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Élections en Thaïlande : le parti de Shinawatra remporte la majorité absolue

Yingluck Shinawatra salue les médias à son arrivée au quartier général de son parti, à Bangkok.
Yingluck Shinawatra salue les médias à son arrivée au quartier général de son parti, à Bangkok. Photo: AFP / Nicolas Asfouri

Le parti d'opposition de l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra a remporté dimanche les élections législatives en Thaïlande.

Après le dépouillement de presque tous les bulletins, la formation Puea Thaï de Yingluck Shinawatra, la soeur de l'ancien chef de l'État, obtient 265 députés sur 500, soit la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Il s'agit donc d'un revers pour le Parti démocrate du premier ministre sortant Abhisit Vejjajiva, qui a rapidement reconnu sa défaite. « Le résultat est clair : le Puea Thaï a gagné les élections et les démocrates sont battus », a-t-il déclaré.

« La population m'a donné une chance, je ferai de mon mieux pour le peuple », a pour sa part affirmé Mme Shinawatra, qui deviendra la première femme à prendre les rênes du gouvernement thaïlandais.

« Il y a beaucoup de choses à accomplir pour rendre la réconciliation possible, ouvrant la voie à des fondations solides pour une Nation prospère », a-t-elle ajouté.

La femme d'affaires de 44 ans, que son frère a décrite comme son « clone », n'avait aucune expérience sur la scène politique, il y a moins de deux mois, lorsqu'elle s'est lancée dans l'arène.

Selon les analystes, elle a toutefois mené de main de maître sa campagne qui, comme au cours des trois précédentes élections, a pris l'allure d'un référendum pour ou contre son frère.

L'ex-premier ministre Thaksin ShinawatraL'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra Photo : AFP / Savo Prelevic

L'armée respectera le résultat du vote

L'armée thaïlandaise a indiqué reconnaître et accepter la victoire de l'opposition aux élections législatives et elle n'interviendra pas pour s'y opposer. C'est ce qu'a déclaré à l'AFP le ministre de la Défense sortant, après s'être entretenu avec les dirigeants militaires du pays.

« Oui, j'ai discuté avec les dirigeants militaires. Nous laisserons les hommes politiques travailler, l'armée ne s'en mêlera pas », a affirmé le général Prawit Wongsuwon.

« Le peuple s'est exprimé clairement donc les militaires ne peuvent rien faire. Nous acceptons [le résultat] que pouvons nous faire? », a-t-il ajouté.

Une victoire pour l'ex-premier ministre

Après la publication de sondages à la sortie des urnes qui attribuaient la victoire à sa soeur, Thaksin Shinawatra a appelé tous les partis à respecter les résultats du scrutin.

« J'espère que toutes les parties respecteront la décision du peuple, sinon notre pays ne peut pas parvenir à la paix », a-t-il déclaré en direct sur les ondes de la chaîne TPBS, depuis les Émirats arabes unis.

Chassé du pouvoir par l'armée en 2006, le milliardaire a aussi exprimé son souhait de revenir au pays, mais a dit attendre le bon moment pour le faire. Pour échapper à une condamnation de deux ans de prison pour malversation financière, il vit en exil à Dubaï. La moitié de ses avoirs ont été saisis et il est aussi poursuivi pour terrorisme en raison de son soutien aux manifestations du printemps 2010.

Fidèles à M. Shinawatra, des dizaines de milliers de « chemises rouges » avaient alors protesté pendant neuf semaines dans le centre de Bangkok en exigeant la démission d'Abhisit, avant d'être délogées par l'armée. Les affrontements avaient fait 91 morts et 1900 blessés.

Sa soeur a consolidé ses appuis parmi les « chemises rouges » en faisant campagne contre la collusion entre les démocrates et les militaires. Les 18 coups d'État ou tentatives de putsch en Thaïlande depuis 1932 font craindre une nouvelle intervention de l'armée dans le processus électoral.

Cette victoire du Pheu Thaï n'élimine pas les risques d'une nouvelle crise dans le pays. Les observateurs s'attendaient à ce que des violences éclatent, quelle que soit l'issue du scrutin. Environ 170 000 policiers avaient été déployés pour assurer la sécurité dans les bureaux de vote et pour l'instant, aucune violence n'a été signalée.

Quelque 47 millions de Thaïlandais étaient appelés aux urnes dans un pays où le vote est obligatoire.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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