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L'ONU adopte une résolution sur les droits des homosexuels

Drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel
Photo: La Presse canadienne / Kevin Frayer

Les Nations unies ont endossé pour la première fois, vendredi, les droits des gais, des lesbiennes et des transgenres en adoptant une résolution considérée comme historique par les États-Unis et les autres pays qui l'appuient, mais décriée par de nombreux pays africains et musulmans.

La déclaration, dont les termes ont été soigneusement choisis, exprime une « grave préoccupation » quant aux violences et à la discrimination fondées sur l'orientation sexuelle, et appelle à la rédaction d'un rapport mondial sur les discriminations contre les personnes homosexuelles.

Les militants des droits des gais et lesbiennes se sont réjouis de l'adoption de la déclaration, estimant qu'il s'agissait d'un revirement remarquable sur une question qui a divisé les Nations unies pendant des décennies. Ils ont salué la défense de ce dossier par l'administration du président américain Barack Obama aux États-Unis et dans le monde, affirmant que cela avait contribué à rallier les appuis en faveur de la résolution.

Après des négociations tendues, les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU ont voté par une mince majorité en faveur de la résolution présentée par l'Afrique du Sud, avec 23 votes pour et 19 contre.

Les États-Unis, l'Union européenne, le Brésil et d'autres pays d'Amérique latine ont appuyé la résolution. La Russie, l'Arabie saoudite, le Nigeria et le Pakistan ont voté contre. La Chine, le Burkina Faso et la Zambie se sont abstenus, le Kirghizistan n'a pas voté et la Libye, suspendue du Conseil, n'a pas participé aux débats.

Pour les militants, l'aspect le plus important de la résolution est qu'elle établit un processus formel à l'ONU pour documenter les violations des droits de la personne commis contre les homosexuels, notamment les lois discriminatoires et les actes de violence.

Selon Amnistie internationale, les relations consensuelles entre personnes du même sexe sont encore illégales dans 76 pays du monde, et le harcèlement et la discrimination restent répandus dans de nombreux pays.

La perspective que leurs lois soient analysées sous l'angle des droits des homosexuels va beaucoup trop loin pour plusieurs des 47 pays membres du Conseil des droits de l'Homme.

S'exprimant au nom de l'Organisation de la conférence islamique, le Pakistan a affirmé que la résolution n'avait `rien à voir avec les droits de l'Homme fondamentaux'.

« Nous sommes sérieusement préoccupés par cette tentative d'introduire aux Nations unies certaines notions qui n'ont pas de fondement juridique », a déclaré Zamir Akram, représentant du Pakistan au Conseil.

Le Nigeria a affirmé que la proposition allait beaucoup plus loin que la volonté de la plupart des pays africains. Un diplomate de la Mauritanie a qualifié la résolution de « tentative de remplacer les droits naturels d'un humain par un droit non naturel ».

Associated Press

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