monde.

La Ligue arabe a ainsi, pour la première fois, appelé les autorités syriennes « à mettre fin immédiatement à tous les actes de violence et aux campagnes sécuritaires contre les civils ».

L'organisation s'est toutefois gardée d'exiger le départ du président Bachar Al-Assad tel que l'exigent les manifestants syriens mobilisés contre le régime depuis la mi-mars.

Même le roi d'Arabie saoudite, pays dont le gouvernement ne tolère pas la dissidence, a durement critiqué le gouvernement syrien. « La Syrie n'a que deux choix pour son avenir : opter volontairement pour la sagesse, ou s'enliser dans le chaos et la violence », a estimé le roi Abdallah dans un communiqué au ton inhabituellement sévère à l'égard des dirigeants syriens.

Le roi a en outre annoncé le rappel de l'ambassadeur saoudien à Damas pour « consultations ».

Le pape Benoît XVI a de son côté lancé un appel pressant aux autorités syriennes, se disant préoccupé par l'accroissement de la violence.

Ces condamnations surviennent au lendemain d'un appel à la fin de la répression lancé par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d'un entretien téléphonique avec le président Bachar Al-Assad.

Les organismes de défense des droits de la personne estiment à plus de 300 le nombre de morts au terme de la semaine, la plus sanglante depuis le début du mouvement de contestation.

Assaut sur la ville de Deir Ezzor

Des chars et des blindés de l'armée syrienne se sont déployés dimanche à l'aube dans la ville de Deir Ezzor.

Selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, basé à Londres, 250 chars et transports de troupes participaient à l'offensive, qui s'est accompagnée de vagues d'arrestation. Son directeur, Rami Abdel Rahmane a parlé de dizaines d'interpellations, alors que pleuvaient les obus dans au moins trois quartiers.

Selon Abdel Karim Rihaoui, président d'un autre organisme, la Ligue syrienne des droits de la personne, les opérations militaires ont fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés.

La télévision publique a toutefois démenti l'entrée de chars à Deir Ezzor. « Aucun char n'y est entré, mais des divisions de l'armée ont levé des barrages érigés par les groupes terroristes, aux entrées de cette ville », a-t-elle affirmé.

Un habitant de cette ville de l'est de la Syrie rejoint par l'agence Reuters a fait état de tirs de mitrailleuses et d'explosions.

La ville de Deir Ezzor est assiégée depuis plusieurs jours et ses habitants s'attendaient à un assaut. Un grand nombre d'entre eux avaient d'ailleurs fui la ville. Ce siège a entraîné d'importantes pénuries. « On manque de médicaments, de lait pour bébé, de nourriture et d'essence. La ville est totalement paralysée », a affirmé un de ses habitants contacté par l'Associated Press.

Outre Deir Ezzor, l'armée syrienne aurait mené dimanche des opérations dans la ville d'Houleh, y faisant entre quatre et sept morts selon des bilans divergents des organismes de défense des droits de la personne.

L'armée poursuit également son offensive sur Hama, bastion de la révolte, où des affrontements ont lieu depuis plusieurs jours.

Les forces de sécurité auraient tué entre deux et dix personnes à Idleb, dans le nord-ouest du pays, au moment où elles assistaient aux funérailles de manifestants tués la veille.

La répression exercée par le régime depuis le début de la contestation à la mi-mars aurait fait entre 1600 et 2000 morts, toujours selon les organisations de défense des droits de la personne.

Le président Assad soutient que les troubles au pays sont le fait de groupes criminels. « Agir face aux hors-la-loi qui coupent les routes, ferment les villes et terrorisent la population est une obligation pour l'État qui doit défendre la sécurité et protéger la vie des citoyens », a-t-il déclaré dimanche.

Le régime a annoncé samedi la tenue d'élections « libres et transparentes » avant la fin de l'année pour tenter de calmer la colère populaire.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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