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Émeutes : le rôle des médias sociaux et des internautes

Des témoins des émeutes ont capté des images des évènements
Des témoins des émeutes ont capté des images des Des témoins des émeutes ont capté des images des évènements

Près d'une semaine après les émeutes qui ont suivi la finale de la Coupe Stanley à Vancouver, Internet est devenu la plaque tournante des témoignages entourant les événements. La chasse aux malfaiteurs se poursuit dans les médias sociaux, et plusieurs Vancouvérois l'apprennent à leurs dépens.

Alors que certains utilisent Internet pour excuser leurs méfaits, la majeure partie d'entre eux dénoncent et publient les photos et les identités des suspects. Depuis mercredi dernier, la police de Vancouver a reçu des centaines de photos, de vidéos et d'images des émeutes.

Le professeur de sociologie à l'Université de la Colombie-Britannique, Christopher Schneider, parle d'une tyrannie des médias sociaux sans précédent.

C'est problématique parce que la protection de l'identité des présumés délinquants mineurs n'existe plus.

Christopher Schneider, professeur de sociologie

Par voie de communiqué, la police de Vancouver a d'ailleurs demandé aux citoyens lundi de résister à la tentation de se faire justice eux-mêmes, en raison du danger grandissant des médias sociaux.

Aucune vengeance physique n'a été rapportée pour le moment, mais les menaces sont bien réelles pour ceux qui figurent sur ces images.

En quelques heures seulement, le nom de Nathan Kotylak, 17 ans, s'est retrouvé partout sur Internet, en plus de l'adresse de sa famille et de son numéro de téléphone. L'étoile montante de l'équipe canadienne junior de Water Polo s'est livrée aux autorités vendredi et s'est excusée publiquement d'avoir commis des actes de vandalisme.

Malgré tout, les menaces se poursuivent. Craignant des représailles, la famille Kotylak a même dû quitter son domicile de Maple Ridge le week-end dernier.

émeutes à VancouverDes feux brûlent sur la rue Georgia à Vancouver

De son côté, Sienna St-Laurent, 14 ans, a elle aussi appris à ses dépens l'effet pervers des médias sociaux. En rentrant chez elle le soir des émeutes, elle a publié un message sur son blogue. « J'ai participé aux émeutes, j'ai renversé une voiture, fracassé la Banque de Montréal, les arrêts d'autobus... Une grosse soirée! », a-t-elle écrit.

Des dizaines de messages haineux ont ensuite rempli sa boîte de courrier électronique. « Trouve un pont et saute en bas. [...] Tu es la honte du pays », disaient certains d'entre eux. D'autres ont demandé l'adresse de sa résidence.

« Je ne sais pas, je voulais me sentir cool, dit-elle. Je sais très bien maintenant que ce ne l'était pas. » Elle se dit aujourd'hui navrée pour ses gestes.

Pour sa part, Camille Cacnio a créé un blogue pour exprimer ses regrets et reconnaître ses torts. L'étudiante en biologie à l'Université de la Colombie-Britannique a notamment été prise en photo en train de s'amuser au milieu des émeutiers et a avoué avoir volé une paire de pantalons. Ces images lui ont fait perdre son emploi à temps partiel chez un concessionnaire automobile.

Quoi qu'il en soit, les images publiées sur Internet ont grandement aidé la police de Vancouver. Cette dernière a reçu près de 3500 courriels de gens qui dénoncent des participants aux émeutes de mercredi dernier à l'adresse de courriel robbery@vpd.ca et plus de 900 autres courriels ont été envoyés à son bureau de relations publiques.

Il reste toutefois beaucoup à faire, car même s'il y a eu plus d'une centaine d'arrestations, des mises en accusation formelles ne sont toujours pas garanties.

Colombie-Britannique et Yukon

Société