•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Souveraineté sur l'Arctique : Moscou se prépare à plaider sa cause

Le gouvernement russe compte demander à l'ONU d'élargir ses frontières dans l'Arctique dès l'an prochain, a indiqué mercredi le vice-premier ministre russe, Sergueï Ivanov, selon des propos rapportés par l'agence officielle Itar-Tass.

Le brise-glace canadien Louis-Saint-Laurent, lors d'une mission dans la baie de Baffin à l'été 2008.Le brise-glace canadien Louis-Saint-Laurent, lors d'une mission dans la baie de Baffin à l'été 2008. Photo : PC / Jonathan Hayward

« Je m'attends à ce que l'année prochaine nous transmettions à la commission de l'ONU une demande fondée scientifiquement sur l'élargissement des frontières de notre plateau continental dans l'Arctique », a-t-il déclaré lors d'une réunion d'une commission maritime.

Selon M. Ivanov, une expédition scientifique russe ira d'ailleurs explorer d'ici quelques jours la dorsale de Lomonossov et celle de Mendeleïev afin de prouver qu'elles constituent des extensions de son plateau continental.

La dorsale de Lomonossov s'étale sous l'océan Arctique, entre la Sibérie et le Groenland. Le Canada et le Groenland affirment aussi qu'elle est le prolongement naturel de leurs plateaux respectifs.

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer, adoptée le 10 décembre 1982, accorde à un pays des droits sur une plateforme sous-marine, mais seulement dans la mesure où ce pays peut prouver qu'elle est une « prolongation naturelle » de sa bordure continentale.

Si un pays parvient à faire cette démonstration sur des bases scientifiques, ses droits sur l'exploitation des ressources minérales, énergétiques et biologiques peuvent être étendus de 200 à 350 milles marins (370 km à 650 km) à partir de sa façade maritime.

L'arbitrage sur ces questions incombe à la Commission des limites du plateau continental de l'ONU.

Un territoire hautement convoité

L'affaire risque de faire des mécontents au Canada, mais aussi dans les autres pays riverains de l'océan Arctique, soit les États-Unis, la Norvège, et le territoire danois autonome du Groenland.

Tous convoitent les importantes ressources naturelles de cette zone. Selon les géologues de l'Institut de surveillance géologique des États-Unis, la région est susceptible de contenir 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel non découverts dans le monde.

La Convention de l'ONU sur le droit de la mer donne 10 ans aux pays l'ayant ratifiée pour déposer des revendications sur les fonds marins, au-delà de leur zone des 200 milles marins.

Le Canada ayant signé la convention en 2003, il a jusqu'en 2013 pour présenter ses revendications. La Russie, le Danemark et la Norvège ont aussi signé la convention, mais les États-Unis ne l'ont pas fait.

À la recherche des preuves scientifiques

En août 2007, le Danemark avait aussi lancé une expédition scientifique pour vérifier si la dorsale de Lomonossov était une extension du plateau continental du Groenland.

Au même moment, les États-Unis ont dépêché un brise-glace dans la région pour cartographier leur plateau continental sous-marin.

Un mois plus tôt, des explorateurs russes avaient planté un drapeau russe à 4200 m sous le pôle Nord dans un geste symbolisant ses revendications territoriales.

En septembre 2010, les ministres russe et canadien des Affaires étrangères se sont entendus pour dire qu'il revient à l'ONU de déterminer à qui appartiennent les fonds marins de l'Arctique, potentiellement riches en hydrocarbures.

La semaine dernière, le premier ministre russe Vladimir Poutine a déclaré lors d'un discours télévisé que la Russie demeurait « ouverte au dialogue » avec ses voisins polaires, mais qu'elle défendrait « vigoureusement et avec persistance » ses intérêts dans la région.

Avec les informations de Agence France-Presse

International