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  • Exclusif
  • Gilles Duceppe craint l'assimilation des Québécois

    Gilles Duceppe

    Gilles Duceppe

    Radio-Canada

    Près de deux mois après son retrait de la vie politique fédérale, Gilles Duceppe croit encore au projet souverainiste et en sa pertinence.

    Dans sa première entrevue télévisée depuis la défaite historique du Bloc québécois (Nouvelle fenêtre) aux dernières élections fédérales, l'ancien chef bloquiste a lancé un avertissement aux Québécois : plus que jamais, il faut que la souveraineté se fasse, sinon, c'est l'assimilation.

    Si les Québécois et Québécoises ne bougent pas, d'ici 15 ans, inévitablement, on sera sur la même pente que les Franco-Canadiens et les Acadiens. C'est une assimilation fulgurante. On ne peut pas se cacher la vérité.

    Gilles Duceppe

    « Plus ça va aller, plus on va être minoritaire », a-t-il dit.

    On ne doit pas sonner le glas de la souveraineté, a affirmé au cours de l'entretien accordé à l'émission 24 heures en 60 minutes, arguant que la politique était remplie d'imprévus. En 1987, alors qu'Ottawa et les provinces venaient de signer l'accord du lac Meech, personne n'aurait pu prévoir que le ministre Lucien Bouchard quitterait le Parti conservateur pour fonder un parti souverainiste, a rappelé l'ancien député de Laurier-Sainte-Marie.

    Appel à l'unité au PQ

    Gilles Duceppe ne cherche pas à minimiser la crise qui secoue actuellement le PQ, mais il lance plutôt un appel à l'unité.

    « Nous sommes dans une telle période, c'est insécurisant. Parce qu'on se dit : "où est-ce qu'on s'en va? On joue avec le feu". Mais à un moment donné, il faut se dire : "soyons responsables". Quand l'élection arrivera, on ne peut pas s'en aller avec des forces dispersées dans cinq ou six partis, sinon c'est la défaite assurée. »

    « On se bat entre nous pendant que les fédéralistes regardent ça et ne proposent rien », a ajouté l'ancien chef bloquiste, qui a réitéré son soutien à Pauline Marois.

    Le post-mortem d'une « grosse défaite »

    Gilles Duceppe dit respecter la volonté des électeurs québécois, qui ont préféré le Nouveau Parti démocratique.

    En démocratie, quand on dit que le peuple a toujours raison, je ne suis pas d'accord. Je dis que le peuple a tous les droits. Comme le droit d'avoir tort.

    Gilles Duceppe

    « Mais on a le devoir de respecter, en tout temps, le choix du peuple, qu'on soit d'accord ou pas avec lui. C'est ça, la démocratie », poursuit-il.

    Il souligne cependant que certains députés du NPD ne maîtrisent pas le français.

    Le peuple québécois est très fier. On n'a pas fait preuve de grande fierté à élire des gens [certains députés du NPD] qui ne parlent pas français au Québec.

    Gilles Duceppe

    Interrogé sur le soutien du député de Québec solidaire, Amir Khadir, au NPD, l'ancien chef bloquiste critique son « double-jeu ». « J'ai perdu beaucoup de respect pour lui, pas parce qu'il a voté pour le NPD, ça, ça va. Mais le soir de l'élection ou le lendemain, il m'a appelé pour me voir de toute urgence pour qu'on développe une stratégie souverainiste, lui et moi, pour empêcher les fédéralistes de clamer victoire. Je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie dans ça. »

    Revenant sur les premiers jours de la campagne électorale, il avoue avoir été « inquiet » de voir son parti ne recueillir que 33 % des intentions de vote. Par la suite, « l'étincelle » à l'origine de la montée du NPD, c'est « ce sondage plus ou moins rigoureux » qui plaçait la formation de Jack Layton, un « chef sympathique », en tête. Il précise toutefois que ce n'est pas la cause de la « véritable défaite » encaissée par son parti le 2 mai dernier. « On ne peut pas maquiller la réalité », a-t-il convenu.

    Le parcours « exceptionnel » d'un parti souverainiste sur une scène fédérale

    « Ça ne nous fait pas oublier le passé pour autant », a ajouté celui qui avait été le premier député élu sous la bannière bloquiste, à la faveur d'une élection partielle, en 1990.

    Il a rappelé que la formation avait obtenu le plus grand nombre de sièges au Québec pendant six élections consécutives (dont cinq sous sa gouverne), une situation qu'il qualifie d'« exceptionnelle ». Les partis souverainistes d'Écosse et d'Espagne n'ont jamais réussi à faire élire plus de 5 ou 6 députés, a précisé celui qui a dirigé le Bloc québécois pendant 14 ans.

    « Les gens reconnaissent que nous avons bien fait notre travail [depuis l'arrivée du Bloc sur la scène fédérale] », a-t-il ajouté.

    Même s'il demeure secoué par la cuisante défaite de son parti, il semble plus serein qu'il l'était le 11 mai, la dernière occasion où il avait pris la parole publiquement.

    Il a dit prendre du temps pour lui, ajoutant qu'il y a d'autres choses que la politique dans la vie.

    Par ailleurs, il ne ferme pas complètement la porte à un éventuel retour dans la sphère publique. « J'ai toujours dit que je n'avais pas de plan de carrière. Là, non seulement je n'ai pas de plan, je n'ai pas de carrière! », a-t-il lancé en boutade. Il a cependant ajouté plus sérieusement qu'il fallait « donner du temps au temps ».

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