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RDC : plus d'une centaine de femmes victimes de viols de guerre, selon l'ONU et MSF

En octobre dernier, 20 000 femmes ont manifesté à Bukavu, au Sud-Kivu, pour dénoncer le viol.

En octobre dernier, 20 000 femmes ont manifesté à Bukavu, au Sud-Kivu, pour dénoncer le viol.

Photo : AFP / Gwenn Dubourthoumieu

Radio-Canada

Quelque 150 femmes et jeunes filles d'un village de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont été violées dans la foulée de combats survenus plus tôt ce mois-ci, ont indiqué jeudi les Nations unies.

Les détails de l'enquête menée par l'ONU dans la région de Minembwe seront dévoilés vendredi. L'enquête portait sur des combats qui se sont déroulés du 10 au 12 juin.

Margot Wallström, la représentante spéciale des Nations unies chargée des violences sexuelles dans les conflits armés, a souligné dans un communiqué publié la veille que « ce viol de masse montre une absence totale et récurrente de discipline de la part de ceux qui portent les armes ».

Mme Wallström, qui a déjà qualifié la RDC de « capitale mondiale du viol », a dit y voir une « preuve tragique supplémentaire » de la nécessité de réformer en profondeur les services de sécurité du pays.

Les viols de masse ne sont pas exceptionnels dans la province du Sud-Kivu, où d'autres agressions sexuelles ont été commises ces derniers mois. Différents groupes de combattants ont recours à cette arme de guerre pour intimider, punir et contrôler leurs victimes.

D'autres viols à Nyakiele

Le rapport de l'ONU coïncide d'ailleurs avec une sortie de Médecins sans frontières (MSF), qui a signalé, jeudi, des viols et autres violences commis sur plus de cent femmes, aux mêmes dates, dans d'autres villages du Sud-Kivu. Les actes reprochés auraient été commis dans la zone de Nyakiele, dans le territoire de Fizi.

Une porte-parole de la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Ravina Shamdasani, a rapidement annoncé l'envoi dans la région d'une mission interagences de l'ONU « pour vérifier ces allégations de viols ».

Megan Hunter, la chef de mission de MSF au Sud-Kivu, s'est gardée d'identifier les auteurs des viols. L'organisme dit collaborer avec les autorités congolaises afin d'obtenir plus d'information.

Radio Okapi, une radio soutenue par l'ONU, a cependant attribué les agressions à un groupe de 200 rebelles qui ont déserté l'armée congolaise ce mois-ci, après y avoir été intégrés.

Sans faire état de viols, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) avait évoqué mercredi des pillages et exactions commis dans la nuit du 10 au 11 juin à Kanguli, Abala et Niakiele par quelque 200 militaires du colonel Niragire Kifaru, un ancien milicien Maï Maï.

En février dernier, un tribunal militaire du Sud-Kivu a condamné neuf militaires, dont un lieutenant-colonel, l'adjoint du colonel Kifaru, à des peines d'emprisonnement de 10 à 20 ans pour les viols d'une soixantaine de femmes, des violences et des pillages perpétrés à Fizi dans la nuit du 1er au 2 janvier.

Fin mars, un rapport d'experts de l'ONU avait dénoncé de nombreuses violations des droits de la personne en RDC, dont des violences sexuelles. La plupart ont été « commises dans le cadre d'opérations militaires menées par les [Forces armées de la RDC] contre les groupes armés ou en représailles à ces opérations par les groupes armés ».

Fin juillet-début août 2010, une coalition d'au moins 200 miliciens Maï Maï et des rebelles hutus rwandais avait violé jusqu'à 500 personnes de plusieurs villages sur Nord-Kivu. Un seul chef milicien a été arrêté depuis.

L'ONU estime que 15 000 femmes ont été violées en 2009, dans les provinces de l'est de la RDC seulement.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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