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L'extrême droite mise à l'avant-plan en Europe

La police de Munich présente des preuves lors d'une conférence de presse le 10 septembre 2003.

La police de Munich présente des preuves lors d'une conférence de presse le 10 septembre 2003.

Photo : AFP / Joerg Koch

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les idées islamophobes et antimarxistes prônées par le suspect du double attentat en Norvège ont mis en avant-plan un débat portant sur l'extrême droite et ont rapidement provoqué un amalgame avec plusieurs partis politiques des pays scandinaves.

Depuis une quinzaine d'années, une droite dure a pris naissance dans les pays nordiques, prônant essentiellement l'anti-immigration, l'islamophobie et la défense d'un État-providence. Ses défenseurs craignent notamment une perte d'identité telle qu'ils la connaissent.

« Anders Behring Breivik est bien sûr seul dans son extrémisme, dans ses crimes. [...] Mais il évolue dans un contexte sociopolitique [...] il ne sort pas de nulle part », indique la directrice du Centre antiraciste à Oslo, Kari Helene Partapuoli, citée par l'AFP.

Depuis les années 80, les pays nordiques servent de refuge à des centaines de milliers d'immigrés, notamment en provenance de zones de conflit comme l'ex-Yougoslavie, la Somalie ou le Kurdistan.

À Oslo, en 2010, Mohammed a été le prénom le plus donné
aux nouveau-nés.

Après la guerre en Irak en 2003, la Suède a accueilli plus de réfugiés irakiens que tous les grands pays d'Europe réunis, rapporte l'Autorité des migrations.

Aujourd'hui, la proportion de personnes nées à l'étranger a dépassé les 10 % en Suède et en Norvège et se situe autour de 8 % au Danemark. Le pourcentage grimpe à 27 % à Oslo et à plus de 80 % dans certaines banlieues suédoises, selon des estimations officielles.

Amorcé au Danemark à la fin des années 90, l'essor de la droite populiste prônant une politique anti-immigration n'a toutefois pas provoqué du même coup une ascension de la xénophobie. « Au contraire, il a parfois diminué », soutient une politologue à l'Université de Göteborg, Ulf Bjereld.

La droite politique se défend

Anders Behring Breivik a adhéré au parti du Progrès norvégien pendant plusieurs années, avant de le quitter parce qu'il le trouvait trop modéré. Le parti populiste de droite est maintenant devenu le deuxième parti du pays et a récolté 23 % des voix aux dernières élections.

Au Danemark, depuis 2011, le gouvernement minoritaire libéral-conservateur repose son pouvoir sur son alliance avec le Parti du peuple danois (PPD), qui souhaite notamment rétablir un contrôle douanier permanent aux frontières.

Les Démocrates de Suède, dont le slogan « garder la Suède suédoise » parle de lui-même, sont implantés au Parlement depuis septembre. Puis, sept mois plus tard, les nationalistes « Vrais Finlandais » ont récolté 19 % des voix en Finlande.

Selon des experts, l'extrême droite est tellement devenue ancrée dans les pays nordiques que le terme ne lui convient plus.

Elle fait maintenant partie du courant dominant, alors que le côté radical du mouvement « est émietté, sans réelle structure », souligne un spécialiste français des pays scandinaves, Cyril Coulet.

Tous partis confondus ont rejeté les critiques soulevées envers eux après le massacre en Norvège et ont tenu à prendre leurs distances des actes radicaux d'Anders Behring Breivik. Même si leurs programmes se rapprochent des propos et des idées véhiculées par le suspect, ils déplorent l'amalgame avec le double attentat fait par les responsables de gauche.

Le spécialiste de l'extrême droite et chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Jean-Yves Camus, tient quant à lui à mettre un bémol.

« Il faut se poser la question de la responsabilité de ces idées qui, depuis dix ans, présentent l'Europe comme un continent en voie d'islamisation et tous les musulmans comme des ennemis de l'Occident », estime-t-il, ajoutant que leurs idées peuvent encourager des comportements radicaux.

Avec les informations de Agence France-Presse

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