•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Manifestation contre le gaz de schiste
Radio-Canada

Des citoyens de Rogersville, au Nouveau-Brunswick, se mobilisent contre l'exploitation du gaz de schiste avec l'appui d'un ancien travailleur de cette industrie.

Ce travailleur, Maxime Daigle, est retourné vivre dans la région de Rogersville après avoir exercé le métier de foreur dans l'Ouest canadien pendant une dizaine d'années.

Il a vu de près des puits de gaz de schiste. Il affirme que le fluide utilisé dans ces installations est suffisamment corrosif pour ronger les semelles et les lacets des bottines des travailleurs lors d'un quart de 12 heures. Fort de son expertise, M. Daigle prête main-forte aux citoyens de Rogersville.

« Je suis là pour expliquer comment ça va aller, comment il va y avoir des échappements. Tu ne peux pas garantir avec des règlements qu'on va pouvoir être sûr qu'il n'y aura pas d'impact », souligne Maxime Daigle.

Un souci de tous les instants

Les explications de cet ex-foreur sont les bienvenues à Rogersville. Depuis que l'entreprise texane Southwestern Energy a approché les citoyens de ce village, en février, le mot « schiste » leur cause bien des soucis.

« Tu penses à ça avant de tomber endormi et c'est la première affaire qui te viens à l'idée quand tu te réveilles. Ça fait que c'est grave », affirme Éva Pitre, une citoyenne.

« Mes petits-enfants, c'est pour eux que je travaille. Dans quatre ou cinq ans, je ne serai plus là. Eux, ils seront encore là dans les prochains 75 ans. C'est pour eux qu'il faut prendre garde », ajoute Gérald Pitre, un citoyen.

Les citoyens craignent la contamination de l'air et de l'eau potable. Par-dessus tout, ils se sentent impuissants face à l'arrivée de foreuses et de machinerie lourde dans leur collectivité. Bien que l'intérêt pour leur sous-sol soit encore récent, certains ont l'impression que Southwestern Energy a déjà causé des torts irréparables.

Une fois qu'on aura fait des explosifs dans la région et qu'on aura brisé les puits, les veines d'eau, on ne peut plus rien faire. Ça ne se répare pas.

Colombe Cormier, une citoyenne

Les craintes des gens croissent au rythme des forages et des tests sismiques. Des bâtons de dynamite ont été disposés à une cinquantaine de mètres de profondeur la semaine dernière dans la terre de Gérard Arsenault.

Gérard Arsenault et sa femme ont signé les papiers de la Southwestern Energy. Ils expliquent qu'ils croyaient que l'entreprise ne voulait que prélever des échantillons. Ils ajoutent qu'ils n'auraient jamais donné leur accord pour des explosions sismiques à la profondeur des nappes d'eau potable.

Au cours des dernières semaines, les résidents de la région de Rogersville n'ont pas ménagé leurs efforts. Ils ont tenu des réunions d'information, ils ont distribué des pancartes et visité des lieux de forage.

« Je pense avoir rarement vu anglophones, francophones, Autochtones, Blancs et aucune différence. Tout le monde a la même idée, c'est de dire non au gaz de schiste », résume Colombe Cormier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Acadie

Énergies renouvelables