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Conrad Black restera au moins une année en prison

Conrad Black et son épouse, Barbara Amiel, arrivent au Dirksen Federal Building, à Chicago.
Conrad Black et son épouse, Barbara Amiel, arrivent au Dirksen Federal Building, à Chicago. Photo: La Presse canadienne / AP/Kiichiro Sato
Radio-Canada

L'ex-magnat de la presse Conrad Black s'est vu imposer une peine de 42 mois de prison, vendredi, par un tribunal de Chicago qui devait réviser sa sentence.

Il devra donc purger au moins un an en prison, ayant déjà passé 29 mois derrière les barreaux.

La juge Amy St. Eve en a décidé ainsi après avoir entendu les plaidoiries des avocats de Conrad Black, qui réclamaient sa libération, et des procureurs américains, qui souhaitaient plutôt que la peine initiale de six ans et demi envers l'ex-magnat de la presse soit maintenue.

Par ailleurs, son épouse Barbara Amiel s'est évanouie lors du prononcé de la sentence. Des soins ont dû lui être prodigués.

Les audiences ont eu lieu devant le même tribunal qui l'avait condamné en 2007 pour fraudes.

En octobre dernier, une cour d'appel avait annulé deux des quatre condamnations envers l'homme de 66 ans. La condamnation pour fraude et une autre pour entrave à la justice ont toutefois été maintenues.

La juge St. Eve pouvait choisir entre trois scénarios :

  • maintenir la sentence initiale de 6 ans et demi de prison;
  • renvoyer Conrad Black en prison pour les chefs d'accusation restants, mais pour une période plus courte;
  • le libérer en fonction des 29 mois qu'il a déjà passés derrière les barreaux.

L'homme d'affaires est libre sous caution depuis près d'un an. M. Black et ses avocats se sont entendus vendredi pour qu'il retourne en prison dans environ six semaines.

Plaidoiries

Le Dirksen Federal BuildingLe Dirksen Federal Building où se déroule l'audience. Photo : Yanik Dumont Baron

Les avocats de Conrad Black ont fait valoir vendredi que l'homme d'affaires devait être libéré puisqu'il a eu un comportement exemplaire et qu'il a aidé plusieurs codétenus lorsqu'il était en prison en Floride. L'un de ses avocats a souligné que l'âge de Conrad Black le rendait moins à risque de récidiver.

Le fait que ses coaccusés dans cette affaire aient reçu des peines moins lourdes devait aussi être pris en considération, selon la défense.

Conrad Black a aussi demandé à la juge d'être libéré, en arguant que sa famille et lui avaient beaucoup souffert depuis 2007.

Les procureurs américains, qui souhaitaient le maintien de la peine initiale, avaient quant à eux argumenté que des rapports des autorités de la prison où l'homme né à Montréal a séjourné mentionnent qu'il aurait esquivé ses obligations de tutorat et utilisé ses codétenus comme serviteurs.

Les procureurs ont aussi fait valoir que Conrad Black refuse toujours de reconnaître sa responsabilité pour ses crimes.

En rendant sa décision vendredi, la juge a affirmé qu'elle considérait que Conrad Black avait changé, qu'il n'était plus le même homme qu'en 2007. Elle a aussi dit tenir compte de l'état de santé de M. Black, qui s'est sensiblement détérioré ces dernières années.

Toutefois, elle a dit vouloir lancer avec cette sentence un message aux patrons des grandes corporations des États-Unis : l'argent des actionnaires doit rester aux actionnaires.

D'homme d'affaires à prisonnier

Conrad Black est l'ancien PDG de l'entreprise Hollinger International, qui a déjà possédé le Chicago Sun Times, le Daily Telegraph de Londres, le Jerusalem Post et des centaines de journaux locaux aux États-Unis ainsi qu'au Canada. Il avait notamment été reconnu coupable d'avoir détourné de son entreprise 6,1 millions de dollars.

L'homme d'affaires, qui a toujours clamé son innocence durant la saga, avait manifesté plus tôt vendredi son espoir de voir l'affaire se conclure bientôt et à son avantage.

Ententes à l'amiable

Par ailleurs, Conrad Black a conclu une série d'ententes à l'amiable pour régler des poursuites judiciaires qu'il avait intentées dans le cadre du scandale Hollinger. Il se serait entendu avec ses anciens associés et l'homme qui a rédigé le rapport l'ayant conduit en prison.

Les modalités des accords, qui doivent être approuvés par les autorités judiciaires au Delaware et en Illinois, n'ont pas été dévoilées.

Avec les informations de La Presse canadienne, Associated Press, et Agence France-Presse

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