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Le roi du Maroc annonce des réformes constitutionnelles

Le roi du Maroc, Mohammed VI
Le roi du Maroc, Mohammed VI Photo: AP/Palais royal du Maroc

Dans un discours à la nation, le roi du Maroc, Mohammed VI, a présenté un important projet de réforme de la Constitution qui réduira certains de ses pouvoirs politiques et religieux. Il entend ainsi mettre en place « les piliers d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale ».

Cette réforme propose notamment un renforcement des pouvoirs du premier ministre qui deviendra « le président du gouvernement ». Ce dernier sera désigné parmi des personnalités issues de la formation arrivée en tête aux élections législatives. Le futur premier ministre marocain pourra notamment dissoudre la Chambre des représentants, une dissolution qui est présentement du ressort exclusif du roi.

Le gouvernement verra ses prérogatives renforcées, mais le roi gardera le contrôle sur les affaires militaires et de sécurité. Il demeurera en effet le chef des armées et disposera du pouvoir d'accréditer les ambassadeurs et les diplomates.

Le statut de commandeur des croyants de Mohammed VI sera aussi préservé pour en faire la seule autorité religieuse du royaume. La disposition qui souligne le caractère « sacré » de la personne du roi sera toutefois supprimée et remplacée par un article stipulant l'inviolabilité de l'intégrité de la personne du roi.

Afin de favoriser « l'indépendance de la justice », le pouvoir judiciaire sera « indépendant vis-à-vis des pouvoirs exécutif et législatif », a déclaré le roi.

Le projet de loi, qui sera soumis à un référendum le 1er juillet prochain, élargit également les domaines de compétence du Parlement, qui pourra notamment décréter l'amnistie générale, qui est jusqu'à présent du seul ressort du monarque.

Une autre annonce attendue : le berbère, parlé par une grande partie des 32 millions de Marocains, devrait être désigné comme langue officielle à côté de l'arabe.

Interviewée par le réseau Al-Jazeera, la spécialiste des questions nord-africaines Nabila Ramdani estime que cette annonce a pour objectif de désamorcer la grogne populaire, afin « d'éviter une expression de la colère similaire à ce qui s'est vu dans les rues de plusieurs autres pays arabes ».

Le 9 mars dernier, Mohammed VI avait promis des réformes politiques pour répondre aux attentes des jeunes manifestants du Mouvement du 20 février.

À l'instar d'autres pays arabes, le Maroc a connu un mouvement de protestation populaire, réclamant des réformes politiques et sociales.

Les principales prérogatives actuelles du roi du Maroc

  • comme commandeur des croyants, il est la seule autorité religieuse légitime;
  • il nomme le premier ministre, et, sur proposition de ce dernier, les autres membres du gouvernement. Il peut mettre fin à leurs fonctions;
  • il préside le conseil des ministres, commande les forces armées et dirige la diplomatie du royaume;
  • il peut dissoudre les deux chambres du Parlement;
  • il préside le Conseil supérieur de la magistrature et nomme les magistrats. Il exerce le droit de grâce.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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