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Manon Barbeau plaide la cause du Wapikoni mobile auprès d'Ottawa

La fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile, la cinéaste Manon Barbeau
La fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile, la cinéaste Manon Barbeau
Radio-Canada

La fondatrice et directrice générale du Wapikoni mobile, la cinéaste Manon Barbeau, demande à la ministre fédérale Diane Finley de revenir sur sa décision d'annuler une importante subvention.

Le Wapikoni mobile devra réduire ses activités après la perte d'une subvention de 490 000 $ du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, une nouvelle dont l'organisme aurait eu connaissance il y a près de trois semaines.

Le studio ambulant parcourt plus d'une douzaine de communautés autochtones du Québec pour y encourager la créativité audiovisuelle et musicale chez les jeunes.

« C'est une bouée, une bouffée d'oxygène [pour les jeunes]. On a une responsabilité morale envers eux, on a créé des besoins et ils nous attendent », a-t-elle souligné en entrevue à RDI.

Elle a expliqué que « les visages se défont » lorsque les jeunes apprennent la nouvelle, étant donné qu'il y a peu d'activités dans les communautés où ils vivent.

« Ça les motive à se réinscrire à l'école », soutient-elle.

Une décision contestée

Précisant que le projet avait été recommandé par Service Canada, Mme Barbeau croit qu'il a été bloqué par quelqu'un qui le « connaît mal », rappelant que Wapikoni recevait cette subvention depuis six ans.

La raison invoquée par Ottawa serait le nombre insuffisant d'emplois créés par le projet. La ministre ne répond pas aux appels de Mme Barbeau.

La disparition de la subvention contraint l'organisme à diminuer les semaines de travail de certains employés, annulant même 17 contrats de travail accordés à des Autochtones.

Le festival Présence autochtone, qui présentera en août, à Montréal, 15 courts métrages réalisés grâce à Wapikoni, condamne la décision d'Ottawa.

« J'ai vu des jeunes qui étaient vraiment des candidats au suicide, des gens dont l'horizon était complètement bouché et qui grâce aux activités du Wapikoni mobile se sont découvert des talents, des amis et qui se sont fait des liens dans des festivals au Québec et dans le monde, et qui se sont épanouis », a souligné le président du festival, André Dudemaine.

Une initiative unique en son genre

Fondé par la cinéaste Manon Barbeau il y a sept ans, ce studio cinématographique et musical se rend chaque année dans une douzaine de réserves de la province.

Les jeunes de ces communautés apprennent à se servir des outils technologiques pour créer des courts métrages et des pièces musicales grâce à des ateliers pratiques de création vidéo et musicale adaptés à leur réalité.

À l'été 2010, une subvention de 300 000 $ du ministère de la Culture et des Communications du Québec avait permis au Wapikoni mobile de renouveler ses équipements techniques et de remplacer un de ses deux studios ambulants aménagés dans d'anciennes roulottes.

Des caméras vidéo HD, de l'équipement de prise de son et de montage ainsi qu'une nouvelle autocaravane avaient été achetés avec cette somme.

Le Wapikoni mobile est soutenu par de nombreux partenaires dont le Secrétariat aux affaires autochtones, les Affaires indiennes et du Nord du Canada, le CALQ, le Conseil des arts du Canada, Téléfilm Canada et la Fondation J. Armand Bombardier.

Manon Barbeau, directrice-fondatrice du Wapikoni mobile, et le rappeur algonquin Samian, porte-parole de l'organisme.Manon Barbeau, directrice-fondatrice du Wapikoni mobile, et le rappeur algonquin Samian, porte-parole de l'organisme. Photo : Luc Lavigne

Le projet ambulant a permis à plusieurs jeunes participants de se tailler une place dans l'univers de la musique et de la vidéo.

C'est notamment le cas du rappeur algonquin Samian, 27 ans, qui a réalisé ses premiers vidéoclips avec l'organisme en 2004 et qui est aujourd'hui le porte-parole de Wapikoni mobile. « Ce projet-là m'a littéralement sauvé la vie », avait-il lancé en 2010.

Depuis 2004, près de 2000 jeunes autochtones ont réalisé 450 vidéos et courts métrages. De l'Abitibi-Témiscamingue à la Côté-Nord, les deux studios mobiles parcourent près de 7500 kilomètres par saison.

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