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Paris a fourni des armes aux rebelles libyens

Des rebelles libyens, près de la ligne de front au sud-ouest de Tripoli, dimanche.

Des rebelles libyens, près de la ligne de front au sud-ouest de Tripoli, dimanche.

Photo : AFP / Colin Summers

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'armée française admet qu'elle a largué des armes légères et des munitions aux rebelles libyens de la région montagneuse de Nefoussa, au sud-est de Tripoli, au début du mois de juin.

Ces armes ont été livrées malgré l'embargo imposé par le Conseil de sécurité de l'ONU sur les armes en Libye, un fait que les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense reconnaissaient il y a moins de trois mois.

Le porte-parole de l'état-major, Thierry Burkhard, a expliqué à l'AFP que cette décision avait été prise parce que la situation humanitaire était précaire dans la région. « On a procédé à des largages d'aide humanitaire, des vivres, de l'eau et des fournitures médicales », a précisé le colonel Burkhard.

« Pendant les opérations, la situation des civils au sol s'est dégradée. Nous avons également largué des armes et des moyens pour leur permettre de se défendre, essentiellement des munitions », a-t-il ajouté.

Ce sont des moyens d'autodéfense qui ont été fournis à ces populations.

Une citation de :Le porte-parole de l'armée française, Thierry Burkhard

Selon le colonel, les armes larguées « peuvent être maniées par des civils, de l'armement léger d'infanterie de type fusil ».

« La situation sécuritaire s'étant dégradée, on a complété les livraisons humanitaires de quelques armes », a précisé le colonel Burkhard, qui évoque « quelques largages ponctuels, sur plusieurs jours, pour éviter que les civils soient massacrés ».

Un largage effectué malgré l'embargo de l'ONU

Le 29 mars, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait déclaré que Paris était prêt à discuter avec ses partenaires de la possibilité de fournir des armes aux rebelles libyens.

Tout en convenant que les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intervention de la coalition en Libye ne permettaient pas cette forme d'intervention, le ministre Juppé avait ajouté : « La France s'en tiendra, pour le moment, à une application stricte des résolutions. [...] Cela dit, nous sommes disposés à en discuter avec nos partenaires. »

Deux jours plus tard, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, avait lui aussi affirmé que la livraison d'armes aux insurgés n'était « pas à l'ordre du jour parce qu'elle n'était pas compatible avec la résolution 1973 ».

Des armes qui expliqueraient la progression des rebelles

La nouvelle du largage d'armes aux rebelles libyens a été éventée par Le Figaro dans son édition de mercredi. Le quotidien soutient que l'armée française a notamment largué des lance-roquettes, des fusils d'assaut, des mitrailleuses et des missiles antichars Milan. Ces informations n'ont pas été confirmées par l'armée française.

Des rebelles libyens attendent pour faire le plein d'armes près d'un entrepôt de l'armée régulière qu'ils ont saisi mardi, à environ 25 kilomètres au sud de Zenten.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des rebelles libyens attendent pour faire le plein d'armes près d'un entrepôt de l'armée régulière qu'ils ont saisi mardi, à environ 25 km au sud de Zenten.

Photo : AFP / Colin Summers

Selon Le Figaro, ces armes ont permis aux rebelles de « sécuriser une vaste zone qui va de la frontière tunisienne jusqu'aux abords de Gharian, verrou stratégique à une soixantaine de kilomètres au sud de Tripoli. »

Ce front, poursuit le quotidien, constitue « l'un des meilleurs espoirs de la coalition occidentale pour "faire la jonction" avec les mouvements d'opposition encore dormants dans la capitale et provoquer un soulèvement de Tripoli contre le clan du dictateur. »

Jusque-là, indique-t-il, les armes acheminées aux rebelles provenaient du Qatar et d'autres émirats du Golfe. Elles étaient convoyées par avion à Benghazi, siège du Conseil national de transition, puis par bateau jusqu'au port de Misrata, longtemps assiégé par les forces kadhafistes.

Le Figaro avance que la décision d'armer les insurgés « procède du même calcul que celle de faire entrer en action ses hélicoptères à Misrata : donner un coup de pouce afin de sortir d'une situation bloquée. »

L'état-major français conteste la version du quotidien. « L'article du Figaro présente ça comme l'activation d'une zone, ce qui n'est quand même pas le cas », affirme le colonel Burkhard.

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