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La famine s'étend à trois nouvelles régions de la Somalie

Réfugiés somaliens

Des milliers de réfugiées affluent chaque jour à Mogadiscio.

Photo : AFP / MUSTAFA ABDI

Radio-Canada

L'Organisation des Nations unies (ONU) a décrété mercredi l'état de famine dans trois nouvelles régions du sud de la Somalie, pays le plus touché par la sécheresse qui sévit dans la Corne de l'Afrique. Ces zones s'ajoutent aux deux régions déjà déclarées en état de famine par l'ONU le mois dernier, où l'aide humanitaire peine toujours à être acheminée.

Les trois nouvelles régions sont « le site de déplacés du corridor d'Afgooye, la communauté de déplacés de Mogadiscio, dans les sept districts de la ville, ainsi que les districts de Balaad et d'Adale dans le Moyen Shabelle », a indiqué Graine Moloney, chef de la cellule Sécurité alimentaire et analyse de la nutrition (FSNAU) pour la Somalie. Dans ces trois zones, la prévalence de la malnutrition aiguë et les taux de mortalité ont franchi les seuils de la famine depuis le début de cette semaine.

Dans le seul corridor d'Afgooye, quelque 409 000 Somaliens sont rassemblés sur cette bande de terre d'une trentaine de kilomètres de long parsemée de maisons délabrées au nord-ouest de la capitale Mogadiscio. Il s'agit du « plus important site de déplacés au monde », souligne Graine Moloney, qui redoute que la situation empire.

L'ONU n'est en effet guère optimiste. Dans un communiqué publié mercredi, les Nations unies constatent que « malgré une attention plus importante ces dernières semaines, la réponse humanitaire actuelle reste inadéquate ».

En raison des restrictions d'accès et des difficultés pour accroître les programmes d'assistance d'urgence, mais aussi à cause de financements insuffisants, « la famine pourrait s'étendre à toutes les régions du sud de la Somalie dans les quatre à six semaines à venir », avertit la chef des opérations humanitaires des Nations unies, Valerie Amos.

La communauté internationale est en train d'être dépassée par une crise dont l'escalade échappe au contrôle

Elise Ford, de l'ONG britannique Oxfam

La crise humanitaire qui frappe la Somalie est accentuée par les difficultés rencontrées par les différents organismes qui tentent de venir en aide aux 2,2 millions de Somaliens qui risquent de mourir de faim dans les prochaines semaines.

Les Shabab, principal obstacle à l'aide humanitaire

Au sud du pays, les Shabab ont interdit en 2009 l'accès de leur territoire aux agences humanitaires de l'ONU et à de nombreuses ONG. Ces restrictions figurent parmi « les plus strictes au monde » pour les humanitaires, selon un récent rapport des Nations unies, qui désigne les Shabab comme « le principal obstacle » à la délivrance d'aide. Ces derniers nient tout simplement la famine.

Une vingtaine d'ONG internationales - parmi lesquelles Action contre la Faim (ACF), Médecins sans Frontières (MSF), Danish Refugee Council (DRC), Norwegian Refugee Council (NRC) -parviennent toutefois à opérer en zone Shabab. Mais l'aide qu'elles acheminent sur place ne répond qu'à un pourcentage très réduit des besoins.

Les combats reprennent à Mogadiscio

Plusieurs responsables de la sécurité dans la région s'inquiètent d'un possible regain des combats sur les lignes de front situées au sud et au centre de la Somalie. L'intensification récente des mouvements de troupes des milices progouvernementales et des insurgés laisse présager une reprise des affrontements.

Cette recrudescence des combats a déjà touché Mogadiscio ces derniers jours, où les troupes de l'Union africaine ont lancé une offensive contre les positions Shabab, officiellement pour y faciliter l'accès humanitaire. « Notre capacité à distribuer une aide si nécessaire a été entravée par les combats en cours dans la capitale somalienne », déplorait ainsi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), qui soulignait mardi que plus de 100 000 réfugiés somaliens ont rejoint Mogadiscio ces derniers mois, en dépit des échauffourées.

Situation tendue au Kenya

La situation n'est pas plus satisfaisante dans les zones épargnées par les combats ou les restrictions d'accès. L'afflux massif de réfugiés excède largement les capacités d'accueil du complexe de Dadaab, dans l'est du Kenya, où 380 000 personnes sont recueillies et hébergées dans des conditions sanitaires très difficiles.

Les familles qui fuient des régions privées d'assistance arrivent sur place exténuées. Elles sont souvent contraintes de marcher des semaines pour traverser la frontière et quand elles atteignent les camps de réfugiés, elles sont souvent vulnérables aux maladies.

Une conférence des donateurs reportée de deux semaines

Une conférence de donateurs destinée à récolter de l'argent pour les victimes de la famine en Somalie a été reportée d'au moins deux semaines, a annoncé mercredi une responsable de l'Union africaine.

Initialement cette réunion devait avoir lieu mardi 9 août, en présence de dirigeants africains et d'organisations internationales. Mais une conseillère de l'Union africaine, a affirmé que la conférence n'avait pas été programmée suffisamment à l'avance et que plusieurs chefs d'État n'auraient pu y participer.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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