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Moscou demande à Paris d'expliquer ses livraisons d'armes aux rebelles libyens

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La décision du gouvernement français de fournir des armes aux rebelles libyens est mal accueillie à Moscou. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, demande à la France de s'expliquer.

Un combattant rebelle transporte un lance-roquettes lors de combats dans les montagnes Nefusa de l'ouest de la Libye.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un combattant rebelle transporte un lance-roquettes lors de combats dans les montagnes Nefusa de l'ouest de la Libye.

Photo : AFP / COLIN SUMMERS

« Nous avons demandé aujourd'hui à nos collègues français s'il était bien vrai que des armes avaient été livrées aux rebelles libyens. Nous attendons la réponse », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par les agences russes.

« Si cela se confirmait, ce serait une violation grave de la résolution 1970 » du Conseil de sécurité de l'ONU, a ajouté le chef de la diplomatie russe.

Les déclarations de M. Lavrov interviennent à la veille de la visite à Moscou du ministère français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Malgré le langage diplomatique utilisé par le ministre Lavrov, la livraison d'armes légères et des munitions par la France aux rebelles libyens ne fait aucun doute : elle a été confirmée mercredi par l'état-major de l'armée française.

Le porte-parole de l'état-major, Thierry Burkhard, a expliqué que les armes ont été larguées dans la région montagneuse de Nefoussa, au sud-est de Tripoli. L'objectif, a-t-il affirmé, était de permettre aux rebelles de « se défendre ».

L'ambassadeur français à l'ONU justifie la décision

La décision a même été justifiée quelques heures plus tard par l'ambassadeur français aux Nations unies. Gérard Araud a affirmé que « la livraison des armes est la mise en oeuvre de l'article 4 de la résolution 1973 ».

L'article 4 de la résolution 1973, argue-t-il, spécifie que la protection des civils permet de ne pas observer l'embargo sur les armes décrété par l'article 9 de la résolution 1970.

« Ceci signifie pour nous que, dans des circonstances exceptionnelles, nous pouvons ne pas appliquer le paragraphe 9 lorsqu'il s'agit de protéger des civils », avait-il ajouté.

« Nous avons décidé de livrer des armes de défense aux populations civiles, car nous avons considéré que ces populations étaient menacées », a-t-il ajouté.

Sur l'évolution de la position française

Le 29 mars, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait déclaré que Paris était prêt à discuter avec ses partenaires de la possibilité de fournir des armes aux rebelles libyens.

Il avait convenu que les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intervention de la coalition en Libye ne permettaient pas cette forme d'intervention, mais avait ajouté : « La France s'en tiendra, pour le moment, à une application stricte des résolutions. [...] Cela dit, nous sommes disposés à en discuter avec nos partenaires. »

Deux jours plus tard, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, avait lui aussi affirmé que la livraison d'armes aux insurgés n'était « pas à l'ordre du jour parce qu'elle n'était pas compatible avec la résolution 1973 ».

Selon Le Figaro, qui a été le premier à publier la nouvelle dans son édition de mercredi, les armes fournies par la France ont permis aux rebelles de « sécuriser une vaste zone qui va de la frontière tunisienne jusqu'aux abords de Gharian, verrou stratégique à une soixantaine de kilomètres au sud de Tripoli. »

Avec les informations de Agence France-Presse

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