•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des femmes défient les wahhabites en Arabie saoudite

Des Saoudiennes s'apprêtent à prendre un taxi dans les rues de Riyad (archives)

Des Saoudiennes s'apprêtent à prendre un taxi dans les rues de Riyad (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Hassan Ammar

Radio-Canada

Des Saoudiennes défient ouvertement le puissant clergé wahhabite du pays, vendredi, en conduisant un véhicule dans les rues du pays, un geste considéré banal partout ailleurs dans le monde, mais pas en Arabie saoudite, où des fatwas l'interdisent.

« Nous revenons du supermarché. Ma femme a décidé de commencer la journée en prenant le volant à l'aller et au retour », écrit sur sa page Twitter Tawfiq Alsaif, un éditorialiste.

« Mon épouse, Maha, et moi revenons d'une tournée en voiture de 45 minutes. Elle a conduit dans les rues de Riyad », écrit Mohammad al-Qahatani, président de l'Association saoudienne des droits civiques et politiques, sur sa page Twitter.

Le mouvement en faveur du droit de conduire des femmes, inspiré en partie par les soulèvements dans plusieurs pays du monde arabe, est mené par l'entremise des médias sociaux comme Facebook et Twitter.

Ce sont les Saoudiennes qui possèdent un permis de conduire international qui sont invitées à conduire dans les rues du royaume. Nul ne sait cependant combien d'entre elles ont effectivement pris le volant pour défier le clergé wahhabite.

La campagne Women2drive, lancée depuis deux mois sur ces réseaux sociaux, doit se poursuivre « jusqu'à la publication d'un décret royal autorisant les femmes à conduire », selon la page Facebook des organisateurs.

Un mouvement inédit en 20 ans

Le mouvement a été initié par Manal al-Sherif, une femme de 32 ans qui a été détenue pendant 10 jours après avoir publié en ligne une vidéo d'elle conduisant un véhicule. Elle aurait été libérée moyennant un engagement à ne pas conduire de nouveau ou à s'exprimer publiquement.

L'Arabie saoudite n'a pas connu un tel mouvement en faveur du droit de conduire des femmes depuis 1990. À l'époque, des Saoudiennes avaient défié l'interdiction de prendre le volant après avoir constaté que des soldates américaines déployées dans le cadre des opérations en Irak conduisaient dans le pays.

Près d'une cinquantaine de femmes avaient alors été arrêtées après s'être promenées dans les rues de la capitale, Riyad, avant d'être arrêtées et emprisonnées pour une journée. Plusieurs d'entre elles avaient ensuite perdu leur emploi.

Aucune loi n'interdit formellement aux femmes de conduire en Arabie saoudite. Le clergé wahhabite, qui fonctionne main dans la main avec la famille royale Saud, l'interdit pourtant sous prétexte que les femmes pourront ainsi librement quitter le foyer et rencontrer d'autres hommes, contribuant du coup, selon eux, à répandre le vice et la tentation.

Les autorités locales refusent conséquemment de délivrer des permis aux Saoudiennes. Ces dernières sont donc contraintes de rester chez elle, de se fier au bon vouloir d'hommes de la famille ou d'embaucher des chauffeurs.

La campagne des Saoudiennes obtient notamment l'appui d'Amnistie internationale, qui demande aux autorités saoudiennes de cesser de traiter les femmes comme des citoyennes de seconde classe.

L'interdiction de conduire n'est qu'une des nombreuses interdictions auxquelles doivent faire face les Saoudiennes. Elle n'ont pas le droit de vote, par exemple, et doivent obtenir la permission de leur mari ou de l'homme responsable de la famille pour avoir un emploi ou voyager.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International