•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise de la dette: la zone euro veut freiner la contagion

La Bourse de Milan, en Italie.

La Bourse de Milan, en Italie.

Photo : AFP / Damien Meyer

Radio-Canada

Réunis à Bruxelles lundi pour discuter du deuxième plan d'aide à la Grèce, les ministres des Finances de la zone euro se sont dits prêts à prendre de nouvelles mesures pour empêcher que la crise de la dette s'étende à l'Italie ou l'Espagne, ce qui mettrait l'Union monétaire en péril.

Au terme de leur réunion qui a duré huit heures et demie, ils ont promis d'augmenter l'enveloppe de leur fonds de secours financier et de le doter de nouveaux outils.

Mis sur pied l'an dernier après la crise grecque, le fonds, nommé « Facilité européenne de stabilité financière », est actuellement en mesure de prêter un total de 440 milliards d'euros.

Néanmoins, de nombreux économistes croient que ce filet de sécurité ne permettra pas à la zone euro de faire face à des crises de la dette dans d'importants pays comme l'Italie et l'Espagne.

Une autre mesure a été envisagée. Elle consiste à ce que le fonds de secours puisse acquérir des titres obligataires d'un pays en difficulté sur le marché dit « secondaire ». Il s'agit de celui où les investisseurs s'échangent les titres de dette souveraine une fois qu'ils ont été acquis lors de leur émission.

Les ministres ont aussi publié une déclaration pour rassurer les marchés. Ils ont d'abord « réaffirmé leur volonté absolue de préserver la stabilité financière dans la zone euro » et assuré vouloir « améliorer la capacité » de l'Union monétaire « à résister à un risque de contagion ».

Toutefois, les mesures annoncées sont encore floues et il n'est pas assuré qu'elles permettront de rassurer des marchés survoltés.

D'ailleurs, les risques de contagion de la crise de la dette de la Grèce et du Portugal vers d'autres pays ont fait chuter les marchés boursiers de la zone euro lundi.

La Bourse de Milan a clôturé sur une baisse de près de 4 %, alors que la pression s'accentue sur l'Italie en raison de son importante dette qui avoisine les 110 % de son PIB.

Francfort a reculé de 2,3 %, Paris et Madrid de 2,7 %, tandis que l'euro a chuté, tombant brièvement sous 1,40 $US.

La crise de la dette pourrait gagner l'Italie ou même l'Espagne, craignent certains analystes, dont la Banque des règlements internationaux.

Hausse des taux d'emprunt

Les taux d'emprunt espagnols et italiens sur le marché de la dette ont aussi atteint des sommets historiques depuis la création de la zone euro. Les taux espagnols sur 10 ans ont dépassé la barre des 6 %, un niveau jamais atteint depuis 1997. L'Italie, elle, voit son taux augmenter à 5,7 %, un record en 10 ans.

La Banque centrale européenne (BCE) se veut rassurante. Rome est tout à fait capable de rembourser ses dettes, a déclaré lundi le membre italien de la direction de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi.

L'Italie ne fera jamais défaut, c'est un pays riche, tout à fait en mesure de rembourser sa dette.

Lorenzo Bini Smaghi, membre de la direction de la BCE

La chancelière allemande, Angela Merkel, n'a cependant pas hésité à demander au premier ministre italien Silvio Berlusconi de mettre en place le plan de rigueur promis par son gouvernement.

Le poids de l'Italie

À elle seule, l'Italie pèse économiquement deux fois plus que les trois pays qui ont été sauvés à ce jour de la banqueroute, soit la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Économie