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Le Soudan du Sud dans le concert des nations

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Assemblée générale des Nations unies a formellement admis le Soudan du Sud dans ses rangs jeudi. Le pays devient le 193e à se joindre au concert des nations, et le premier depuis que le Monténégro a accédé à l'indépendance, en 2006.

La délégation du Soudan du Sud reçoit les félicitations d'usage après le vote de l'Assemblée générale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La délégation du Sud-Soudan reçoit les félicitations d'usage après le vote de l'Assemblée générale.

Photo : AFP / Stan Honda

Le vote n'était qu'une formalité, puisque les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient unanimement « recommandé » l'admission du Soudan du Sud, mercredi. Le pays a lui-même proclamé son indépendance samedi, devant des dizaines de milliers de personnes en liesse.

« Bienvenue au Soudan du Sud. Bienvenue dans la communauté des nations », a lancé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

« Tous ceux qui ont subi la longue guerre civile. Tous ceux qui ont perdu tant d'êtres aimés. Tous ceux qui ont quitté leur maison et fui leur communauté, tous ceux qui ont gardé espoir vivent aujourd'hui un moment historique », a-t-il dit.

Au sujet des relations entre le Nord et le Sud, M. Ban Ki-moon a souligné que « le bien-être et la prospérité de chacun dépend de l'autre. Le Sud et le Nord partagent un destin commun. Ils doivent envisager l'avenir comme partenaires, et non comme en rivaux ».

Mercredi, M. Ban a déclaré que les difficultés ne faisaient que commencer pour le Soudan du Sud. « Les institutions gouvernementales sont faibles, il y a d'énormes défis sur tous les fronts, que ce soit en matière de services sociaux, de santé ou d'éducation », a-t-il observé.

« Comme tout nouveau-né, le Soudan du Sud a besoin d'aide. Le rôle de l'ONU sera vital », avait expliqué le secrétaire général de l'organisation. « L'ONU doit être au centre, la direction du Conseil de sécurité sera cruciale dans les mois et années à venir », a-t-il dit.

Ce vote constitue l'ultime aboutissement du processus d'accession à l'indépendance qui avait été lancé par les accords de paix de 2005. L'entente a mis un terme à un demi-siècle de conflit entre le Nord musulman et le Sud chrétien et animiste.

Ces affrontements ont fait 2 millions de morts.

En janvier, la population du Soudan du Sud a voté à 98,83 % en faveur de la sécession. Seuls 44 888 des 3 837 406 suffrages exprimés appuyaient le maintien de l'unité avec le Nord. Ce vote, prévu par l'accord de 2005, a été reconnu par Khartoum.

Des changements de citoyenneté

Le Parlement du Soudan a voté en deuxième lecture mercredi une loi qui prévoit « le retrait automatique de la nationalité soudanaise à toute personne obtenant la nationalité de l'État du Soudan du Sud », selon l'agence Suna.

La troisième et dernière lecture, qui devrait n'être qu'une formalité, aura lieu lundi prochain. Selon le conseiller du président Omar El-Béchir, Nafie Ali Nafie, une période de transition de neuf mois entrera ensuite en vigueur.

Khartoum avait exclu la possibilité de reconnaître la double nationalité pour les sudistes résidant dans le Nord après l'indépendance. Les employés originaires du Sud embauchés dans le secteur public avaient jusqu'au 8 juillet pour plier bagage.

Au total, 360 000 Sudistes ont choisi d'aller vivre dans leur nouveau pays depuis octobre dernier, mais 1 million d'autres demeurent au Nord, selon des chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Plus de 99 % des Sudistes ont dit oui à l'indépendance, mais cette proportion n'a été que de 58 % parmi ceux vivant au Nord.

Par ailleurs, le ministre des Télécommunications, Madut Biar Yel, a annoncé que le nouveau code téléphonique du pays sera le 211, étant donné que l'indépendance du pays a été proclamée en 2011. Ce code devrait être en fonction dans six mois.

Un charnier au Kordofan du Sud?

Un charnier aurait été découvert dans la région de Kadougli, dans l'État soudanais du Kordofan du Sud, frontalier du Soudan du Sud.

Selon des témoins du Satellite Sentinel Project (SSP), un projet initié par l'acteur américain George Clooney, les cadavres d'une centaine de personnes tuées dans des combats ont été transportés le 8 juin du marché de Kadougli et des villages proches d'El Gardoud et de Tilo et ils ont été jetés dans des fosses à moins d'un kilomètre du collège de Tilo.

Or le 4 juillet, trois fosses d'environ 26 mètres sur 5 étaient visibles à moins d'un kilomètre du collège, selon le SSP.

Le Kordofan du Sud, seul État pétrolier du Soudan, a été un champ de bataille pendant la guerre civile entre le Nord et le Sud. Des affrontements y opposent depuis le 5 juin l'armée du Nord à des membres de l'ancienne armée rebelle sudiste au Kordofan du Sud.

Des chefs religieux et des militants accusent Khartoum de se livrer à un « nettoyage ethnique » touchant les Nuba qui se sont battus du côté des sudistes pendant la guerre civile. Selon l'ONU entre 30 000 et 40 000 personnes ont fui la ville de Kadougli en raison des affrontements.

Avec les informations de Agence France-Presse

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