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Les Canadiens cèdent le commandement à Kandahar aux Américains

Le commandant des forces canadiennes en Afghanistan, le brigadier-général canadien Dean Milner, prononce un discours durant la cérémonie de transfert des pouvoirs, le 5 juillet 2011.

Le commandant des forces canadiennes en Afghanistan, le brigadier-général canadien Dean Milner, prononce un discours durant la cérémonie de transfert des pouvoirs, le 5 juillet 2011.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rafiq Maqbool

Radio-Canada

Les soldats du Royal 22e Régiment ont remis aux forces américaines le commandement des opérations à Kandahar, mettant un terme à une partie de la mission de combat des Canadiens en Afghanistan.

La responsabilité du commandement dans le district de Panjwayi, à l'ouest de Kandahar, demeurera toutefois entre les mains des Canadiens pour les prochains jours. Le brigadier-général canadien Dean Milner dirigera des troupes de combats américaines.

La grande majorité des militaires canadiens ont déjà quitté le champ de bataille de Kandahar. Seuls quelques soldats serviront encore dans la région afin d'aider les soldats américains.

La cérémonie visant à souligner le transfert des pouvoirs s'est déroulée près de la base de Ma'sum Ghar, dans le complexe des troupes nationales afghanes. Les Canadiens y avaient livré leurs premières batailles en Afghanistan, chassant les insurgés de la région en 2006. La montagne était passée aux mains des troupes canadiennes après des combats dans les districts de Panjwayi et Zhari.

Le lieutenant-colonel Michel-Henri Saint-Louis, qui dirige le 1er Bataillon du Royal 22e Régiment de Valcartier depuis 2009, a précisé que cette base représentait les sacrifices des militaires canadiens depuis les cinq dernières années. « Ma'sum Ghar est symbolique, elle a été au coeur de notre déploiement et témoin de nombre de nos sacrifices », a-t-il déclaré.

Le commandant de l'unité américaine ayant pris la relève des Canadiens, le lieutenant-colonel américain Steve Miller, a indiqué que la région dont il a hérité est beaucoup plus calme qu'il ne s'y attendait.

« Cette zone n'a pas connu la spirale de violence qui a habituellement lieu au printemps, après la récolte du pavot », a-t-il souligné. Selon lui, cette accalmie peut être attribuée au travail des « Van Doos » [les soldats du Royal 22e Régiment], qui ont saisi d'importantes quantités d'armes au cours des six derniers mois.

Le Parlement canadien avait décrété en 2008 la fin de la mission de combat canadienne en Afghanistan, en vigueur dès juillet 2011. Le gouvernement conservateur a ensuite annoncé que 950 militaires canadiens demeureraient dans des régions plus stables jusqu'en 2014, pour une mission d'entraînement des forces gouvernementales afghanes.

Depuis le début de la mission en 2002, 157 militaires canadiens ont été tués en Afghanistan. Le caporal-chef Francis Roy a été la plus récente victime, l'homme de 32 ans ayant été trouvé mort, la semaine dernière, des suites de blessures non liées au combat.

Deux travailleuses humanitaires, un journaliste et un diplomate y ont par ailleurs été tués.

Une décision qui demeure mystérieuse

La mission de combat des Forces canadiennes dans la province de Kandahar a officiellement commencé le 24 février 2006, lorsque les soldats du groupement tactique d'infanterie légère Princess Patricia ont pris la relève de la force opérationnelle américaine Gun Devil.

La décision de déployer des troupes canadiennes à Kandahar, berceau des talibans, avait été annoncée en mai 2005 par le gouvernement libéral du premier ministre Paul Martin. Le processus qui a mené à cette décision a continué d'alimenter la controverse pendant des années.

En décembre 2007, l'ex-premier ministre Jean Chrétien a soutenu que Paul Martin avait été victime de son « indécision » dans ce dossier. Il a laissé entendre que d'autres pays membres de l'OTAN avaient eu le temps de déployer leurs troupes dans d'autres provinces moins sujettes à l'insurrection talibane avant que son successeur ne se décide.

Les troupes canadiennes se préparent à rapatrier leur équipement, à Kandahar, le 4 juillet 2011.

Les troupes canadiennes se préparent à rapatrier leur équipement à Kandahar, le 4 juillet 2011.

Photo : AFP / Shah Marai

Dans une autobiographie publiée en 2008, Paul Martin a nié cette version des faits. Il a écrit qu'il était impossible de déployer les troupes canadiennes plus tôt, parce que les soldats, épuisés par de précédentes missions, avaient besoin d'une pause.

Il a aussi plaidé que Kandahar offrait des avantages logistiques en raison de la proximité de Kaboul, ce qui permettait aux Forces canadiennes de profiter de la chaîne d'approvisionnement installée dans la capitale afghane lors d'une précédente mission.

Dans le livre The Unexpected War: Canada in Afghanistan, les auteurs Eugene Lang et Janice Gross-Stein arguaient plutôt que c'est l'ancien chef d'état-major de l'armée canadienne, Rick Hillier, qui a persuadé Paul Martin d'envoyer des troupes à Kandahar, afin de faire bonne impression auprès des Américains, déçus que le Canada n'ait pas envoyé de troupes en Irak.

Dans son autobiographie, l'ancien chef d'état-major de l'armée canadienne, Rick Hillier, s'est défendu d'avoir joué un rôle prépondérant dans cette décision. Il a soutenu que la décision du gouvernement était déjà prise lorsqu'il est revenu au pays, en 2004, après avoir occupé le poste de commandant en chef des troupes de l'OTAN en Afghanistan.

« Le gouvernement avait déjà fait connaître son intention d'aller dans la province de Kandahar, et les ministères des Affaires étrangères, l'Agence canadienne pour le développement international (ACDI) et le ministère de la Défense nationale avaient déjà entrepris leur planification au moment où je suis revenu au quartier général de la Défense nationale », a-t-il écrit.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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