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Ventes de disques : l'industrie musicale québécoise en pleine mutation

Un disquaire (archives)

(archives)

Photo : AFP / Spencer Platt

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les ventes de disques de musique continuent de chuter au Québec, selon le plus récent rapport de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec.

Près de 13 millions de CD avaient été vendus au Québec en 2004. Les ventes n'ont atteint que 8 millions d'unités l'an dernier.

De plus, pour la première fois en 2010, aucun artiste n'a réussi à vendre plus de 100 000 CD dans la province. Seuls Eminem, Bobby Bazini et Roch Voisine ont réussi à franchir la barre des 50 000 copies vendues alors qu'ils étaient 18 artistes à avoir atteint ce seuil il y a cinq ans.

En même temps, la consommation de musique se déplace vers Internet. En 2005, les Québécois ont acheté 708 000 chansons en ligne. L'an dernier, ils en ont téléchargé plus de 9 millions.

Cela s'avère toutefois insuffisant pour les artistes. Ils n'arrivent toujours pas à retrouver les revenus qu'ils touchaient dans le passé, surtout que les téléchargements illégaux se comptent encore par millions.

Selon Solange Drouin, directrice générale de l'Association québécoise de l'industrie du disque (ADISQ), ces chiffres montrent que l'industrie musicale québécoise traverse une crise profonde.

« Non seulement on est en train de perdre les revenus qu'on tirait des CD, mais ce n'est même pas récupéré par d'autres revenus sur d'autres supports », affirme Solange Drouin.

Les artistes réclament des redevances des fournisseurs de services Internet, de même que des redevances sur les lecteurs numériques. Jusqu'à présent, le gouvernement fédéral a écarté cette avenue.

De nouveaux modèles d'affaires

Face à la débâcle de l'industrie du disque, certains artistes inventent de nouvelles stratégies. Par exemple, le groupe Misteur Valaire offre sa musique gratuitement sur le web.

« Depuis le début, on donne notre musique, donc on veut vraiment que notre musique se propage de bouche à oreille. Notre modèle d'affaires, c'est le spectacle, et ça fonctionne. L'album devient un produit dérivé », affirme Luis Clavis, du groupe Misteur Valaire.

De la même façon, le groupe Karkwa prétend ne pas gagner d'argent grâce à ses disques, mais vivre plutôt des concerts.

Quant au groupe québécois Malajube, il lancera son nouvel album cet été aux États-Unis, d'abord sur Internet puis deux mois plus tard en disque. Cette technique a fait ses preuves pour la vedette américaine Lady Gaga, ce qui lui permet de créer de l'intérêt et de vendre deux fois la même chanson.

Néanmoins, ces modèles d'affaires laissent les dirigeants de l'ADISQ sceptiques puisqu'ils doutent que de telles stratégies puissent être rentables à long terme.

La part des albums numériques dans l'ensemble des ventes d'album au Québec était de 17 % en 2010. Cette proportion est de 23 % en Atlantique, de 34 % en Ontario et de 41 % en Colombie-Britannique. Ces différences s'expliqueraient par la plus faible pénétration des équipements technologiques, comme le cellulaire ou la haute vitesse, au Québec par rapport au reste du pays.

Avec les reportages de Jean-Philippe Robillard et de Thomas Gerbet

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