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La corne de l'Afrique de nouveau menacée par la sécheresse et la famine

Un enfant souffrant de malnutrition sévère est étendu sur le sol d'un hôpital de Mogadiscio. Ces deux dernières semaines, des milliers de Somaliens ont convergé vers la capitale en raison de la sécheresse.

Un enfant souffrant de malnutrition sévère est étendu sur le sol d'un hôpital de Mogadiscio. Ces deux dernières semaines, des milliers de Somaliens ont convergé vers la capitale en raison de la sécheresse.

Photo : La Presse canadienne / AP/Farah Abdi Warsameh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de familles marchent pendant des jours pour tenter de trouver de la nourriture, dans une région frappée par la sécheresse et la famine, là où les frontières de l'Éthiopie, du Kenya et de la Somalie se rencontrent.

Des centaines de personnes ont déjà perdu la vie, et les images d'enfants souffrant de malnutrition sont de plus en plus courantes.

Même le groupe militant somalien le plus dangereux demande maintenant aux organisations caritatives de revenir, après les avoir chassées de son territoire. Des milliers de têtes de bétail ont été perdues à cause de la soif, et les coûts des aliments dépassent maintenant les maigres moyens de la majorité des familles.

Les organisations humanitaires réclament une aide d'urgence de plusieurs dizaines de millions de dollars. À elle seule, Oxfam demande 80 millions de dollars américains, c'est la campagne africaine la plus ambitieuse de son histoire; l'agence affirme que 12 millions de personnes sont touchées par la faim et qu'au moins 500 Somaliens succombent chaque jour - même si le chiffre réel est probablement nettement plus élevé.

« Deux mauvaises saisons des pluies consécutives, une pauvreté profonde et un manque d'investissements dans les régions touchées poussent 12 millions de personnes à lutter pour leur survie », a expliqué la directrice humanitaire d'Oxfam, Jane Cocking.

Des Somaliens affamés submergent le plus important camp de réfugiés de la planète, dans le Kenya voisin. Quelque 10 000 personnes y arrivent chaque jour, soit six fois plus que la moyenne quotidienne au même moment l'an dernier. Un responsable des Nations unies ajoute que des Somaliens coincés entre la violence et la faim sont victimes d'une « tragédie humaine aux proportions inimaginables ».

L'épicentre de la sécheresse se trouve au point de rencontre entre le Kenya, l'Éthiopie et la Somalie, région de nomades où les familles dépendent lourdement de la santé de leur bétail. L'Ouganda et Djibouti sont aussi touchés. Le groupe ActionAid affirme que certaines régions de la corne d'Afrique connaissent leurs conditions les plus sèches des 60 dernières années.

Le prix des denrées bondit

Le prix des aliments a aussi explosé. Dans la ville somalienne de Baidoa, dit l'ONU, le prix du sorgho était en hausse de 240 %, tandis que celui du maïs jaune progressait de 117 % à Jiiga, en Éthiopie. Et dans la ville kenyane de Mandera, le prix du maïs blanc augmentait de 60 %.

L'agence onusienne pour les réfugiés affirme que les trois camps de Dadaab, au Kenya, hébergent maintenant plus de 382 000 personnes, pendant que des milliers d'autres personnes s'entassent dans des camps de réception à proximité. Plus de 135 000 personnes ont fui la Somalie cette année, dont 54 000 en juin, soit trois fois plus qu'en mai, a dit une porte-parole de l'ONU.

De nombreux enfants somaliens sont si faibles quand ils arrivent aux camps qu'ils meurent moins de 24 heures plus tard, en dépit des soins d'urgence qu'ils reçoivent.

Un porte-parole du groupe militant somalien Al-Chabab a indiqué, mardi, que l'organisme était prêt à négocier le retour d'agences caritatives. Al-Chabab a expulsé ces groupes d'aide en 2009, craignant qu'ils n'hébergent des espions ou qu'ils ne fassent la promotion d'un mode de vie contraire à l'Islam.

L'organisme Save the Children affirme que le quart des enfants dans les régions les plus durement touchées du Kenya souffrent maintenant de malnutrition grave, tandis que les taux de malnutrition atteignent 30 % dans certains secteurs de la Somalie.

Le quart des Somaliens auraient été déplacés à l'interne ou se trouveraient maintenant à l'extérieur des frontières du pays.

Associated Press

Des ONG canadiennes lancent un appel à l'aide

Le site de La Coalition humanitaireCinq des plus importantes organisations caritatives du Canada réclament l'aide de la population et du gouvernement dans le but de stopper cette crise qui menace la vie de 10 millions de personnes.

Regroupées sous la bannière de La Coalition humanitaire, CARE Canada, Oxfam Canada, Oxfam Québec, Plan Canada et Save the Children Canada s'unissent pour fournir de l'eau potable, des vivres et du matériel de construction pour des abris.

Dans un communiqué, Patricia Erb, responsable de Save the Children Canada, écrit que les bébés et les enfants sont particulièrement vulnérables. « Leur survie dépend de nous, les organisations humanitaires, les gouvernements et le public. »

Avec Presse canadienne

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