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Des centaines d'emplois menacés à Environnement Canada

Le ministre de l'Environnement Peter Kent

Le ministre de l'Environnement Peter Kent

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La suppression annoncée de centaines d'emplois au ministère de l'Environnement du Canada suscite la colère des partis d'opposition et l'incertitude chez les fonctionnaires qui ont trois mois devant eux avant de connaître leur sort.

On apprenait jeudi qu'environ 700 employés d'Environnement Canada sont menacés de perdre leur poste. Le ministère s'apprête en effet à réduire ses effectifs pour baisser les dépenses fédérales.

Selon des représentants syndicaux, ce sont 776 emplois qui seront éliminés, soit environ 11 % des effectifs du ministère. Un chiffre que conteste toutefois John Morris, un porte-parole du ministère de l'Environnement, selon qui 476 employés seront réaffectés à d'autres tâches au sein du ministère.

Selon M. Morris, 300 employés se trouveront sur une « liste de surplus » et se verront offrir un autre emploi à Environnement Canada, dans un autre ministère ou alors ils seront libérés de leur fonction.

Le ministère affirme que cette liste sera dévoilée d'ici 90 jours et les employés auront un certain temps pour accepter les propositions d'emploi. Une situation qui sème le doute chez le président du Syndicat des travailleurs de l'environnement, Bill Pynn, selon qui peu de fonctionnaires retrouveront un emploi. « Les départements ne seront pas capables d'absorber les employés d'Environnement Canada », a-t-il estimé.

Ces coupes remettent d'ailleurs en cause la capacité du ministère à poursuivre son mandat, selon M. Pynn. « Je pense que ça en dit long sur la priorité de ce gouvernement en ce qui concerne l'environnement, a-t-il affirmé au Toronto Star. Pour être honnête, je ne sais pas comment ils vont gérer cela. »

Le ministère attribue les coupes dans les programmes au plan d'austérité budgétaire du gouvernement, selon une lettre envoyée à l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada citée par le journal. « Il y a aura un impact sur le maintien des postes existants à Environnement Canada », peut-on lire dans cette lettre. Le ministère dit s'attendre à devoir continuer à se serrer la ceinture durant les « deux prochaines années ».

Toutefois, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a expliqué que les coupes au ministère de l'Environnement ne faisaient pas partie de l'Examen stratégique des dépenses du gouvernement. Dans le cadre de cet exercice, le gouvernement de Stephen Harper a demandé à tous les ministères et organismes de proposer des scénarios permettant des économies de 5 à 10 % de leur budget. D'autres compressions pourraient donc suivre.

« C'est une décision d'Environnement Canada. Ce n'est pas une décision de notre plan », a déclaré M. Clement, jeudi, lors d'une conférence de presse où il annonçait la création d'une agence pour réduire les dépenses et renforcer la sécurité en matière de technologies au sein de l'appareil gouvernemental.

Nycole TurmelAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nycole Turmel, chef intérimaire de l'opposition officielle à Ottawa

L'opposition fustige le gouvernement

La chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Nycole Turmel, a reproché au gouvernement conservateur son « manque de vision », estimant que « s'il y a bien un milieu, un endroit qu'on devrait être proactif plutôt que couper, c'est bien à cet endroit [l'environnement] ».

« C'est intéressant de noter qu'on coupe dans des endroits qui sont très importants comme l'environnement et les programmes sociaux et qu'en même temps, on donne des congés aux grandes compagnies », a-t-elle souligné.

La députée néo-démocrate de Rivière-des-Mille-Îles, Laurin Liu, abonde dans le même sens que sa chef, affirmant que « les Canadiens veulent un gouvernement qui est responsable en matière de finances, mais je ne pense pas que c'est un secteur [l'environnement] dans lequel les Canadiens veulent voir des coupes ».

Le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, y est allé d'une charge beaucoup plus frontale à l'encontre du gouvernement de Stephen Harper, l'accusant de provoquer « la plus importante dette écologique » de l'histoire du Canada par l'accumulation de ses décisions en matière d'environnement.

« On est en train de faire la preuve que les pires craintes que les gens avaient à l'égard des conservateurs sont en train de s'avérer », a-t-il déclaré. « On est en train carrément de s'attaquer à la capacité d'avoir de l'information objective et scientifique. Donc moins on a de l'information scientifique, moins on aura besoin d'agir », a ajouté M. Mulcair.

Le Parti libéral du Canada a aussi dénoncé ces compressions par le biais de sa porte-parole en matière d'Environnement, la députée d'Etobicoke-Nord, Kirsty Duncan.

Qualifiant cette décision « d'imprudente », Mme Duncan estime que « la protection de notre environnement fragile et le développement d'une économie verte solide ne sont pas une priorité des conservateurs ».

« Ces coupes massives sont tout simplement alarmantes et elles aboutiront à une capacité réduite d'évaluer certaines questions scientifiques telles que la qualité de l'air, les changements climatiques et la qualité de l'eau, et pourraient éventuellement mener à des décisions politiques mal informées », s'inquiète Mme Duncan.

Une opinion que partage la chef du Parti vert du Canada et députée de Saanich-Gulf Islands, Elizabeth May, qui a qualifié de « sauvages » les compressions à Environnement Canada tout en se demandant comment le ministère pourra « exécuter son mandat avec la perte d'une grande partie de ses effectifs ».

Mme May s'insurge contre la réaffectation des spécialistes du ministère à d'autres tâches : « À quoi cela peut-il bien servir de licencier des gens, dont les compétences et l'expertise sont vitales, si on les garde sous d'autres conditions? Pourquoi prendre le risque de perdre des professionnels aussi hautement qualifiés? » se demande-t-elle dans un communiqué publié sur le site web du Parti vert.

« Nous craignons que ces compressions affectent d'autres ministères. Cette nouvelle série de mises à pied devrait faire l'objet d'un suivi parlementaire », ajoute Mme May.

En juin dernier, Elizabeth May avait déjà dénoncé le non-renouvellement des contrats de 46 employés d'Environnement Canada impliqués dans la recherche sur les changements climatiques.

Environnement Canada appelé à faire sa part

Les représentants des syndicats ont été avisés officiellement mercredi de compressions imminentes au sein d'Environnement Canada.

Selon le quotidien Toronto Star, le président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Gary Corbett, s'est dit surpris par l'ampleur des réductions imposées et tente maintenant d'obtenir des renseignements sur les programmes concernés.

Le syndicaliste, qui représente 227 des employés touchés, est l'un de ceux qui doutent de la capacité du ministère à poursuivre son travail après des réductions d'effectifs d'une telle ampleur. « Nous sommes inquiets d'un point de vue scientifique. Nous avons besoin de savoir ce que fera le gouvernement », a déclaré au journal M. Corbett.

Le porte-parole du ministère John Morris a justifié les coupes, affirmant que si les conservateurs avaient reçu « un mandat fort » le 2 mai dernier, c'était notamment pour équilibrer le budget fédéral d'ici 2014-15 comme il l'a promis.

« Bien que difficile, cette décision permettra à notre gouvernement de continuer à investir dans la qualité de l'air et dans un environnement plus sain pour les Canadiens », a déclaré M. Morris, précisant que le ministère compte autant d'employés que lorsque les conservateurs ont pris le pouvoir en 2006.

Le Toronto Star précise que la liste des personnes affectées comprend deux biologistes, sept chimistes, 45 informaticiens, 37 ingénieurs, 19 météorologues et 92 spécialistes des sciences physiques.

Avec les informations de La Presse canadienne

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