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Double attentat : la Norvège pleure ses morts et tente de tirer des leçons

Allocution du premier ministre Jens Stoltenberg

Allocution du premier ministre Jens Stoltenberg

Photo : AFP / ODD ANDERSEN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Norvège endeuillée a rendu hommage dimanche aux victimes des deux attentats de vendredi, dont le dernier bilan s'élève à 93 morts et 96 blessés.

La famille royale, le chef du gouvernement et de nombreux dignitaires ont assisté à une messe célébrée à la cathédrale d'Olso à la mémoire de ceux qui ont péri dans l'explosion et la fusillade. L'édifice était comble et des centaines de personnes étaient réunies à l'extérieur.

« Nous sommes rassemblés sous les signes du deuil et de l'espoir », a déclaré l'évêque d'Oslo, Ole Christian Kvarme, devant le parterre de dirigeants vêtus de noir.

Le premier ministre Jens Stoltenberg a estimé que « chacune des victimes [était] une tragédie », indiquant que les noms et les photographies des morts seraient bientôt publiés.

« L'ampleur du mal émergera alors », a poursuivi le chef du gouvernement d'une voix étranglée par l'émotion. « Nous sommes un petit pays, mais nous sommes un peuple fier », a-t-il ajouté, précisant que la Norvège « n'abandonnera jamais ses valeurs ».

Au premier rang, Eskil Pedersen, le chef rescapé des jeunes militants du Parti travailliste au pouvoir, laissait couler ses larmes.

Nombreux sont ceux qui ont tenu à dire être venus pour montrer leur solidarité. « Je suis triste, très triste. Je ne peux pas imaginer que cela arrive en Norvège », a laissé tomber devant la cathédrale Aline De Luna, Philippine d'origine qui habite en Norvège depuis 23 ans.

Familles et amis pleurent les disparues, lors d'une cérémonie à la cathédrale d'OsloAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Familles et amis pleurent les disparues, lors d’une cérémonie à la cathédrale d’Oslo

Photo : AFP / ODD ANDERSEN

Le tireur avait pris pour cible quelque 600 jeunes travaillistes réunis sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo, tuant 86 d'entre eux. Le bilan pourrait encore s'alourdir, quatre personnes étant toujours portées disparues.

Sept autres personnes sont mortes dans l'attentat à la voiture piégée qui s'est produite quelques heures auparavant dans la capitale, à proximité du siège du gouvernement.

Le suspect veut comparaître en uniforme

Le suspect, Anders Behring Breivik, a reconnu avoir perpétré les deux attaques et affirmé avoir agi seul dans un geste planifié de longue date. Il a cependant refusé d'admettre le « caractère criminel » de ses actes, a précisé le chef de la police d'Oslo, Sveinung Sponheim.

Anders Behring BreivikAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anders Behring Breivik

Photo : AFP / Facebook

Le suspect doit comparaître devant la justice lundi. Le tribunal décidera alors s'il maintient l'homme en détention dans l'attente de son procès.

En entrevue à la radio-télévision nationale NRK, l'avocat du Norvégien de 32 ans a déclaré que son client souhaitait une audience publique et comparaître en uniforme.

« Il a deux souhaits: le premier est que l'audience soit publique et le second est qu'il puisse être vêtu d'un uniforme », a déclaré l'avocat, Geir Lippestad.

Le suspect doit comparaître à 13 h, heure locale (soit 7 h, heure avancée de l'Est). Une heure avant la comparution, une minute de silence sera observée à travers la Norvège en mémoire des victimes.

Plus tôt, l'avocat avait expliqué à NRK la principale motivation avancée par son client pour les attentats.

« Il voulait un changement dans la société et, de son point de vue, il fallait forcer [ce changement] par une révolution », a déclaré Me Geir Lippestad. « Il souhaitait attaquer la société et la structure de la société », a-t-il ajouté, confirmant qu'il avait passé plusieurs années à écrire un manifeste de quelque 1500 pages.

Le document a été publié le jour même des événements, a confirmé la police, qui a par ailleurs refusé de certifier l'identité de son auteur. Intitulé 2083 - A European Declaration of Independence, il est signé « Andrew Berwick », une apparente anglicisation du nom de l'accusé.

Le texte, qui constitue une déclaration de « guerre préventive » à « toutes les élites marxistes/multiculturalistes de l'ouest de l'Europe », laisse entendre qu'une attaque est imminente.

Il assure aux « multiculturalistes » et « artisans de l'islamisation » qu'ils seront punis pour leurs « actes de trahison ». Il fait une allusion directe à la rencontre des militants de la jeunesse travailliste à Utoeya et décrit comment s'y infiltrer.

Afin de forcer avec succès la censure des médias marxistes/multiculturalistes, nous sommes forcés d'employer des opérations beaucoup plus violentes et spectaculaires.

Une citation de :Anders Behring Breivik
Des Norvégiens rendent hommage aux victimes des attaques, à Oslo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Norvégiens rendent hommage aux victimes des attaques, à Oslo.

Photo : AFP / Odd Andersen

Le père du présumé tueur sous le choc

Le père du suspect a dit avoir subi en choc en voyant la photo de son fils dans les journaux. Jens Breivik, un retraité qui vit en France, a affirmé qu'il ignorait tout des activités de son fils, avec lequel il n'a plus de contact depuis 1995.

Je suis sous le choc, c'est absolument terrible d'entendre ça.

Une citation de :Jens Breivik, père du suspect

M. Breivik a indiqué avoir divorcé de la mère d'Anders Behring Breivik peu après sa naissance, et n'avoir eu avec lui que quelques contacts durant son enfance.

Les policiers retardés

L'intervention des policiers sur l'île à 45 km de la capitale a été retardée par des problèmes qu'ils ont éprouvés avec un bateau « trop petit » qu'ils ont voulu utiliser pour traverser le lac Tyrifjorden.

« Lorsqu'un grand nombre de personnes et du matériel se sont retrouvés sur l'embarcation, elle a commencé à prendre l'eau, et son moteur s'est arrêté », a expliqué Erik Berga, chef des opérations de police dans le secteur de Buskerud.

Le chef de la police de Hoenefoss a assuré que les agents avaient fait aussi vite qu'ils pouvaient. « Je demande à ce que l'on comprenne qu'il faut du temps pour dépêcher une unité spéciale, a affirmé Sissel Hammer. Les agents doivent être avertis, doivent revêtir leur tenue pare-balles, s'armer et partir. »

De son côté, le chef de la police d'Oslo a défendu son choix de se rendre en voiture plutôt qu'en hélicoptère. « Nous aurions dû faire venir un hélicoptère d'une base située [50 à 60 km] au sud d'Oslo et cela aurait pris plus de temps », a soutenu Sveinung Sponheim.

Selon des temps révisés, la police a mis une heure à intervenir après avoir été avertie de la fusillade. Les premiers coups de feu lui ont été communiqués à 17 h 27 locales (15 h 27 GMT). Des agents sont arrivés au bord du lac à 17 h 52, mais ils ont dû « attendre un bateau solide ». L'unité spéciale venue d'Oslo est arrivée sur le quai à 18 h 09. Il lui a fallu 16 minutes pour arriver sur Utoeya et encore deux minutes avant que le tireur ne se rende, à 18 h 27, sans opposer de résistance.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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