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Kadhafi menace d'exporter la guerre en Europe

Des milliers de partisans du colonel Kadhafi occupent la Place verte de Tripoli, où un message de leur dirigeant a été diffusé pour marquer les 100 jours du début des frappes de l'OTAN (1er juillet 2011).

Des milliers de partisans du colonel Kadhafi occupent la Place verte de Tripoli, où un message de leur dirigeant a été diffusé pour marquer les 100 jours du début des frappes de l'OTAN (1er juillet 2011).

Photo : AFP / Mahmud Turkia

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Mouammar Kadhafi a juré vendredi de demeurer au pouvoir. Le dirigeant libyen a aussi mis en garde l'OTAN contre les risques auxquels elle s'expose si les bombardements aériens se poursuivent.

« Nous vous conseillons de battre en retraite sous peine de catastrophe. [...] Je vous conseille d'immobiliser vos avions [...] et d'ouvrir des discussions avec le peuple libyen », a-t-il dit dans une déclaration diffusée des milliers de partisans massés sur la Place verte de Tripoli.

Il a conseillé à l'OTAN de discuter directement « avec le peuple libyen et les chefs des tribus » pour trouver à une issue à la situation en Libye, n'ayant « aucune chance de vaincre ce peuple courageux ».

« Vos avions ne sont d'aucune utilité et le largage d'armes à la cinquième colonne dans le Djebel ne servira à rien. Le peuple est souverain et il est maître de son destin. Discutez avec lui d'une sortie de cette crise et je vous aiderai », a-t-il lancé.

Dénonçant le mandat d'arrestation lancé contre lui lundi, par la Cour pénale internationale (CPI), le colonel Kadhafi a menacé d'exporter « la bataille en l'Europe ».

Le peuple libyen est capable de porter un jour la bataille à la Méditerranée et à l'Europe. Il pourrait s'en prendre à vos foyers, vos bureaux et vos familles, qui deviendraient des cibles militaires légitimes puisque vous avez transformé nos bureaux, nos quartiers généraux, nos maisons et nos enfants en cibles militaires que vous considérez comme légitimes. [...] Si nous le décidons, nos sommes capables de nous ruer sur l'Europe tels des criquets ou des abeilles.

Une citation de :Le colonel Kadhafi, dans une allocution relayée par les haut-parleurs de la place Verte à Tripoli

Le colonel Kadhafi, qui parlait d'un lieu tenu secret, a exhorté ses partisans à « marcher sur Misrata et la libérer pouce par pouce, sans recours aux armes. Finissez la bataille rapidement », a-t-il clamé.

« Nous ne quitterons jamais notre pays, nous mourrons pour lui. [...] Le combat se poursuivra jusqu'à la victoire », a déclaré le dirigeant libyen, sous les acclamations de la foule.

Des milliers de Tripolitains et d'habitants des banlieues de la capitale ont défilé tout l'après-midi sur la Place verte avec un drapeau vert de 4 km de long, scandant « Dieu, Mouammar et la Libye ! », ou « Sarkozy, assassin ! ».

Le dirigeant libyen a par ailleurs appelé ses partisans à reprendre les armes larguées par l'armée française aux rebelles, dans son discours diffusé à l'occasion des cent jours du début des frappes aériennes de l'OTAN.

Critiquée par Moscou pour avoir effectué ces livraisons, la France avait toutefois informé l'OTAN et le Conseil de sécurité de l'ONU, a soutenu vendredi le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, en visite à Moscou.

L'Union africaine ne coopérera pas avec la CPI

Au sommet de l'Union africaine (UA) à Malabo, en Guinée équatoriale, les États membres de l'organisation ont décidé qu'ils ne coopéreront pas à l'exécution du mandat d'arrêt lancé par la CPI contre le dirigeant libyen.

Préoccupés par « la manière dont le procureur de la Cour pénale internationale gère la situation », ils demandent au Conseil de sécurité de « mettre en oeuvre les dispositions en vue d'annuler le processus de la CPI sur la Libye ».

Selon l'UA, le mandat d'arrêt « complique sérieusement les efforts visant à trouver une solution politique négociée à la crise en Libye », tel que l'avait mentionné mercredi le président de la commission, le Gabonais Jean Ping.

Écarter Kadhafi des négociations

Le commissaire à la paix et la sécurité de l'Union africaine, Ramtane Lamamra, a par ailleurs déclaré à l'Agence France-Presse que Kadhafi devait être écarté des négociations pour sortir son pays de la crise.

Les chefs d'État se sont mis d'accord sur un « accord-cadre » qui devra être soumis par les médiateurs de l'UA (Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie) au gouvernement de la Jamahiriya libyenne et au Conseil national de transition. Ils proposent de tenir des pourparlers de paix « très prochainement » en Éthiopie, en vue d'un cessez-le-feu et d'une transition vers un pouvoir démocratique.

Le sommet de l'Union africaine à Malabo, en Guinée équatoriale, le 1er juillet 2011.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le sommet de l'Union africaine à Malabo, en Guinée équatoriale, le 1er juillet 2011.

Photo : AFP / STR

Frappes des forces de Kadhafi et de l'OTAN

Après s'être approchés à 80 km de Tripoli, des insurgés libyens ont dû battre en retraite sous les tirs de roquettes des forces pro-Kadhafi, vendredi.

Trois explosions ont par ailleurs retenti dans la capitale. Des colonnes de fumée noire se sont échappées d'une zone avoisinant le complexe fortifié de Bab al Azizia, où serait caché Mouammar Kadhafi, selon un journaliste de l'agence Reuters.

Ces frappes de l'OTAN ont été dépeintes par Kadhafi comme des actes d'agression coloniaux visant à s'approprier le pétrole libyen.

Possibles issues?

Dans une entrevue télévisée diffusée jeudi soir sur France 2, la fille de Kadhafi, l'avocate Aïcha, a déclaré que Tripoli serait prêt à conclure un accord avec les rebelles pour mettre fin aux effusions de sang. « Il y a actuellement des négociations directes et indirectes. Nous oeuvrons pour que cesse de couler le sang des Libyens et, pour cela, nous sommes prêts à nous allier au diable, aux rebelles armés », a-t-elle affirmé.

C'est la première fois que les responsables libyens envisagent de discuter avec les insurgés qu'ils traitaient de criminels.

L'avocate a pourtant exclu l'exil de son père. « Où voulez-vous qu'il parte ? Ici, c'est son pays, sa terre, son peuple, où pourrait-il partir ? », a-t-elle demandé.

Selon le journal Asharq al Awsat [Le Moyen-Orient], basé à Londres, des représentants de Kadhafi auraient rencontré des responsables français et britanniques en Tunisie, sur l'île de Djerba. Le dirigeant libyen serait prêt à démissionner s'il ne faisait l'objet d'aucune poursuite et pouvait vivre dans sa ville natale de Syrte, avec des garanties de sécurité.

Ni par la France ni par la Grande-Bretagne n'ont confirmé ces informations. Selon certains spécialistes, Kadhafi aurait évoqué un éventuel accord de paix pour gagner du temps et affaiblir la détermination des alliés de l'OTAN à l'évincer.

D'autres croient qu'il cherche une issue étant donné que les sanctions imposées à la Libye entraînent des pénuries de carburant dans les zones contrôlées par les forces de Kadhafi.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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